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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2400266

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2400266

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2400266
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantAHMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 janvier 2024, M. E A, représenté par Me Ahmad, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2023 par lequel le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.

Il soutient que :

- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;

- l'arrêté méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il peut, au vu des nouveaux éléments en sa possession, solliciter le réexamen de sa demande d'asile auprès l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement des dispositions des articles R. 531-35 à R. 531-39 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le préfet des Yvelines a communiqué des pièces le 1er février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Milon, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776- 13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 15 février 2024 qui s'est tenue en présence de M. Rion, greffier, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, Mme Milon a lu son rapport.

- en présence de M. B, interprète.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E A, ressortissant bangladais né en 1985, déclare être entré en France le 14 aout 2021. Par décision du 7 février 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 7 avril 2023. Par un arrêté du 22 décembre 2023, dont M. A demande l'annulation, le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.

2. En premier lieu, par un arrêté du 12 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture des Yvelines le même jour, le préfet des Yvelines a donné délégation à Mme D C, attachée d'administration de l'Etat, adjointe au chef du bureau de l'asile, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement d'autres délégataires, sans qu'il ne ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'elle a signé l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

4. M. A, dont la demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA, puis par la CNDA, ne produit aucun élément tendant à établir qu'il serait exposé à des risques pour sa vie, son intégrité physique ou sa liberté en cas de retour au Bangladesh. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

5. En troisième lieu, si le requérant entend faire valoir qu'il envisage de présenter auprès de l'OFPRA une demande de réexamen de sa demande d'asile, une telle circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté pris à son encontre.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet des Yvelines.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

La magistrate désignée,

signé

A. Milon

Le greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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