mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309695 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET KIRMEN ET LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2023, M. B A, représenté par le Cabinet Kirmen et Lefebvre agissant par Me Lefebvre, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des décisions de retraits de points ayant entraîné l'invalidation de son permis de conduire et de la décision du 11 mai 2023 portant invalidation de son permis de conduire pour solde nul, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Il soutient que :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
-l'exécution de la décision d'invalidation de son permis de conduire découlant des décisions de retrait de points attaquées préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation ; en effet il est chauffeur VTC depuis le 12 octobre 2017, de sorte que son permis de conduire lui est indispensable ; l'arrêt de son entreprise dont il est associé unique conduirait à des difficultés financières, d'autant que deux emprunts ont été contractés au nom de la SAS et qu'il ne pourrait trouver d'autre emploi à son âge ; il a trois enfants à charge et son activité de chauffeur VTC est l'unique moyen de subsistance de sa famille, sa partenaire de PACS ne travaillant pas ;
- la suspension des quatre décisions de retrait de points ayant entraîné l'invalidation de son permis de conduire pour solde nul n'apparaît pas inconciliable avec les exigences de la sécurité routière dès lors qu'il n'a jamais commis le moindre grand excès de vitesse ni la moindre conduite sous l'empire d'un état alcoolique, infractions entraînant la perte de six points sur le permis de conduire, confirmant l'observation d'un comportement respectueux des autres automobilistes ;
En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
- les décisions de retrait de points sont illégales en ce qu'il n'a pas été destinataire lors de la constatation de chacune des infractions des informations prévues aux articles L. 223-1 ; L. 223-2 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie ; une amende forfaitaire impayée ne peut provoquer la perte de points et aucun titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée devenu définitif n'a été émis concernant les infractions reprochées au requérant.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 novembre 2023 sous le numéro 2309058 par laquelle M. A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision 48 SI du 11 mai 2023, le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du permis de conduire de M. A en raison d'un nombre de points nul et lui a enjoint de restituer ce titre de conduite. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision ainsi que des décisions de retrait de points ayant entraîné l'invalidation de son permis de conduire.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Pour l'application des dispositions citées au point 2, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans ce cadre, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence, M. A fait valoir que l'exécution de la décision d'invalidation de son permis de conduire découlant des décisions de retraits de points attaquées préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation dès lors qu'il est chauffeur VTC depuis le 12 octobre 2017, de sorte que son permis de conduire lui est indispensable. Il fait en outre valoir que l'arrêt de son entreprise dont il est associé unique conduirait à des difficultés financières, d'autant que deux emprunts ont été contractés au nom de la SAS, et qu'il ne pourrait trouver d'autre emploi à son âge et alors qu'il a trois enfants à charge et que son activité de chauffeur VTC est l'unique moyen de subsistance de sa famille, sa partenaire de PACS ne travaillant pas. Il résulte toutefois de l'instruction que M. A s'est vu notifier six infractions au code de la route qui ont été commises entre le 16 septembre 2022 et le 24 septembre 2022 et il appartient au juge des référés de tenir compte des exigences de la protection de la sécurité routière pour apprécier l'urgence. Si M. A fait valoir à cet égard qu'il n'a jamais commis le moindre grand excès de vitesse ni la moindre conduite sous l'empire d'un état alcoolique, infractions entraînant la perte de six points sur le permis de conduire, il n'en demeure pas moins que le caractère répété des infractions dans une brève période de temps, qui témoigne d'un non-respect des règles de sécurité routière d'autant plus problématique eu égard à la profession de l'intéressé, s'oppose à ce que la condition d'urgence puisse être regardée comme remplie. Au surplus, alors que la décision 48 SI attaquée est en date du 11 mai 2023 et que le requérant indique qu'elle a été notifiée le 7 juin 2023, il n'a saisi le juge des référés que le 24 novembre 2023.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension doivent, par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées, être rejetées par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Versailles, le 28 novembre 2023 .
Le juge des référés,
signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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