mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2400126 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | WEISS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2024, M. B A et la société MAT, représentés par Me Weiss, demandent au juge des référés :
1°) à titre principal, d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté en date du 22 décembre 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a prononcé la fermeture administrative temporaire de la boucherie exploitée par la société MAT du 9 au 16 janvier 2024 ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre cet arrêté et d'enjoindre au préfet de l'Essonne d'édicter un nouvel arrêté de fermeture temporaire de telle façon que s'écoule au moins un mois entre sa notification et la fermeture effective ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne l'urgence :
- l'arrêté porte atteinte tant à la situation de la société que des personnes physiques souhaitant s'y approvisionner ; l'urgence résulte de la soudaineté de la fermeture et des conséquences qu'elle aura pour la boucherie, entrainant un préjudice de près de 29 312 euros pour une fermeture de sept jours, ce qui met en péril la santé économique de la société et donc son existence ; l'urgence résulte aussi de la décision de mise au chômage partiel d'une partie du personnel, les salariés concernés ne percevant que 50% de leurs salaires ; il est en outre à craindre une perte de clientèle qui se reportera vers des concurrents ; enfin, le délai de seulement trois jours laissé par le préfet démontre à lui seul l'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;
En ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- les conditions d'application de l'article L. 8272-2 du code du travail ne sont pas réunies, le gérant ayant été trompé par ses salariés si bien que l'infraction relative à l'embauche d'un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France n'est pas ici établie ; il n'y a eu aucune volonté de dissimiler l'embauche des salariés qui ont été déclarés à l'URSSAFF, bénéficiaient de contrat de travail écrits, étaient inscrits sur le registre unique du personnel ; la société fait actuellement l'objet d'une procédure diligentée par l'OFII visant au versement d'une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine pouvant s'élever à 40 000 euros, si bien que la présente fermeture aboutirait à la méconnaissance du principe non bis in idem ; la soudaineté de la fermeture, à savoir trois jours entre la notification de l'arrêté et le mardi 8 janvier, qui plus est pendant le weekend, constitue une atteinte au droit au recours effectif ; le troisième salarié cité par l'arrêté n'a pas fait l'objet d'audition par la police qui a considéré qu'il était en règle ; la fermeture de sept jours constitue une mesure disproportionnée au regard des faits.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 8211-1 du code du travail : " Sont constitutives de travail illégal () les infractions suivantes : /1° Travail dissimulé ; / () 4° Emploi d'étranger non autorisé à travailler ". Aux termes de l'article L.8272-2 du même code : " Lorsque l'autorité administrative a connaissance d'un procès-verbal relevant une infraction prévue aux 1° à 4° de l'article L8211-1 ou d'un rapport établi par l'un des agents de contrôle mentionnés à l'article L.8771-1-2 constatant un manquement prévu aux mêmes 1° à 4° elle peut, si la proportion de salariés concernés la justifie, eu égard à la répétition ou à la gravité des faits constatés, ordonner par décision motivée la fermeture de l'établissement ayant servi à commettre l'infraction, à titre temporaire et pour une durée ne pouvant excéder trois mois ". Sur le fondement de ces dispositions, le préfet de l'Essonne a, par arrêté du 22 décembre 2023, prononcé, pour une durée de sept jours à compter du 9 janvier 2024, la fermeture de la société à responsabilité limitée " SOCIETE MAT ".
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
4. Pour justifier de l'urgence, les requérants font valoir la soudaineté de la fermeture et des conséquences qu'elle aura pour la boucherie, et soutiennent que le délai de seulement trois jours laissé par le préfet démontre à lui seul l'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Toutefois, s'ils soutiennent que l'arrêté édicté le 22 décembre 2023 n'aurait été notifié que le 5 janvier 2024, ils ne l'établissement pas. En outre, et en tout état de cause, il résulte de l'instruction que, le 21 septembre 2023, M. A, gérant de la société MAT, a été invité par le préfet de l'Essonne à produire ses observations et que ce dernier, le 5 octobre 2023, a invoqué l'indulgence s'agissant de la fermeture de l'établissement. Ainsi, les requérants, qui invoquent la quantité de marchandises présentes en chambre froide, ne sont pas fondés à soutenir que si la fermeture avait pu être anticipée, la perte aurait été moindre, alors que la procédure contradictoire appliquée rendait cette fermeture prévisible suffisamment tôt. Au surplus, la seule production de la déclaration souscrite pour l'impôt sur les sociétés de l'exercice clos au 31 décembre 2022 ne suffit pas à justifier de la réalité de la perte invoquée, et notamment de la valeur des marchandises présentes en chambre froide et qui seraient perdues. M. A et la société ne peuvent enfin se prévaloir d'une perte définitive de clientèle, qui ne présente qu'un caractère hypothétique, ni, en tout état de cause, de la perte de salaires des personnels qui seraient mis en situation de chômage partiel et qui n'est pas davantage justifiée. Dans ces conditions et eu égard à la durée très réduite de la fermeture administrative, l'existence d'une situation d'urgence de nature à justifier l'intervention du juge des référés dans les conditions d'urgence particulière prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas caractérisée. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A et la société MAT est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et la société MAT.
Fait à Versailles, le 9 janvier 2024.
Le juge des référés,
Signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026