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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2310099

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2310099

mardi 23 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2310099
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMBAYE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A, qui contestait le rejet implicite de sa demande de titre de séjour. Le tribunal a jugé que la simple sollicitation d’un rendez-vous en ligne ne constitue pas un dépôt de demande de titre de séjour au sens des articles R. 431-3 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En l’absence de demande régulière, aucune décision implicite de rejet n’est née, rendant la requête irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Mbaye, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de l'Essonne a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de réexaminer sa situation sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de lui délivrer un titre de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire, mais des pièces, qui ont été enregistrées le 15 juillet 2025.

Par une ordonnance du 4 septembre 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 septembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Benoit, première conseillère, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par cet article.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ".

2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ". Les demandes de titre de séjour présentées sur le fondement de l'article L. 431-5 du même code ne sont pas au nombre des demandes devant être effectuées par téléservice. Aux termes de l'article R. 431-3 de ce code : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ". Aux termes de l'article R. 432-1 de ce code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / () ".

3. D'autre part, le préfet de l'Essonne a mis en place une procédure qui permet aux ressortissants étrangers souhaitant demander leur admission au séjour, sur le fondement des dispositions de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de déposer un dossier succinct en créant un compte dénommé " démarches simplifiées " sur le site internet de la préfecture, qui leur propose ensuite un rendez-vous pour déposer l'ensemble de leur dossier en préfecture.

4. Il ressort de l'attestation de dépôt produite par M. A que celui-ci a, le 12 juin 2023, seulement sollicité la fixation d'un rendez-vous auprès du service " démarches simplifiées " du site internet de la préfecture de l'Essonne, afin de déposer sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le message qui lui a été adressé en retour par l'administration précise qu'il ne constitue qu'un accusé de réception et ne vaut pas récépissé, pas plus qu'il n'atteste de la régularité de la présence du requérant sur le territoire français. Faute pour M. A d'avoir déposé une demande de titre de séjour, le délai de quatre mois, prévu par les dispositions précitées de l'article R 432-2 du même code, n'a pas été déclenché. Aucune décision implicite de rejet n'est, dans ces conditions, intervenue.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A contre une décision inexistante sont irrecevables, et doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et de celles relatives aux frais d'instance.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles le 23 septembre 2025.

La magistrate désignée,

Signé

C. Benoit

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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