vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309512 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GOUTAL & ALIBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 17 novembre 2023, 2 mai 2024, 7 juin 2024 et 3 juillet 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B A et Mme D C, épouse A, représentés par Me Solassol-Archambau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2023 par lequel le maire de Maisons-Laffitte a accordé à la société Karat un permis de construire pour la démolition d'une maison existante et la construction d'un immeuble d'habitation sur une unité foncière constituée des parcelles cadastrées section AI n° 144 et 1004, ensemble, la décision implicite de rejet de leur demande de retrait de ce permis de construire ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Maisons-Laffitte une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable, tant du point de vue des délais que du point de vue de l'intérêt à agir ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet, l'adresse indiquée du projet étant erronée ;
- il ne comporte aucune photographie matérialisant l'environnement lointain du terrain d'assiette du projet, en méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire méconnait l'arrêté préfectoral n° 2016-650 du 13 décembre 2016 portant prescription de fouilles archéologiques et est illégal en l'absence du diagnostic archéologique prescrit par l'article R. 523-1 du code du patrimoine ;
- le projet n'est pas conforme à l'article 3.1 du règlement de la zone UZ du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- il n'est pas conforme à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il n'est pas conforme aux dispositions de l'article 7.1 du règlement de la zone UZ du PLU et à l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;
- il n'est pas conforme aux dispositions des articles 5.1 et 5.2 du règlement de la zone UZ du PLU ;
- il n'est pas conforme aux dispositions de l'article 4.1 du règlement de la zone UZ du PLU et à l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 avril 2024, 4 juin 2024 et 2 juillet 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la commune de Maisons-Laffitte, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'instruction a été close, en dernier lieu, au 4 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milon,
- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,
- et les observations de Me Solassol, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. La société Karat a présenté, le 27 septembre 2022, auprès de la commune de Maisons-Laffitte une demande de permis de construire pour un projet comportant la démolition d'une maison existante et la construction d'un immeuble d'habitation sur une unité foncière constituée des parcelles cadastrées section AI n° 144 et 1004. Par un arrêté du 15 mai 2023, le maire de Maisons-Laffitte a accordé ce permis de construire. Par un courrier du 20 juillet 2023, M. et Mme A ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Par la requête visée ci-dessus, ils demandent au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 15 mai 2023 et de la décision rejetant implicitement le recours gracieux formé contre ce permis de construire.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le contenu du dossier de demande de permis de construire :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. En premier lieu, les requérants font valoir, à juste titre, que le terrain d'assiette du projet est situé, non au 4, rue de la vieille Eglise comme indiqué dans le formulaire Cerfa de demande de permis, mais au 4, place de la vieille Eglise. Toutefois, les autres éléments composant le dossier, en particulier les références cadastrales mentionnées dans le formulaire, ainsi que les différents plans, ont permis d'identifier précisément, et sans ambiguïté possible, le terrain d'assiette du projet. Dès lors, l'inexactitude entachant l'indication de l'adresse du terrain dans le formulaire n'a pu induire en erreur le service instructeur. Les pièces du dossier de demande de permis leur ayant, par ailleurs, été transmises, cette inexactitude n'a pu davantage induire en erreur les services de la direction régionale des affaires culturelles, l'architecte des Bâtiments de France ou encore le service départemental d'incendie et de secours à propos du terrain d'assiette du projet, alors même que les avis rendus par ces organes comportent la même inexactitude concernant l'adresse du terrain. Ce moyen doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
5. D'une part, si les requérants invoquent une méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme, l'argumentation qu'ils développent a seulement trait à l'insuffisance, d'après eux, des documents photographiques destinés à situer le terrain dans son environnement lointain. Par suite, le moyen tiré du non-respect de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, qui encadre le contenu de la notice décrivant le projet architectural, non assorti des précisions permettant d'en apprécier la portée, ne peut qu'être écarté.
6. D'autre part, si, ainsi que le font valoir à juste titre les requérants, la photographie destinée à représenter le terrain dans le paysage lointain ne rend pas compte de l'environnement constitué de l'ancienne église et du château, celle-ci ayant été prise depuis un angle ne permettant pas de représenter ces monuments, les dispositions précitées de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme n'exigent qu'un document photographique permettant de situer le terrain dans son environnement lointain, ce qui, par définition, ne permet pas de rendre compte de l'intégralité de cet environnement. En tout état de cause, la notice descriptive du projet faisant état de la proximité de l'ancienne église et du château, de même que le plan de situation, qui représente ces édifices, l'absence de document photographique représentant le terrain d'assiette du projet par rapport à la vieille église et au château n'a pu induire en erreur le service instructeur. Ce moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne les moyens afférents aux prescriptions d'archéologie préventive :
7. Aux termes de l'article R. 523-1 du code du patrimoine : " Les opérations d'aménagement, de construction d'ouvrages ou de travaux qui, en raison de leur localisation, de leur nature ou de leur importance, affectent ou sont susceptibles d'affecter des éléments du patrimoine archéologique ne peuvent être entreprises que dans le respect des mesures de détection et, le cas échéant, de conservation et de sauvegarde par l'étude scientifique ainsi que des demandes de modification de la consistance des opérations d'aménagement ".
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, saisie par la société pétitionnaire dans le cadre d'une demande anticipée de prescription d'archéologie préventive concernant le projet en litige, la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) a prescrit, par un arrêté du 14 septembre 2022, la mise en œuvre d'une opération de diagnostic archéologique préalablement à la réalisation des travaux prévus par le projet. La réalisation de cette opération a été attribuée à l'institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) par arrêté préfectoral du 25 octobre 2022. Si la direction régionale des affaires culturelles a ensuite été saisie, le 7 février 2023, par la commune de Maisons-Laffitte, dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire en litige, et si celle-ci n'a, à cette occasion, prescrit aucune mesure d'archéologie préventive, les prescriptions énoncées par les arrêtés des 14 septembre et 25 octobre 2022, demeurent applicables, imposant ainsi à la société pétitionnaire la mise en œuvre d'une opération de diagnostic archéologique préalablement à la réalisation des travaux prévus par le projet en litige, alors même que ces prescriptions ne sont pas reprises dans l'arrêté accordant le permis de construire en litige. L'absence de prescription de mesures d'archéologie préventive dans l'arrêté n'entache donc pas celui-ci d'illégalité.
9. D'autre part, ainsi qu'il a été dit précédemment que, bien que le formulaire Cerfa et certaines pièces aient mentionné par erreur que le terrain d'assiette était situé au 4, rue de la vieille Eglise au lieu du 4, place de la vieille Eglise, l'ensemble des éléments du dossier de demande de permis de construire a permis aux services de la DRAC d'identifier sans ambiguïté le terrain d'assiette du projet. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que ces mêmes services se seraient mépris sur le terrain concerné lors de l'édiction des prescriptions contenues dans l'arrêté du 14 septembre 2022.
10. Enfin, si le diagnostic archéologique doit être réalisé préalablement à l'exécution des travaux autorisés par le permis de construire, celui-ci n'a pas à figurer au dossier de demande d'un tel permis. Par suite, les requérants ne peuvent utilement critiquer l'absence de ce diagnostic au dossier de demande de permis. Ils ne peuvent davantage utilement soutenir que, faute de prévoir la réalisation d'un tel diagnostic, le permis de construire en litige méconnait les dispositions de l'arrêté préfectoral n° 2016-650 du 13 décembre 2016 portant prescription de fouilles archéologiques sur leur propre terrain.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.1 du règlement de la zone UZ du plan local d'urbanisme (PLU) :
11. Aux termes de l'article 3.1 du règlement de la zone UZ du PLU : " L'emprise au sol des bâtiments ne doit pas excéder 75 % de la superficie de l'unité foncière ". Par ailleurs, le règlement du PLU définit l'emprise au sol des constructions comme " la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus ", exclut du calcul de l'emprise au sol les terrasses, et précise que, par exception, " les terrasses construites au-dessus du niveau du sol sont constitutives d'emprise au sol ". Enfin, le règlement du PLU définit les espaces libres comme " les espaces ne comportant aucun ouvrage au-dessus du sol du projet " et précise que ces espaces " comprennent : des espaces minéraux (allées, cours, esplanades, coursives, espaces sous marquises), des jardins, des éléments techniques à la condition qu'aucun bâti ou édicule ne leur soient associés, des places de stationnement, dans les limites prescrites ".
12. D'une part, les requérants font valoir qu'en rapportant à la superficie totale du terrain, de 451 mètres carrés, la superficie totale d'espaces libres déclarée dans la notice, de 109,70 mètres carrés, l'emprise au sol, de 341,30 mètres carrés, serait supérieure au coefficient maximal autorisé, de 75% de la superficie du terrain, soit, en l'espèce, 338,25 mètres carrés. Toutefois, il résulte des dispositions du règlement du PLU citées au point précédent que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la surface d'emprise au sol ne correspond pas à la superficie totale du terrain diminuée de la surface totale d'espaces libres. Ils n'établissent donc pas, par cette argumentation, que le coefficient maximal d'emprise au sol serait dépassé.
13. D'autre part, pour les mêmes raisons que celles indiquées au point précédent, les requérants ne démontrent pas que le coefficient maximal d'emprise au sol serait dépassé en faisant valoir que la surface totale d'espaces libres s'élèverait, non à 109,70 mètres carrés comme indiqué dans la notice, mais à 107,70 mètres carrés. En tout état de cause, ils n'assortissent pas cette branche des précisions suffisantes pour en apprécier l'éventuel bien-fondé en se bornant à faire valoir que cette indication figurant dans la notice serait contredite par la prise en compte du plan du rez-de-chaussée mentionnant les jardins.
14. Par ailleurs, une autorisation d'urbanisme n'ayant d'autre objet que d'autoriser un projet conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'administration n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joints à la demande, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation. La fraude est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
15. Les requérants reprochent à la société pétitionnaire d'avoir exclu de l'emprise au sol deux terrasses situées en rez-de-chaussée. Ils soutiennent que ces terrasses, traitées en " dalles sur plot ", impliquent la création d'une dalle en béton permettant de stabiliser les plots, et qu'il convenait dès lors d'inclure la superficie couverte de ces terrasses dans l'emprise au sol de la construction. Le PLU de Maisons-Laffitte comportant des prescriptions particulières précisant la définition de l'emprise au sol, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la définition qui prévaut à défaut de telles prescriptions, selon laquelle l'emprise au sol s'entend, en principe, comme la projection verticale du volume de la construction, tous débords inclus. Il ressort par ailleurs du plan de masse PC2b et du plan d'élévation que les deux terrasses en litige doivent être implantées au niveau du terrain naturel. Celles-ci n'étant ainsi pas construites au-dessus du niveau du sol, elles ont, à bon droit, été exclues de l'emprise au sol. Le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par la société pétitionnaire, les requérants ne peuvent utilement soutenir que les modalités de conception des terrasses traitées en " dalles sur plots " feraient obstacle à une implantation au niveau du terrain naturel, ce qui, au demeurant, n'est pas établi, et ils ne démontrent aucunement qu'en mentionnant une telle implantation des terrasses au niveau du terrain naturel, la société pétitionnaire aurait eu l'intention de tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application de la règle fixée à l'article 3.1 du règlement de la zone UZ du PLU.
16. Enfin, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la surface du bassin de rétention, prévu en-deçà du niveau du terrain naturel, aurait dû être intégrée dans le calcul de l'emprise au sol.
17. Il résulte de ce qui a été dit aux points 11 à 16 que le moyen tiré du non-respect des dispositions de l'article 3.1 du règlement de la zone UZ du PLU doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
18. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
19. Il ressort de l'avis émis le 9 février 2023 par l'inspection générale des carrières (IGC) que le terrain d'assiette du projet se situe dans le périmètre de risque naturel d'effondrement lié à la présence d'anciennes cavités abandonnées régi par l'arrêté préfectoral n° 86-400 du 5 août 1986 et que ce terrain est plus particulièrement exposé aux risques d'effondrement liés à la présence d'anciennes caves et galeries tracées " Calcaire Grossier " dont les caractéristiques et l'extension sont mal connues, l'inspection présumant que la propriété est située au-dessus d'une cave. Il ressort par ailleurs des recommandations de l'inspection générale des carrières, reprises à titre de prescriptions dans l'arrêté accordant le permis de construire, que la société pétitionnaire a l'obligation de faire procéder, préalablement à la réalisation du projet, à un examen géotechnique de la cavité accessible, ou pouvant être rendue accessible facilement, par un expert, à une étude de reconnaissance du sous-sol complémentaire afin de déterminer l'extension des vides non accessibles, par une société spécialisée, et aux travaux éventuels nécessaires et suffisants pour assurer la mise en sécurité de la propriété et du projet. En se bornant à soutenir, d'une part, qu'ils ont eux-mêmes été contraints de réaliser, à la demande de l'inspection générale des carrières, une étude géotechnique dans le cadre de leur projet personnel d'extension de leur habitation, mené au cours de l'année en 2016, et en critiquant, d'autre part, l'absence, au dossier de demande de permis de construire, d'étude de reconnaissance du sous-sol par une société spécialisée et de rapport d'études et d'investigations géotechniques liées à la détection des vides, ainsi que l'absence de description des travaux éventuels nécessaires et suffisants pour assurer la mise en sécurité de la propriété et du projet de construction, les requérants n'établissent pas que les prescriptions énoncées par l'IGC ne permettraient pas de prévenir le risque de mouvement de terrain lié à la présence d'anciennes carrières souterraines. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en délivrant le permis de construire litigieux, assorti de la prescription précitée, le maire de Maisons-Laffitte aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme et de l'article 7.1 du règlement de la zone UZ du PLU :
20. Aux termes de l'article 7.1 du règlement de la zone UZ du PLU : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation, soit directement, soit par l'intermédiaire d'une servitude de passage aménagée sur fonds voisin. / Les caractéristiques et la configuration de ces voies doivent : - Répondre à l'importance et à la destination des constructions projetées, - Permettre la circulation et l'utilisation des moyens de secours et des engins de lutte contre l'incendie, - Permettre d'assurer la sécurité des usagers au regard de la nature et de l'intensité du trafic ".
21. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que le terrain d'assiette du projet est desservi par une impasse, clôturée par un portail situé en limite de la voie publique, directement accessible depuis la rue de la vieille Eglise. Il ressort certes des pièces du dossier que les dimensions de cette impasse permettent la circulation d'un unique véhicule et non le croisement de deux véhicules. Par ailleurs, en raison de la présence de deux plots installés sur la partie de l'impasse située entre la rue de la vieille Eglise et le portail, les véhicules ne pourront pas stationner temporairement à cet endroit. Toutefois, il ressort des plans du dossier que les véhicules sortant du parking de l'immeuble projeté, qui ne prévoit la création que de huit logements et d'un local accueillant une activité libérale, auront la possibilité de reculer dans l'impasse pour céder le passage aux véhicules engagés dans celle-ci. Par suite, les caractéristiques et la configuration de cette voie en impasse répondent à l'importance et à la destination des constructions projetées. En outre, contrairement à ce que font valoir les requérants, la configuration des lieux assure, au niveau du marquage au sol situé à l'intersection entre l'impasse et la rue de la vieille Eglise, une bonne visibilité, tant aux véhicules sortant de l'impasse qu'à ceux circulant sur la rue de la vieille Eglise. Ainsi, cette voie permet d'assurer la sécurité des usagers au regard de la nature et de l'intensité du trafic. Enfin, il ressort des indications figurant dans l'avis émis par le service départemental de l'incendie et de secours (SDIS) le 22 juin 2023, dont les recommandations s'imposent à la société pétitionnaire en application de l'article 2 de l'arrêté attaqué, que la desserte du bâtiment est assurée par la rue de la vieille Eglise, qui présente les caractéristiques d'une voie-engins et par un cheminement piéton d'une largeur supérieure à 1,80 mètres, et que la distance à parcourir pour atteindre le bâtiment depuis la voie-engins est inférieure à 80 mètres. Dès lors, et sans que les requérants puissent utilement reprocher à l'arrêté de n'évoquer, dans les visas, que le bordereau d'envoi de demande d'avis du SDIS, la voie d'accès au projet permet la circulation et l'utilisation des moyens de secours et des engins de lutte contre l'incendie. Dès lors, le moyen tiré du non-respect des dispositions précitées de l'article 7.1 du règlement de la zone UZ du PLU doit être écarté, les requérants ne pouvant par ailleurs, au regard de l'objet de ces dispositions, utilement invoquer les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5.1 du règlement de la zone UZ du PLU :
22. Aux termes de l'article 5.1 du règlement de la zone UZ du PLU : " Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes () ".
23. Il ressort de la notice descriptive que le projet prévoit, d'une part, la suppression d'un thuya de haute tige, d'autre part, la préservation de trois thuyas de haute tige et de trois arbustes décoratifs existants, et, enfin, la plantation de trois arbres de haute tige. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'exigence tenant au remplacement des plantations supprimées par des plantations équivalentes n'a pas pour objet d'imposer le remplacement d'un arbre supprimé par la même essence d'arbre. Ainsi, le thuya supprimé pouvait être remplacé par l'un des trois arbres nouvellement plantés, qui doivent être regardés comme des plantations équivalentes. Le moyen tiré du non-respect des dispositions précitées de l'article 5.1 du règlement de la zone UZ du PLU doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5.2 du règlement de la zone UZ du PLU :
24. Aux termes de l'article 5.2 du règlement de la zone UZ du PLU : " () 15% de la surface totale du terrain devra être traité en espaces verts ". Le lexique du règlement du PLU définit les espaces verts comme les espaces " constitués par des terrains aménagés sur terre végétale ou substrat. "
25. Il ressort des indications portées au plan de masse PC 2c joint au dossier de permis de construire, que le projet prévoit une superficie d'espaces de pleine terre engazonnés et plantés de 43,9 mètres carrés et une superficie d'espaces engazonnés et plantés de 65,8 mètres carrés soit, au total, une superficie d'espaces verts de 109,70 mètres carrés. Ces différents espaces sont en outre représentés sur le plan et les requérants n'apportent aucune précision tendant à démontrer que ces indications seraient contredites par d'autres éléments du dossier. Ainsi, la surface totale des espaces verts est supérieure à 15% de la surface totale du terrain d'assiette du projet, qui est de 451 mètres carrés. Le moyen tiré de la non-conformité du projet aux dispositions précitées de l'article 5.2 du règlement de la zone UZ du PLU doit donc être écarté.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 4.1 du règlement de la zone UZ du PLU et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :
26. Aux termes de l'article UZ.4.1 : " Le permis de construire peut-être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Les terrains non bâtis, les constructions de toute nature, doivent être aménagés et entretenus de façon à ne porter atteinte ni à l'hygiène, ni à la bonne tenue de l'agglomération ou à l'harmonie des paysages ". Et aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. "
27. Les requérants font valoir que, du fait de sa hauteur, de 14 mètres, et de sa volumétrie, le projet porterait atteinte à l'intérêt historique et architectural que présente l'ancienne église de Maisons-Laffitte et créerait une rupture avec le bâti environnant, en particulier avec leur maison d'habitation. Ils ajoutent que le quartier compte de nombreuses habitations des XVIIIème et XIXème siècles. Toutefois, le projet prend place dans un environnement densément urbanisé et comptant des immeubles d'habitation collective, relativement récents. Il ne ressort pas des pièces du dossier, au vu des matériaux et coloris choisis, qui visent à assurer une certaine cohérence avec le bâti environnant, que ce projet serait de nature à porter atteinte au caractère des lieux avoisinants ou encore aux perspectives depuis le château de Maisons-Laffitte, ni même à l'ancienne église située à proximité, l'architecte des Bâtiments de France ayant d'ailleurs émis un avis favorable au projet. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 4.1 du règlement de la zone UZ du PLU et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme globale de 1 800 euros, à verser à la commune de Maisons-Laffitte au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que cette dernière soit condamnée à verser aux requérants la somme qu'ils demandent au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Maisons-Laffitte une somme globale de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme D A, à la commune de Maisons-Laffitte et à la société Karat.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Milon, première conseillère.
- Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A. Milon
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026