lundi 8 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309775 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | LEBOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2315707 du 24 novembre 2023, enregistrée le 28 novembre 2023, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Versailles la requête, enregistrée le 23 novembre 2023, présentée par M. C.
Par cette requête, et un mémoire enregistré le 1er janvier 2024, M. E C, représenté par Me Leboul, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2023 par lequel le préfet du Val d'Oise l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette obligation, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et l'a informé de ce qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen complet de sa situation personnelle ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- le préfet a commis des erreurs d'appréciation au regard des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination :
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure ;
- elles sont entachées d'erreur de droit ;
- le préfet du Val d'Oise a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;
- les dispositions du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont contraires aux objectifs de " la directive " retour " " ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a commis une erreur de droit en ne se prononçant pas sur l'ensemble des quatre critères énumérés par les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Val d'Oise, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Benoit pour statuer sur les requêtes relevant la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoit, magistrate désignée, qui a en outre informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'information relative au signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour, dès lors qu'en tout état de cause l'arrêté attaqué n'a ni cet objet ni cet effet ;
- les observations de Me Lantheaume, substituant Me Leboul, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, mais déclare toutefois se désister des conclusions à fin d'octroi du bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire,
- les observations de M. C,
- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E C, né le 16 décembre 1998, de nationalité ivoirienne, a déclaré être entré en France au cours de l'année 2018. Par un arrêté du 21 novembre 2023, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet du Val d'Oise l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette obligation, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. A l'audience, M. C s'est désisté de ses conclusions tendant à être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de l'information relative au signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
3. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / () ". L'arrêté attaqué n'a ni cet objet, ni cet effet. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette information doivent, dès lors et en tout état de cause, être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne le surplus des conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de l'arrêté attaqué :
4. En premier lieu, par un arrêté n° 23-064 du 14 novembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département du Val d'Oise du même jour, le préfet du Val d'Oise a donné à M. F D, en sa qualité de directeur des migrations et de l'intégration, délégation à l'effet de signer les décisions faisant obligation de quitter le territoire français octroyant ou non un délai de départ volontaire, celles fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette obligation, et celles prononçant une interdiction de retour sur le territoire français. Par cet arrêté, le préfet du Val d'Oise a également, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, donné délégation à Mme H, en sa qualité d'adjointe au directeur des migrations et de l'intégration, et en cas d'absence ou d'empêchement de cette dernière à M. G B, signataire de l'arrêté attaqué, en sa qualité d'adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement, à l'effet de signer les mêmes décisions. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. D et Mme H n'étaient ni absents ni empêchés. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / () ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire () et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
6. L'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, et comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Il mentionne les conditions d'entrée et de séjour en France de M. C, ainsi que sa situation familiale et professionnelle. Il est précisé que le requérant est entré irrégulièrement en France, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour, et qu'il existe un risque de soustraction à une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Il est ajouté que le requérant se maintient en situation irrégulière depuis son entrée en France, qu'il est célibataire et a un enfant vivant dans son pays d'origine, et qu'aucune circonstance particulière n'est avérée. Dans ces conditions, M. C n'est fondé à soutenir, ni que le préfet du Val d'Oise n'a pas procédé à l'examen complet de sa situation personnelle, ni que les décisions attaquées sont entachées d'un vice de forme. Ces moyens, qui manquent en fait, doivent être écartés.
7. En troisième lieu, M. C n'établit pas être personnellement exposé, en cas de retour dans le pays dont il a la nationalité, à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Le moyen tiré d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes du 1 de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
9. M. C est entré sur le territoire français à l'âge de 20 ans. Il n'est pas contesté qu'il est célibataire et père d'un enfant qui réside dans son pays d'origine. Le requérant ne produit aucun élément relatif à des liens personnels qu'il aurait en France. Il n'est pas établi qu'il serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, eu égard aux circonstances propres à la vie familiale du requérant, compte tenu des conditions de son séjour en France et nonobstant son effort d'insertion professionnelle, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Il n'est ainsi pas entaché d'erreur d'appréciation au regard des stipulations du 1 de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit être écarté.
S'agissant de la décision faisant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette obligation :
10. En premier lieu, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il résulte toutefois de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
11. Les décisions attaquées indiquent que le requérant a explicitement déclaré son intention de ne pas de se conformer à une décision l'obligeant à quitter le territoire français, ce qui implique nécessairement qu'il a été mis à même de présenter ses observations préalablement, et n'est pas sérieusement contesté. Aucune pièce du dossier n'est susceptible d'établir que M. C aurait, postérieurement, demandé à présenter des observations complémentaires. En outre, M. C ne fait état d'aucun élément qu'il n'aurait pas pu présenter à l'administration. Le moyen tiré d'un vice de procédure doit, par suite, être écarté.
12. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées seraient entachées d'erreur de droit est dépourvu des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé. Il doit, par suite, être écarté comme inopérant.
13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val d'Oise aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle. Ce moyen doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette obligation.
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 14 que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette obligation. Ce moyen doit être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour () ; / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code, qui définit les critères objectifs sur la base desquels doit être appréciée l'existence d'un " risque de fuite " dans les conditions prévues par la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, et peut dès lors légalement recevoir application : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () ".
17. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet du Val d'Oise se serait estimé en situation de compétence liée pour prendre la décision attaquée. Il n'est, en outre, pas contesté que M. C est entré irrégulièrement en France et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, les moyens tirés d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
18. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que le préfet du Val d'Oise aurait entaché la décision attaquée d'une erreur de fait est dépourvu des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé. Il doit, par suite, être écarté comme inopérant.
19. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.
S'agissant de la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 14 que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette obligation. Ce moyen doit être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". Il résulte de ces dispositions combinées que, lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ volontaire, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
22. Le requérant ne fait état d'aucun élément susceptible de caractériser l'existence de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de ce que le préfet du Val d'Oise aurait commis une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du même en décidant de prononcer une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. C, ainsi qu'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L 612-6 de ce code, doivent être écartés.
23. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par C doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte à M. C du désistement de ses conclusions tendant à être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet du Val d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2024.
La magistrate désignée,
signé
C. Benoit
Le greffier,
signé
T. Rion La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026