lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | AYACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 décembre 2023 et 2 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Ayache, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler la décision par laquelle le préfet des Yvelines a implicitement rejeté sa demande de délivrance à titre principal d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée UE " et à titre subsidiaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de résident portant la mention " résident de longue durée UE ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement de l'article L 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
A titre principal, il oppose une fin de non-recevoir des conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet tirée de l'inexistence de la décision attaquée et à titre subsidiaire, il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier,
- et les observations de Me Ayache, représentant M. B.
Une note en délibérée produite pour le préfet des Yvelines a été enregistrée le 6 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 1er janvier 1979 en République de Guinée, de nationalité guinéenne, est entré sur le territoire français le 25 septembre 2001 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant ". Son droit au séjour a été renouvelé en cette qualité jusqu'en 2013. A la suite d'un jugement d'annulation du tribunal administratif de Lyon du 4 février 2016 n°1507562, le préfet du Rhône a délivré à M. B un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 4 février 2016 au 3 février 2017. Puis M. B s'est vu accorder une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " et l'autorisant à travailler, valable du 20 mars 2017 au 19 mars 2019, renouvelée du 14 octobre 2019 au 13 octobre 2021. Le 13 août 2021, il a déposé auprès de la préfecture du Rhône une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par courrier du 27 mai 2023, M. B a présenté, auprès de la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye, une demande, à titre principal, de délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée UE " et à titre subsidiaire, de renouvellement de son titre de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ". Le 29 janvier 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet des Yvelines a délivré à M. B une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale ". M. B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet des Yvelines a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée UE " ou à défaut, de renouvellement de sa carte de séjour temporaire pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ".
Sur la fin de non-recevoir opposée :
2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par courrier du 27 mai 2023, reçu le 2 juin 2023 par la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye, M. B a sollicité la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans et à titre subsidiaire, le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale ". S'il ressort des pièces du dossier qu'il a été convoqué pour le dépôt de son dossier le 15 janvier 2024 à la préfecture et qu'une carte de séjour temporaire d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", qui n'emporte pas les mêmes effets que les titres de séjour qu'il avait sollicités, lui a été délivrée le 29 janvier 2024, une telle circonstance ne remet pas en cause, en l'absence de délivrance des titres qu'il avait sollicités, la naissance d'une décision implicite de rejet de ses demandes le 2 octobre 2023, au terme du silence gardé pendant quatre mois par l'administration sur ses demandes, en application des dispositions citées au point 2. La circonstance que cette demande ait été adressée à la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye au lieu de la préfecture des Yvelines, dont relève cette sous-préfecture, est également sans incidence sur la naissance de cette décision implicite de rejet dès lors qu'il appartenait à la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye de transmettre la demande de M. B à l'administration compétente en application de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration et d'en informer en retour M. B. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir tirée de l'inexistence de la décision implicite de rejet attaquée ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. / ()".
5. En outre, aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ". Aux termes de l'article R. 431-13 du même code : " La durée de validité du récépissé mentionné à l'article R. 431-12 ne peut être inférieure à un mois. Il peut être renouvelé. ".
6. Il est constant que M. B, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 13 octobre 2021, a saisi la préfecture du Rhône d'une demande de renouvellement de ce titre de séjour et a bénéficié de récépissés renouvelés jusqu'au 18 novembre 2022. Il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a présenté de demande de renouvellement de ce dernier récépissé que le 17 février 2023, si bien qu'il ne peut justifier de la régularité de sa situation administrative entre le 18 novembre 2022 et le 17 février 2023, soit pendant trois mois. Par suite, lorsqu'il a sollicité, par un courrier du 27 mai 2023 reçu le 2 juin suivant en sous-préfecture, la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ", il ne justifiait pas des cinq années de résidence régulière et ininterrompue requises par l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, et sans qu'il puisse utilement faire valoir qu'il remplit les autres conditions de ressources et de couverture par une assurance maladie, la décision implicite, née le 2 octobre 2023, par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer la carte de résident longue durée sollicitée ne procède pas d'une inexacte application de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Enfin, en second lieu, si M. B sollicite à titre subsidiaire l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dont il était titulaire, il n'invoque, cependant, aucun moyen au soutien de ces conclusions.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée UE " ou à défaut, de renouvellement de sa carte de séjour temporaire pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation de cette décision doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête aux fins d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de cette même requête.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
Z. Corthier
La présidente,
signé
J. Lellouch La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2305107
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026