lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2400365 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELUR PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 15 janvier 2024 et le 30 janvier 2024, M. C B, représenté par Me Piquet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 20 janvier 2023 de non-opposition à la déclaration préalable n°78361 22 00231 déposée par la société Free Mobile, délivré par la commune de Mantes-la-Jolie ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mantes-la-Jolie la somme de 1 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La condition d'urgence est satisfaite ; en effet, la demande de suspension étant dirigée contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie, et ce d'autant que les ouvriers mandatés par le groupe Eiffage, intervenant pour le compte de la société pétitionnaire, Free Mobile, ont confirmé aux résidants du bâtiment sis 9 rue Alexandre Palombe à Mantes-la-Jolie, alertés par le bruit de travaux dans la semaine du 9 janvier 2024, l'installation des antennes relais de téléphonie mobile en toiture à compter du 5 février 2024, puis des fausses cheminées en résine devant les dissimuler, les travaux entrepris à compter du 9 janvier 2024 comme annoncé dans l'avis affiché sur place étant les travaux intérieurs préparatifs de câblage desdites antennes ; compte-tenu de la perte de qualité visuelle depuis sa terrasse et de la perte de valeur vénale de son bien résultant pour le requérant de l'autorisation d'urbanisme délivrée et contestée, sans compter les risques de santé publique induits par le niveau des champs électromagnétiques émis par ce type d'équipement à une telle proximité d'un lieu de vie dont l'implantation a été autorisée à moins de 10 mètres de la terrasse et de l'appartement du requérant, ce dernier justifie bien de ce que le projet d'implantation des trois antennes autorisé par l'autorisation d'urbanisme attaquée est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance du bien qu'il détient et occupe avec sa famille.
La condition tenant au doute sérieux est satisfaite ;
- en premier lieu, l'arrêté contesté méconnaît les dispositions des a) et c) de l'article R*431-10 du code de l'urbanisme ; en effet, le dossier de déclaration préalable du pétitionnaire ne comprend qu'un seul plan de façade, celle au droit de la rue Alexandre Palombe, c'est à dire la façade Nord-Ouest, alors que les plans des trois autres façades auraient permis au service instructeur d'apprécier l'impact visuel du projet ; l'absence des trois autres plans de façades a induit en erreur le service instructeur quant à la conformité du projet aux prescriptions du règlement du PLUi relatives à l'insertion du projet dans son contexte et aux dispositions du code de l'urbanisme ; les plans des deux façades les plus longues du bâtiment, soit celle au droit de la rue Serge Noyer et celle au droit de la parcelle cadastrée Section AL n°499, si elles avaient été communiquées par le pétitionnaire, auraient mis en évidence les dimensions excessives des deux fausses cheminées en résine de 3,60 mètres de hauteur en toiture pour cacher les trois antennes relais et l'impact visuel dans le paysage de ces deux fausses cheminées projetées ; le reste du dossier de déclaration préalable du pétitionnaire ne saurait pallier cette carence, d'autant que la photographie intitulée " Photo 1 Après travaux " de la pièce DP6 intitulée " Insertion du projet dans l'environnement " positionne de manière erronée les deux fausses cheminées, car l'une d'entre elles devraient être positionnée sur le pan de toiture visible en premier plan ce qui n'est pas le cas ; cette photographie d'insertion, qui n'est pas cohérente avec le plan de masse ni le plan de toiture du projet d'implantation autorisé, a contribué à tromper le service instructeur ;
- en deuxième lieu, l'arrêté contesté méconnaît les prescriptions architecturales de l'article 4.1.1. des dispositions générales, relatives à l'insertion du projet dans son contexte, du règlement du PLUi opposable ; en effet, le bâtiment sur la toiture duquel la société Free Mobile projette d'installer trois antennes relais de téléphonie mobile intégrées dans deux fausses cheminées de 3,60 mètres de hauteur se situe au plan de zonage du PLUi applicable sur le territoire de la commune en zone UAb, sous-secteur UAb16 dénommé " Ilot des Cygnes " ; or, compte-tenu des dimensions desdites fausses cheminées et de leur localisation en toiture, sur les deux pans opposés les plus petits, le projet d'installation autorisé méconnait les dispositions du règlement du PLUi relatives à l'insertion du projet dans son contexte ;
- en troisième et dernier lieu, l'arrêté contesté méconnaît les dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme ; en effet, le terrain d'assiette se situe en limite d'un site patrimonial remarquable au titre de la loi n°2016-925 du 7 juillet 2016 ; or, l'installation de trois antennes intégrées dans deux fausses cheminées, implantées en partie haute près du faitage, et dépassant de deux mètres du faîtage, est de nature à porter atteinte au paysage urbain et au site patrimonial remarquable immédiatement voisin.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2024, la commune de Mantes-la-Jolie, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 880 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'urgence n'est pas constituée, que la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige ne l'est pas davantage et que les conclusions sont " irrecevables ", compte-tenu du fait qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par un mémoire, enregistré le 29 janvier 2024, la société par actions simplifiée Free Mobile, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite et qu'aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute quant à la légalité de l'arrêté dont la suspension est demandée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du Plan local d'urbanisme intercommunal Grand Paris Seine et Oise ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 30 janvier 2024 en présence de Mme Gilbert, greffière, Mme Marc a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Piquet, représentant M. B, qui persiste en ses conclusions et moyens ;
- les observations de Mme A et M. D, pour la commune de Mantes-la-Jolie, qui déclarent s'en rapporter à leurs écritures ;
- et les observations de Me Martin, représentant la société Free Mobile, qui persiste en ses conclusions et moyens.
A l'issue de l'audience, en présence des parties, la clôture de l'instruction a été différée au 1er février 2024 à 12 heures.
Un mémoire, présenté pour la société Free Mobile, par Me Martin, par lequel la société Free Mobile persiste en ses conclusions et moyens, a été enregistré le 31 janvier 2024 à 18 heures 46, et a été communiqué.
La clôture de l'instruction a été différée au 2 février 2024 à 12 heures.
Un mémoire, présenté pour M. B par Me Piquet, a été enregistré le 2 février 2024 à 11 heures 17 et n'a pas été communiqué.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée Free Mobile a déposé, le 26 décembre 2022, une déclaration préalable ayant pour objet l'édification de trois antennes relais intégrées dans deux fausses cheminées, sur la toiture du bâtiment situé 9 rue Alexandre Palombe sur le territoire de la commune de Mantes-la-Jolie. Par un arrêté du 20 janvier 2023, le maire de cette commune, par délégation, ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. M. C B, voisin immédiat du terrain d'assiette de l'opération projetée, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette autorisation de construire.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
3. Aux termes, en premier lieu, de l'article R*431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ".
4. La circonstance que le dossier de demande d'autorisation de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation de construire qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. En l'état de l'instruction, le moyen, tel que visé et détaillé dans les visas de la présente ordonnance, tiré de ce que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions précitées des a) et c) de l'article R*431-10 du code de l'urbanisme, n'est pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté.
6. Aux termes, en deuxième lieu, de l'article 4.1 de la partie 1 du règlement du PLUi Grand Paris Seine et Oise, relative aux " définitions et dispositions communes " : " 4.1 - Insertion du projet dans son environnement, principes généraux - 4.1.1 - Inscription du projet dans son contexte : L'objectif est de concevoir le projet afin qu'il s'inscrive dans la morphologie urbaine et les composantes du paysage, proche ou lointain, qui constituent son environnement. A ce titre, il s'agit de prendre en compte l'insertion du projet à une échelle plus large que celle du seul terrain d'assiette de la construction, et plus particulièrement : - veiller à minimiser son impact visuel dans le paysage, plus ou moins lointain, et notamment à éviter une implantation en rebord de plateau ; - choisir une implantation qui permette de préserver les perspectives sur des éléments bâtis ou végétalisés de qualité, identifiés ou non au plan de zonage ; - inscrire la construction en harmonie avec la composition urbaine et l'échelle du bâti qui l'environnent. Les règles qualitatives, telles qu'elles sont prévues dans les règlements de zone (partie 2 du règlement), facilitent, le cas échéant, une meilleure prise en compte de l'inscription du projet dans son environnement. L'intégration des équipements d'intérêt collectif et services publics prend en compte, notamment au regard de l'environnement dans lequel ils s'insèrent, les contraintes fonctionnelles et techniques qui leur sont propres, tout en affirmant leur rôle dans l'espace urbain et leur identité par une architecture particulière. Tout projet relatif à l'implantation d'installations liées à la télécommunication, les antennes et pylônes, sont conçus tant dans leur localisation que leur morphologie pour limiter leur impact visuel dans le paysage et en évitant toute forme de dissimulation mal adaptée (imitation de cheminée aux dimensions excessives, arbre artificiel). La qualité des constructions dépend de celle des matériaux employés et de leur mise en œuvre. À ce titre, est proscrit l'emploi sans enduit de matériaux destinés à l'être. ".
7. Aux termes, en troisième lieu, de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
8. En l'état de l'instruction, ne sont pas davantage de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige les moyens, tels que visés et détaillés dans les visas de la présente ordonnance, tirés de la méconnaissance des prescriptions architecturales de l'article 4.1.1. des dispositions générales du règlement du PLUi et de la méconnaissance de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme.
9. Par suite, l'une des conditions exigées par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas satisfaite, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 20 janvier 2023 du maire de la commune de Mantes-la-Jolie doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence.
Sur les frais d'instance :
10. Compte-tenu de ce qui précède, la commune de Mantes-la-Jolie n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il n'y a donc pas lieu de mettre à sa charge la somme que demande M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B les sommes que demandent la commune de Mantes-la-Jolie et la société Free Mobile au même titre.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Mantes-la-Jolie et de la société Free Mobile tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à la commune de Mantes-la-Jolie et à la société par actions simplifiée Free Mobile.
Fait à Versailles, le 5 février 2024.
La juge des référés,
signé
E. Marc
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026