mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309818 |
| Type | Décision |
| Formation | Magistrat Connin |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023, Mme A B, représentée par le cabinet d'avocats de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 17 octobre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées le 9 décembre 2021, le 27 janvier 2022 et le 8 avril 2023 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points retirés et de reconstituer le capital de points affectés à son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions de retrait de points attaquées ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été préalablement délivrées ;
- la décision attaquée du 17 octobre 2023 invalidant son permis de conduire est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision référencée 48SI du 17 octobre 2023 et de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 8 avril 2023, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision référencée 48SI du 17 octobre 2023 et de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 8 avril 2023 sont dépourvues d'objet, dès lors que ces décisions ont été retirées ;
- les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision de retrait de point consécutive à l'infraction du 9 décembre 2021 sont irrecevables, dès lors que le point correspondant a été restitué à Mme B le 18 octobre 2022 ;
- les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Connin, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat statuant seul a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions du 1° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Connin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée 48SI du 17 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de Mme A B pour solde de points nul résultant des retraits de points consécutifs à trois infractions au code de la route relevées à son encontre le 9 décembre 2021, le 27 janvier 2022 et le 8 avril 2023. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision et des décisions de retrait de points qui y sont récapitulées.
Sur l'exception à fin de non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision référencée 48SI du 17 octobre 2023 et de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 8 avril 2023 :
2. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme B édité le 27 février 2024, qu'à cette date, la décision référencée 48SI du 17 octobre 2023 et la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 8 avril 2023 avaient été retirées. Les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ces décisions étant devenues sans objet, l'exception à fin de non-lieu opposée par le ministre de l'intérieur à ces conclusions doit être accueillie.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur aux conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de point consécutive à l'infraction constatée le 9 décembre 2021 :
3. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme B, que le point retiré à la suite de l'infraction du 9 décembre 2021 a été restitué à l'intéressée le 18 octobre 2022. Ainsi, à la date à laquelle la requête a été enregistrée, les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision de retrait de point consécutive à l'infraction relevée le 9 décembre 2021 étaient dépourvues d'objet. La fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur à conclusions doit, par suite, être accueillie.
Sur le surplus des conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 27 janvier 2022 :
4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points du capital de points d'un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, qui constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.
5. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
6. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions figurant sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme B, que l'infraction constatée par procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé le 27 janvier 2022 a donné lieu le 20 février 2022 au paiement différé de l'amende forfaitaire par l'intéressée. Cette dernière, qui a nécessairement reçu l'avis de contravention relatif à cette infraction, n'établit pas avoir été destinataire d'un avis de contravention inexact ou incomplet. Par suite, le moyen tiré de ce que les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui auraient pas été délivrées préalablement au paiement de cette amende doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de la décision référencée 48SI du 17 octobre 2023 et de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 8 avril 2023.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
N. Connin
La greffière,
Signé
S. Traoré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N° 1901371
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