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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2310578

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2310578

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2310578
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantDIALLO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 décembre 2023 et le 8 janvier 2024, Mme B C, représentée par Me Diallo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Essonne lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation.

Elle soutient que l'arrêté :

- est entaché d'une erreur d'appréciation ;

- est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'elle dispose d'un certificat de scolarité pour l'année scolaire 2023/2024.

Par ordonnance du 16 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 16 février 2024.

Des pièces complémentaires ont été produites par la requérante et enregistrées le 12 mars 2024.

La préfète de l'Essonne a produit un mémoire enregistré le 2 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Perez a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 29 août 1999, est entrée en France le 26 août 2018, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant, valable du 15 septembre 2018 au 15 septembre 2019. Elle a ensuite obtenu trois cartes de séjour temporaire en qualité d'étudiant, valables du 16 septembre 2019 au 15 septembre 2022. Elle a déposé le 15 septembre 2022 une demande de renouvellement de son titre de séjour " étudiant " au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 17 novembre 2023, dont elle demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Il résulte de ces dispositions que, sous le contrôle du juge, il appartient à l'administration lorsqu'elle est saisie d'une demande de renouvellement de titre de séjour présentée en qualité d'étudiant de rechercher à partir de l'ensemble du dossier si l'intéressé peut être regardé comme poursuivant effectivement des études ainsi que le caractère réel et sérieux de celles-ci.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A s'est inscrite à l'université Paris Saclay à partir de septembre 2018 pour l'obtention du diplôme L2 de droit, diplôme qu'elle a finalement obtenu à l'issue de l'année universitaire 2020/2021, après avoir échoué à deux reprises au cours des années 2018/2019 et 2019/2020. Inscrite dans la même université à compter de septembre 2021 pour obtenir le diplôme L3 de droit, elle n'a pas obtenu ce diplôme au cours des années universitaires 2021/2022 et 2022/2023. Mme A soutient que ses échecs au cours de l'année 2019/2020 et de l'année 2021/2022 s'expliquent respectivement par les problèmes de santé de sa mère et la pandémie de Covid-19 et par le décès de son grand frère. Les pièces qu'elle produit ne permettent toutefois pas d'établir lien de parenté dont elle se prévaut, le document médical et le certificat de décès en cause mentionnant respectivement les noms de Coulibaly et de Diallo.

4. De plus, si Mme A soutient que son échec au cours de l'année 2018/2019 s'explique par la difficulté pour acquérir les nouvelles méthodes de travail propres à l'enseignement supérieur en France, une telle circonstance n'est pas suffisante pour justifier de ses résultats sur l'ensemble de la période concernée. En outre, aucune circonstance n'est avancée pour expliquer la non-obtention d'un diplôme au cours de l'année 2022/2023. Il résulte de ce qui précède que le préfet de l'Essonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le manque de progression dans les études de Mme A justifiait que lui soit refusé le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

5. En deuxième lieu, si le préfet de l'Essonne mentionne dans la décision attaquée que l'intéressée n'a présenté aucune inscription pour l'année universitaire 2023/2024, la requérante ne conteste pas ce constat mais se borne à soutenir qu'elle disposait bien d'une inscription à l'Université Paris Saclay en L3 de droit pour l'année 2023/2024. En tout état de cause, pour prendre la décision attaquée, le préfet de l'Essonne s'est fondé également sur le manque de progression dans les études, et, ainsi qu'il a été exposé au point 4, ce motif est suffisant pour fonder la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que le refus de délivrance d'un titre de séjour " étudiant " serait entaché d'une erreur de fait ne peut qu'être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé à Mme A le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la préfète de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 4 avril, à laquelle siégeaient :

M. Mauny, président,

M. Perez, premier conseiller,

M. Bélot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

Le rapporteur,

signé

J-L. Perez

Le président,

signé

O. MaunyLe greffier,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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