vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2310098 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TORDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Tordo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Essonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut de lui délivrer un récépissé d'une durée de six mois l'autorisant à travailler et de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit résultant de l'absence d'examen de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de sa durée de présence en France, de sa situation familiale et de son insertion professionnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît manifestement sa situation en excluant des pays de renvoi les Etats membres de l'Union européenne, l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège ou la Suisse.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observation en défense avant la clôture de l'instruction.
Par ordonnance du 11 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 janvier 2024.
Un mémoire présenté pour le préfet de l'Essonne a été enregistré le 18 mars 2024, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Maitre, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 13 novembre 2023, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-PREF-DCPPAT-BCA-163 du 7 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 118 de la préfecture de l'Essonne, le même jour, le préfet de l'Essonne a donné délégation à M. D C, directeur de l'immigration et de l'intégration et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer, tous actes, arrêtés et décisions dans les limites des matières ressortissantes à ses attributions, dont relève l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, spécialement son article L. 435-1, fondement de la demande de titre de séjour présenté par M. B. Il indique les motifs pour lesquels le préfet de l'Essonne a considéré que l'intéressé ne présentait pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour et précise par ailleurs la situation personnelle et familiale de l'intéressé ainsi que les motifs justifiant qu'il soit pris une décision portant obligation de quitter le territoire français à son encontre. L'arrêté attaqué contient ainsi les circonstances de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour prendre les différentes décisions en litige. Si M. B fait valoir que le préfet n'aurait pas tenu compte de documents qu'il aurait transmis, notamment quant à son changement d'employeur, il n'en apporte pas, en tout état de cause, la démonstration. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de ces décisions doivent être écartés.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour
4. En premier lieu, il est constant que M. B a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait entendu également solliciter son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code. Par suite, et dès lors que le préfet n'est pas tenu d'examiner d'office la possibilité d'admettre au séjour l'intéressé sur ce dernier fondement, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 423-23 doivent être écartés comme inopérants.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est présent de manière continue en France à tout le moins depuis le dernier trimestre de l'année 2012 et qu'il peut se prévaloir d'une expérience professionnelle conséquente en tant que vendeur, à temps complet, de mars 2015 à février 2022, puis en tant que livreur, également à temps complet, depuis mars 2023. Il ressort également des pièces du dossier que les trois frères de M. B résident en France, deux étant de nationalité française et le troisième bénéficiant d'une carte de résident valable jusqu'en 2026. Toutefois, d'une part, le requérant, qui se borne à produire les actes de naissance et les titres d'identité de ses proches, n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il entretiendrait, sur le territoire français, des liens particuliers avec ces derniers, alors qu'il n'est entré en France, selon ses propres allégations qu'à l'âge de 30 ans et qu'il ne conteste pas les mentions portées sur l'arrêté selon lesquelles d'autres de ses frères et sœurs résident dans son pays d'origine. Par ailleurs, M. B n'apporte pas d'élément établissant une insertion particulière sur le territoire français, y compris par son activité salariée, ni d'éléments de nature à établir qu'il ne pourrait exercer une activité de même nature dans son pays d'origine. Par suite, nonobstant sa durée de présence en France, la décision portant refus de titre de séjour ne porte pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de M. B et ne méconnaît donc pas les stipulations de l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français
6. Il résulte de ce qui a été indiqué précédemment que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision refusant au requérant un titre de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne le pays de destination :
7. Il résulte de ce qui a été indiqué précédemment que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
8. Par ailleurs, dès lors que M. B ne démontre ni même n'allègue être légalement admissible dans un de ces pays, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant son pays d'origine comme pays de destination méconnaît manifestement sa situation en excluant de la liste des pays de renvoi les Etats membres de l'Union européenne, l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège ou la Suisse.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 22 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. Maitre
Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
I. de Dutto
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026