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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2400668

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2400668

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2400668
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantLIENARD-LEANDRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 24 janvier, le 28 février et le 5 mars 2024, M. C F E, représenté par Me Liénard-Léandri, avocate commise d'office, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2024, notifié le 24 janvier, par lequel le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée de trois ans, avec signalement dans le système d'information de Schengen ;

2°) de l'aider à présenter une demande d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve de la renonciation de son avocate à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

les décisions en litige :

- ont été signées par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière ;

- n'ont pas été prises dans des conditions respectant le principe du contradictoire dès lors qu'il n'a pas pu faire valoir ses observations en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors qu'elle ne comprend aucun élément sur sa vie personnelle et familiale ;

la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'ancienneté de son séjour et de son activité professionnelle au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- met sa vie en danger en cas de retour dans son pays ou deux membre de sa famille ont été assassinés et méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie d'exception ;

la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français :

- est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;

- est illégale par voie d 'exception ;

- est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnait les articles 3 et 8 de convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire enregistré le 5 mars 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

En application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par courrier du tribunal du 4 mars 2024 que les conclusions à fin que le tribunal statue sur la demande d'asile de M. F E étaient susceptibles d'être irrecevables dès lors que le tribunal ne peut être saisi que de conclusions dirigées contre une décision administrative.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative

La présidente du tribunal a désigné M. Crandal, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions des articles R. 776-13-1 à R.776-28 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, en présence de Mme Amegee, greffière d'audience entendu :

- le rapport de M. Crandal qui précise également que le tribunal ne peut rendre son passeport à M. F E qui est invité à se rapprocher de l'administration pénitentiaire ;

- les observations de Me Lienard-Léandri, avocate de permanence, représentant M. F E, assisté de Mme D interprète de la langue espagnole, qui déclare renoncer à ses conclusions à fin de demande d'asile adressées au tribunal et qui pour le surplus maintient ses conclusions, explique les difficultés qu'il rencontre dans cette démarche du fait de la barrière linguistique et qui expose le contenu des documents rédigés en langue espagnole dans son dossier relatifs aux circonstances de l'assassinat en Colombie de membres de sa famille proche.

La préfète de l'Essonne, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. C F E, ressortissant colombien né le 3 janvier 1973 à Cucuta (Colombie ), entré en France en juillet 2023 selon ses déclarations, a été condamné par jugement du 17 juillet 2023 du tribunal correctionnel de Bobigny à une peine de douze mois d'emprisonnement pour des délits d'importation non autorisée de stupéfiants, de trafic et d'importation en contrebande de marchandises dangereuses pour la santé publique et détention non autorisée de stupéfiants et autres infractions connexes. Il a fait l'objet, le 15 janvier 2024 d'une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour sur le territoire français pendant la durée de trois ans et signalement dans le système d'information de Schengen par le préfet de l'Essonne. Par sa requête, il demande l'annulation de ces décisions.

Sur les moyens communs aux décisions contestées :

2. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes enfin de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".

3. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-PREF-DCPPAT-BCA-003 du 4 janvier 2024, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de l'Essonne a donné délégation de signature à Mme A G à l'effet de signer, notamment, l'arrêté attaqué. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

5. L'arrêté querellé du 15 janvier 2024 du préfet de l'Essonne mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il précise la situation de l'intéressé qui est entré en France sans document et ne peut justifier de la régularité de son séjour. Il précise les motifs tenant à sa condamnation par un tribunal correctionnel qui caractérisent le trouble à l'ordre public de son comportement. Il précise les motifs pour lesquels le préfet de l'Essonne le tient pour une menace à l'ordre public. Il précise les éléments qui conduisent à écarter l'atteinte à sa vie privée et familiale et l'absence d'exposition à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des libertés fondamentales et des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté contesté est suffisamment motivé et que la précision de la motivation révèle l'examen de la situation personnelle de M. F E par le préfet. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige et du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

6. En troisième lieu, M. F E soutient qu'il n'a pas pu faire valoir ses observations lors d'un entretien individuel préalablement à la décision qu'il conteste. Cette décision aurait donc été prise en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Ce droit n'implique pas toutefois systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Une atteinte à ce droit n'est pas susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal établi par les services de police le 11 décembre 2023 que M. F E a été entendu par ces services qui l'ont interrogé en présence d'un interprète de la langue espagnole et au cours duquel il a exposé les conditions et le motif de son séjour en France, sa situation familiale en Colombie et son souhait d'y retourner. Pour le surplus, M. F E soutient dans ses écritures qu'il justifie d'une présence sur le territoire français de 36 années sans apporter le moindre élément de preuve et que l'ensemble de sa famille réside sur le territoire français alors que dans le même mémoire, il déclare se trouver en France depuis juillet 2023 et qu'il produit des pièces en langue espagnole établies par les autorités colombiennes dépourvues de traduction en langue française relatives aux membres de sa famille, notamment sa fille et son fils, qui n'établissent en rien leur présence en France. Le moyen ne pourra donc qu'être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, M. F E invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. S'il soutient qu'il a tissé des liens en détention avec les associations de défense des droits des étrangers et entrepris des démarches pour demander l'asile en France, il ressort des pièces du dossier que ses deux enfants mineurs vivent en Colombie. Le préfet a donc fait une juste appréciation de son droit à la vie privée et familiale.

9. En second lieu, il ressort de ses écritures que M. F E a invoqué postérieurement à l'arrêté préfectoral qu'il risquait d'être exposé à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Formulé à l'encontre de la décision faisant obligation de quitter le territoire français un tel moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.

Sur la décision relative au délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, l'exception d'illégalité de cette décision doit être écartée au soutien des conclusions dirigées contre la décision n'accordant aucun délai de départ volontaire.

11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3o Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3o de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger qui s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentations suffisantes, notamment parce () qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ().".

12. En l'espèce le préfet de l'Essonne a fondé sa décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire à M. F E sur la circonstance que celui-ci constituait une menace à l'ordre public et qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes. A le supposer établi, son comportement exemplaire en prison ne peut être pris en compte au titre des dispositions citées au point précédent.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

13. Par voie de conséquence du rejet des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, l'exception d'illégalité de cette décision doit être écartée au soutien des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi.

Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

15. En premier lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, l'exception d'illégalité de cette décision doit être écartée au soutien des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

16. En deuxième lieu, la décision prononçant à l'encontre de M. F E une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, qui vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que l'intéressé présente une menace pour l'ordre public et risque de se soustraire à l'arrêté querellé et qu'il ne peut se prévaloir d'aucune circonstance humanitaire. Ainsi, cette décision, dont les motifs attestent de la prise en compte par l'autorité préfectorale, au vu de la situation de l'intéressé, des quatre critères énoncés par l'article L. 612-10 précité, est suffisamment motivée. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté.

17. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté contesté que M. F E a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'était assortie d'aucun délai de départ volontaire. Les circonstances dont le requérant fait état ne présentent aucun caractère humanitaire et ne font ainsi pas obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. D'autre part, eu égard aux circonstances indiquées au point 1 du présent jugement et dont il résulte que la présence de M. F E sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public, le préfet de l'Essonne, en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français infligée au requérant, n'a méconnu ni le droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale, ni les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et n'a pas d'avantage entaché cette décision d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions.

18. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

19. Le délai de trois ans retenu par le préfet pour la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français ne porte aucunement atteinte au droit à la vie privée et familiale de M. F E dont les deux enfants se trouvent en Colombie. Les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ne peuvent dès lors qu'être écartés.

20. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

21. Si M. F E soutient qu'il encourt des risques graves en cas de retour en Colombie dès lors que des membres de sa famille y auraient été assassinés, ce moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant à l'appui de conclusions dirigées contre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français.

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B E à fin d'annulation de l'arrêté du 15 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour la durée de trois ans ne peuvent qu'être rejetées. Le rejet des conclusions en annulation de l'arrêté préfectoral entraîne par voie de conséquence le rejet des conclusions fondées sur l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er La requête de M. F E est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C F E et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J-M CrandalLa greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400668

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