jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2400249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Thiam, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision de la directrice par intérim de l'institut Mines-Télécom Business School n° IMT-BS-EA 2023/LI-486, en date du 10 octobre 2023 portant fin de scolarité sans diplôme en ce qui le concerne ;
2°) de mettre à la charge de l'institut Mines-Télécom Business School les entiers dépens.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée dès lors que la décision litigieuse a pour effet d'interrompre brutalement ses études sans compensation de sorte à entraîner des conséquences graves et irréversibles sur son cursus estudiantin et sur sa vie professionnelle ;
- les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée tiennent à ce qu'elle a été prise par une autorité incompétente, à ce qu'elle est insuffisamment motivée, à ce qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, à ce qu'elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 111-1 du code de l'éducation, à ce qu'elle méconnait le règlement intérieur de l'institut Mines-Télécom Business School, et à ce qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2023, l'institut Mines-Télécom Business School, représenté par Me André, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut de produire la requête au fond et dès lors que la décision attaquée a été entièrement exécutée ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- la requête n°2300213 tendant à l'annulation de la décision litigieuse.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-279 du 28 février 2012 relatif à l'Institut Mines-Télécom ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 janvier 2024, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Boukheloua, juge des référés,
- les observations de Maître Loubaki, substituant Me Thiam, pour M. B A, qui persiste dans ses conclusions et moyens, et ajoute qu'en l'absence de mention des voies et délais de recours, celui-ci n'est pas opposable contre la décision attaquée, que le recours au fond a bien été produit et qu'en qualité de boursier, il ne peut être demandé à M. A d'avancer les frais d'inscription.
- et les observations de Me Obert, substituant Me André, pour l'institut Mines-Télécom Business School, qui persiste dans ses conclusions et moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 9h47.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 10 octobre 2023, la directrice par intérim de l'institut Mines-Télécom Business School a mis fin à la scolarité sans diplôme de M. B A, élève en Master I. L'intéressé demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. Les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne permettent au justiciable de demander la suspension d'une décision administrative qu'à la condition qu'elle soit encore susceptible d'exécution.
4. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 10 octobre 2023, la directrice par intérim de l'institut Mines-Télécom Business School a mis fin à la scolarité sans diplôme M. B A. Cette décision a été confirmée par un courrier du 30 octobre 2023 faisant suite au recours gracieux de l'intéressé exercé le 20 octobre 2023. Or, ainsi que le soutient le requérant dans ses écritures, en exécution de cette décision, il n'a plus accès aux applications mises à disposition des étudiants de l'institut, dont fait partie notamment sa boite mail, depuis le 22 décembre 2023 au plus tard. La décision litigieuse doit donc être regardée comme ayant été entièrement exécutée depuis, au plus tard, le 22 décemnre 2023.
5. Par suite, la défense est fondée à soutenir que la décision litigieuse avait totalement été exécutée avant le 10 janvier 2024, date d'enregistrement de la présente requête tendant à la suspention de l'exécution de cette décision sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il suit de là que les conclusions à fin de suspension étaient sans objet à cette date et donc irrecevable. Dès lors, la fin de non recevoir opposée par la défense doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B A doit être rejetée, y compris en ce qu'elle contient des conclusions au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B A la somme demandée par l'institut Mines-Télécom Business School au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'institut Mines-Télécom Business School au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et l'institut Mines-Télécom Business School.
Fait à Versailles, le 25 janvier 2024.
La juge des référés,
Signé
N. BoukhelouaLa greffière,
Signé
N. Gilbert
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400249
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026