mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2400746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre - 4/11 |
| Avocat requérant | AKMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2024, M. A E D, alors retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 novembre 2023 du préfet de l'Essonne en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa situation et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2024, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Marc pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 février 2024 qui s'est tenue en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière :
- le rapport de Mme Marc ;
- les observations de Me Akman, représentant M. D, présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public et que les décisions attaquées méconnaissent les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E D, ressortissant russe d'origine tchétchène né le 28 août 1991, est entré sur le territoire français le 23 mars 2010 de manière irrégulière. Le 20 décembre 2013, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) lui a octroyé le bénéfice du statut de réfugié, et il a été mis en possession d'une carte de résident valable jusqu'au 26 octobre 2024. Par une décision du 28 juillet 2016, notifiée le 30 juillet suivant par un pli non revenu selon les termes mêmes du relevé TelemOfpra, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lui a retiré le bénéfice du statut de réfugié. Par un arrêté du 27 novembre 2023, le préfet de l'Essonne lui a retiré sa carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office. M. D demande l'annulation de cet arrêté, en tant seulement qu'il l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe son pays de destination.
2. En premier lieu, par un arrêté du 7 septembre 2023, publié au recueil des actes administratifs le même jour, le préfet de l'Essonne a donné délégation à M. C B à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation du requérant, notamment son identité, les conditions de son entrée sur le territoire français en 2010, la circonstance qu'il est procédé au retrait de sa carte de résident, et précise, en outre, sa situation privée et familiale et le fait qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation des décisions attaquées serait insuffisante. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
4. En troisième lieu, si M. D soutient que les décisions attaquées sont illégales dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet de l'Essonne ne s'est pas fondé sur ce motif pour prendre les décisions en litige, en particulier la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle a été édictée sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
6. Si M. D, d'origine tchétchène, soutient qu'il risque de faire l'objet de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Russie, il ne conteste pas que l'OFPRA lui a retiré le bénéfice de son statut de réfugié après qu'il ait été contrôlé en sortie de l'espace Schengen en direction de la Biélorussie en possession d'un passeport russe valide. En outre, M. D ne produit aucun document de nature à justifier de la réalité des risques qui pèseraient personnellement sur lui. Il s'ensuit que le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article précité. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En cinquième et dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. Si M. D soutient que ses douze enfants résident sur le territoire français et y demeurent en situation régulière, il ne démontre par aucun élément, pièce, commencement de preuve, entretenir avec eux des liens particuliers ni n'établit participer à leur éducation et à leur entretien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
9. En sixième et dernier lieu, M. D est présent sur le territoire depuis le 23 mars 2010 et y a résidé de manière régulière d'abord sous couvert d'attestations de demande d'asile puis sous couvert d'une carte de résident délivrée à la suite de l'octroi par la CNDA à son profit du statut de réfugié. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le bénéfice de ce statut lui a été retiré par une décision de l'OFPRA du 28 juillet 2016, à la suite, ainsi qu'il a été dit, d'un contrôle dont il a fait l'objet aux frontières de l'espace Schengen alors qu'il se dirigeait vers la Biélorussie, et qu'il a fait l'objet en particulier d'une condamnation le 12 mai 2021 à un an d'emprisonnement pour violence commise en réunion suivie d'incapacité physique supérieure à huit jours. En outre, il ne justifie, malgré la durée de son séjour sur le territoire, d'aucune insertion professionnelle, ne produisant aucun document à cet égard. Il s'ensuit qu'en prenant les décisions attaquées, le préfet de l'Essonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 27 novembre 2023 du préfet de l'Essonne doit être annulé, en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe son pays de destination. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E D et à la préfète de l'Essonne.
Lu en audience publique le 6 février 2024.
La magistrate désignée,
signé
E. Marc La greffière,
signé
L. Ben Hadj Messaoud
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2400746
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026