jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2310091 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | OSSIBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête des mémoires, enregistrés les 8 décembre 2023, 14 novembre 2024, et 6 janvier 2025, M. A B, représenté par Me Ossibi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision née le 3 avril 2020 par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté sa demande de regroupement familial ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de faire droit à sa demande de regroupement familial dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable car l'accusé de réception qui lui a été adressé en réponse à sa demande ne précisait pas la voie de recours, en particulier le tribunal compétent, et que les courriers qui lui ont été adressés par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ont introduit une ambiguïté sur l'information qui lui avait été initialement adressée sur la naissance d'une décision implicite de rejet qui a été de nature à l'induire en erreur ; il ne peut lui être opposé le dépassement d'un délai raisonnable, dès lors que compte tenu de ces ambiguïtés, il n'a jamais eu connaissance de cette décision si bien que le délai de recours n'a pas commencé à courir ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il ne remplissait pas les conditions pour pouvoir faire bénéficier à ses enfants du regroupement familial.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est tardive, dès lors qu'elle tend à l'annulation de la décision implicite du 3 avril 2020 et a été présentée le 8 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 1er août 2014 pris en application de l'article D. 304-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lellouch,
- les observations de Me Ossibi, représentant M. B, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais (République du Congo) né le 4 février 1980 est titulaire d'une carte de résident valable du 14 février 2019 au 13 février 2029. Il a sollicité le 3 octobre 2019 le bénéfice du regroupement familial au profit de ses enfants nés les 10 juin 2003 et 20 février 2007. Sa demande a été enregistrée le 19 mai 2020. L'Office français de l'immigration et de l'intégration a accusé réception de sa demande le 10 novembre 2020. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté sa demande de regroupement familial.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Essonne :
2. Aux termes de l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " L'autorité administrative statue sur la demande dans un délai de six mois à compter du dépôt par l'étranger du dossier complet de cette demande () ". Aux termes de l'article R. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger fait sa demande auprès des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le préfet territorialement compétent ou, à Paris, le préfet de police en est immédiatement informé. () ". Aux termes de l'article R. 434-12 du même code : " Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer. ". L'article R. 434-26 du même code dispose que : " L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'entrer en France dans le cadre du regroupement familial est le préfet et, à Paris, le préfet de police. Cette autorité statue sur la demande de regroupement familial dans un délai de six mois à compter du dépôt par l'étranger du dossier complet de cette demande. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande de regroupement familial. ".
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ". Aux termes de l'article R. 112-5 du même code : " L'accusé de réception prévu par l'article L. 112-3 comporte les mentions suivantes : / 1° La date de réception de la demande et la date à laquelle, à défaut d'une décision expresse, celle-ci sera réputée acceptée ou rejetée ; / () Il indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision () ". Aux termes de l'article L. 112-6 de ce code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation ". Il résulte de ces dispositions que pour rendre opposable le délai de recours contentieux, l'administration est tenue de faire figurer dans la notification de ses décisions la mentions des voies et délais de recours contentieux.
4. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
5. Les règles, énoncées au point précédent, relatives au délai raisonnable au-delà duquel le destinataire d'une décision ne peut exercer de recours juridictionnel, qui ne peut en règle générale excéder un an sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, sont également applicables à la contestation d'une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur une demande présentée devant elle, lorsqu'il est établi que le demandeur a eu connaissance de la décision. La preuve d'une telle connaissance ne saurait résulter du seul écoulement du temps depuis la présentation de la demande. Elle peut en revanche résulter de ce qu'il est établi, soit que l'intéressé a été clairement informé des conditions de naissance d'une décision implicite lors de la présentation de sa demande, soit que la décision a par la suite été expressément mentionnée au cours de ses échanges avec l'administration, notamment à l'occasion d'un recours gracieux dirigé contre cette décision. Le demandeur, s'il n'a pas été informé des voies et délais de recours dans les conditions prévues par les textes cités au point 3, dispose alors, pour saisir le juge, d'un délai raisonnable qui court, dans la première hypothèse, de la date de naissance de la décision implicite et, dans la seconde, de la date de l'événement établissant qu'il a eu connaissance de la décision.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé, le 3 mars 2019 au bénéfice de ses deux enfants mineurs, une demande de regroupement familial, enregistrée le 19 mai 2020, dont l'Office français de l'immigration et de l'intégration a accusé réception, dans les conditions prévues par l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le 10 novembre 2020. Si l'attestation de dépôt de cette demande indique que : " Faute de réponse dans un délai de six mois, votre demande sera considérée comme rejetée par le préfet ", et si une décision implicite de rejet de la demande est ainsi réputée être née à l'expiration de ce délai de six mois, le 10 mai 2021, en application des articles R. 434-12 et R. 434-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que cette attestation ne mentionnait pas les dispositions de ces articles, ni aucune information claire sur les conditions de naissance de la décision du préfet alors que d'autre part, par un courrier daté du 25 octobre 2021, postérieur à la naissance d'une décision implicite de rejet, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a informé le requérant que les résultats des enquêtes sur le logement et les ressources accompagnées de l'avis de l'Office avaient été adressés à la préfecture d'Evry qui " prendra prochainement une décision sur votre demande de regroupement familial et pourra seule vous informer de la suite qui sera donnée à votre dossier ". Enfin, par un courrier du 25 mai 2023, le conseil de M. B a adressé aux services préfectoraux un courrier afin de connaître l'état d'avancement de sa demande, resté sans réponse.
7. Dans ces conditions, compte tenu, d'une part, de l'absence d'indication claire, dans l'attestation de dépôt de la demande de regroupement familial, des conditions de naissance d'une décision implicite de rejet faisant suite à cette demande, d'autre part, de l'ambivalence des courriers de l'Office français de l'immigration et de l'intégration quant à l'état d'avancement du dossier de M. B et à la naissance d'une décision en réponse à sa demande et enfin, de l'absence de réponse de la préfecture de l'Essonne à sa demande d'état d'avancement de son dossier, le requérant doit être regardé, dans les circonstances très particulières de l'espèce, comme n'ayant pas eu connaissance de la naissance d'une décision implicite de rejet de sa demande le 10 mai 2021. Par ailleurs, l'attestation de dépôt d'une demande de regroupement familial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 10 novembre 2020 se borne à préciser, en note de bas de page, que dans l'hypothèse où la demande serait considérée comme rejetée par le préfet, le demandeur dispose " d'un délai de deux mois pour contester cette décision auprès de la préfecture selon les voies de recours habituelles (recours gracieux, hiérarchiques ou contentieux) ". Il suit de là que M. B n'a pas été informé des voies et délais de recours dans les conditions prévues par les textes cités au point 3 et qu'il disposait alors, pour saisir le juge, d'un délai raisonnable qui court de la date de l'événement établissant qu'il a eu connaissance de la décision implicite de rejet de sa demande. Dans les circonstances de l'espèce, le requérant peut être tenu comme ayant acquis connaissance de la naissance d'une décision implicite de rejet de sa demande au plus tôt à compter de la date du courrier par lequel son conseil a saisi les services préfectoraux d'une demande d'état de l'instruction, soit 25 mai 2023. Dès lors, sa requête, enregistrée le 8 décembre suivant, par laquelle il demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de regroupement familial, n'a pas été présentée au-delà d'un délai raisonnable. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la tardiveté de la requête ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation
8. Aux termes de l'article L. 434-7, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. ".
9. En premier lieu, l'article R. 434-4 du même code prévoit que : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ".
10. M. B justifie avoir signé le 5 novembre 2018 un contrat à durée indéterminée avec la SAS GEFCO France en qualité d'agent professionnel de quai pour une rémunération mensuelle brute de 1 919 euros par mois, et produit des bulletins de paie permettant d'établir qu'il a effectivement perçu pendant la période de référence de douze mois précédant sa demande de regroupement familial des ressources d'un montant de près de 1 900 euros bruts par mois, supérieur à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance, qui s'élevait à la date de sa demande en 2019 à 1 521,22 euros. Ainsi, M. B doit être regardé comme satisfaisant à la condition de ressources requise par les dispositions de l'article R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers pour l'octroi du regroupement familial en faveur de ses deux enfants.
11. En deuxième lieu, l'article R. 434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " Pour l'application du 2° de l'article L. 434-7, est considéré comme normal un logement qui : 1° Présente une superficie habitable totale au moins égale à : a) en zones A bis et A : 22 m² pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de 10 m² par personne jusqu'à huit personnes et de 5 m² par personne supplémentaire au-delà de huit personnes ; () 2° Satisfait aux conditions de salubrité et d'équipement fixées aux articles 2 et 3 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain. / Les zones A bis, A, B1, B2 et C mentionnées au présent article sont celles définies pour l'application de l'article R. 304-1 du code de la construction et de l'habitation. ". En vertu de l'arrêté du 1er août 2014 pris en application de l'article D. 304-1 du code de la construction et de l'habitation, la zone A comprend notamment la ville d'Ormoy où réside le requérant.
12. Il ressort des pièces du dossier que M. B est locataire, depuis le 18 mai 2020 d'un appartement de type T4 d'une superficie de 86,20 mètres carrés, qui a fait l'objet d'une visite par un agent enquêteur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 1er mars 2021, et dont il n'est pas contesté que ce logement, répond aux conditions de salubrité et d'équipement fixées par les dispositions citées au point ci-dessus. Dès lors, le logement de M. B doit être regardé comme remplissant les conditions fixées par l'article R. 434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas soutenu, ni même allégué en défense, que la situation de M. B ne remplirait pas les autres conditions prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour l'autoriser à être rejoint au titre du regroupement familial par ses deux enfants. Dans ces conditions, la décision attaquée, en rejetant la demande du requérant, a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté sa demande de regroupement familial.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
15. Eu égard à ses motifs, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le regroupement familial demandé soit accordé à M. B au bénéfice de ses deux enfants mineurs. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de faire droit à la demande de M. B, sous réserve de changement dans les circonstances de droit et de fait, dans le délai deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Sur les frais de l'instance :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté la demande de regroupement familial présentée par M. B au bénéfice de ses deux enfants mineurs est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne d'accorder, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, le regroupement familial sollicité par M. B au bénéfice de ses deux enfants mineurs, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 (mille) euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La présidente rapporteure,
signé
J. Lellouch
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
F. Gibelin
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°23100912
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026