vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2400686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ALLEGRINI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 24 janvier et 6 février 2024, la société à responsabilité limitée (S.A.R.L.) Etablissements Vergan, représentée par Me Dominique Allegrini, demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du 19 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Essonne a ordonné la fermeture pour une durée d'un mois de l'établissement " l'Empire " ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SARL Etablissements Vergan soutient que :
- la condition d'urgence est remplie compte tenu de la situation financière de la société ;
- des moyens sont propres à créer un doute sur la légalité de la décision :
- la procédure est irrégulière faute de contradictoire et méconnait l'article 6§1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée méconnait l'article L. 3332-15 du code de santé publique ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2024, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- la procédure contradictoire préalable a été respectée ;
- la fermeture administrative temporaire de l'établissement se fonde sur des troubles à l'ordre public en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 janvier 2024 sous le n° 2400684 par laquelle la SARL Etablissements Vergan demande l'annulation de l'arrêté du 19 janvier 2024 ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mégret pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Mégret, juge des référés ;
- les observations de Me Le Treut, représentant la SARL Etablissements Vergan qui indique que si le préfet de l'Essonne a initialement envisagé une fermeture de deux mois, après les observations produites par la SARL Etablissements Vergan, il a finalement ordonné une fermeture administrative pour une durée d'un mois ; elle insiste sur la condition d'urgence et indique qu'elle est caractérisée, l'établissement étant une discothèque qui existe depuis longtemps ; que l'activité l'établissement de " l'Empire " représente 80 % de l'activité de la société et qu'elle a, comme tous les commerces de ce type, été fortement impacté par les crises sanitaires et les fermetures qui leur ont été imposées ; elle indique que l'établissement a fait l'objet d'un plan de sauvegarde de justice pendant une durée de 10 ans et que même s'il a pris fin en octobre 2022, la société continue de rencontrer des difficultés financières qui l'ont notamment conduite à solliciter un abandon de loyers du bailleur ; qu'elle fait valoir que pour écarter l'urgence, les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne font pas référence à l'intérêt public ; elle précise que depuis la fermeture administrative, l'établissement " l'Empire " ne continue pas son activité contrairement à ce qu'indique les écritures du préfet, les activités en cause étant le fait d'une autre société d'évènementiel ; elle souligne que le courrier du 22 décembre 2023 ne vise que le 1 de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique relatif aux infractions aux débits de boissons alors que l'arrêté se fonde sur le 2 de cet article ce qui pose un problème de régularité de la procédure et de base légale de l'arrêté ; elle abandonne suite à la production du rapport administratif du 26 octobre 2023 le moyen tiré du non-respect de la procédure contradictoire préalable ; enfin, elle soutient que les liens entre les troubles à l'ordre public et l'établissement ne sont pas avérés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 15h10.
Une note en délibéré a été enregistré le 8 février 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision " et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
2. Aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : " 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements. [] 2. En cas d'atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, la fermeture peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas deux mois [] 4. Les crimes et délits ou les atteintes à l'ordre public pouvant justifier les fermetures prévues au 2 et au 3 doivent être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation ".
3. Les mesures de fermeture de débits de boissons ordonnées par le préfet sur le fondement des dispositions de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique ont pour objet de prévenir la continuation ou le retour de désordres liés au fonctionnement de l'établissement, indépendamment de toute responsabilité de l'exploitant et présentent le caractère de mesures de police administrative. Qu'elles soient fondées sur les dispositions du 1, du 2 ou du 3 de cet article, de telles mesures doivent être regardées non comme des sanctions présentant le caractère de punitions, mais comme des mesures de police. Par suite, c'est toujours comme juge de l'excès de pouvoir et non comme juge de plein contentieux que le juge se prononce sur les demandes tendant à leur annulation.
4. D'une part, s'il ressort du courrier du 22 décembre 2023 que le préfet de l'Essonne a indiqué vouloir prononcer une fermeture de l'établissement sur le fondement du 1 de l'article
L. 3332-15 du code de la santé publique relatif aux infractions aux débits de boissons, ce courrier rappelait les infractions ou incidents relevés par les forces de police sur l'année 2023, ce qui a permis à la société que présenter ses observations écrites de la société sur ce point comme le montre sa lettre du 4 janvier 2024. Enfin, le préfet de l'Essonne a prononcé la fermeture sur les deux fondements.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que différents troubles à l'ordre public nécessitant l'intervention de forces de l'ordre ont eu lieu aux abords de l'établissement " l'Empire " au cours de l'année 2023, des altercations, des rixes, des tentatives d'homicide, en lien avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation. Ainsi, notamment le 13 août 2023, les forces de police sont intervenues suite à une agression qui s'est produite à la sortie de la discothèque ou le 8 septembre 2023 une tentative d'homicide a eu lieu après un différend au sein de la discothèque. Dès lors, l'existence d'atteintes à l'ordre public, en relation avec la fréquentation de cet établissement peut être regardée comme remplie, indépendamment du comportement des responsables de l'établissement. Ainsi, à supposer que les conditions du 1 de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique ne soit pas remplies, le fondement du 2 de cet article suffit à lui seul à fonder la décision attaquée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, que les conclusions présentées par la requérante sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance de référé, la somme que demande la SARL Etablissements Vergan au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SARL Etablissements Vergan est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Etablissements Vergan et au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 9 février 2024.
La juge des référés,
signé
S. Megret
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026