mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2400877 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | GABES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 janvier et 13 février 2024, M. B D, représenté par Me Gabes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne d'instruire sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en lui délivrant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- il méconnaît le 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- il méconnaît l'article R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait pu demander au médecin traitant de sa fille un " complément d'information " sur son état de santé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'un défaut de base légale ;
- il est entaché d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L.425-9, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- il méconnaît l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il méconnaît l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;
- il porte atteinte à son droit à l'exercice d'une activité professionnelle, tel que protégé par les articles 15-1 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, 23 de la déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, 1 de la charte sociale européenne et 5 du préambule de la Constitution de 1958 ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une ordonnance du 15 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 août 2024 à 12 heures.
Un mémoire en défense, présenté par la préfète de l'Essonne, a été enregistré le 16 septembre 2024, soit postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Caron, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant algérien né en 1981, est entré en France le 18 septembre 2022 accompagné de son épouse et de leur fille née le 18 juin 2020, sous couvert d'un visa de court séjour. Il a sollicité, le 26 septembre 2023, son admission au séjour en qualité de parent d'un enfant malade. Par un arrêté du 4 janvier 2024, dont M. D demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour refuser à M. D le titre de séjour sollicité, le préfet de l'Essonne a estimé, au vu de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) émis le 9 juillet 2023, que si l'état de santé de sa fille nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle pouvait bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Algérie.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. D est père d'une enfant alors âgée de trois ans à la date de l'arrêté attaqué, qui souffre d'une polypathologie complexe. L'état de santé de sa fille a nécessité un mois après son arrivée en France, ainsi qu'en attestent plusieurs certificats et compte rendus médicaux établis en octobre 2022, une hospitalisation d'urgence dans le service de pédiatrie Groupe Hospitalier Nord Essonne - Site Longjumeau pour bilan et ajustement thérapeutique d'une encéphalopathie convulsivante sur anoxie de grade 3 et prise en charge d'un état de mal épileptique et dénutrition sévère. Si pour rejeter la demande d'admission au séjour de M. D, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur l'avis émis le 9 juillet 2023 par le collège des médecins de l'OFII, l'OFII n'a pas pu se prononcer au regard de l'évolution de l'état de santé de l'enfant postérieurement au 9 juillet 2023. Or, il ressort des pièces produites, notamment des comptes rendus d'hospitalisation de juillet et novembre 2023 au centre hospitalier Sud Francilien ainsi que des certificats médicaux établis dans le cadre de consultations de suivis des 2, 16 et 28 août et 22 décembre 2023, que l'état de la jeune C s'est sensiblement aggravé postérieurement à l'avis de l'OFII mais antérieurement à l'arrêté attaqué. Ainsi qu'en atteste le docteur A, pédiatre au centre hospitalier Sud Francilien, dans le certificat établi le 31 janvier 2024, soit postérieurement aux décisions contestées mais dont il peut être tenu compte pour évoquer une situation de fait antérieure, " C est suivie pour une tétraparésie spastique avec retard de développement psychomoteur sévère secondaire à une anoxo ischémie néonatale. Cette anoxie s'est par ailleurs compliquée d'un syndrome de West qui a actuellement évolué vers une épilepsie pharmaco résistante C présente de plus des troubles de déglutition majeure empêchant prise alimentaire par os et nécessitant donc une nutrition entérale. Face à des fausses routes quotidiennes et à des pneumopathies répétées elle présente dorénavant une insuffisance respiratoire chronique avec décompensation fréquente ". Par ce même certificat, le docteur A conclut que la prise en charge de la jeune C " nécessite un suivi médical et paramédical rapproché ainsi que des thérapeutiques ne pouvant être réalisés en Algérie ". Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard à l'aggravation de l'état de santé de l'enfant, à la complexité de la prise en charge des diverses pathologies dont elle souffre, à l'imprévisibilité d'évolution de celles-ci, et au suivi dont elle bénéficiait à la date de la décision attaquée au centre hospitalier Sud Francilien en possession de la liste précise de l'ensemble des traitements suivis lors des récentes hospitalisation de l'enfant, M. D est fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision portant refus de titre de séjour du 4 janvier 2024 doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
5. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu'un certificat de résidence d'une année soit délivrée à M. D. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer ce titre de séjour à M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Essonne du 4 janvier 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de délivrer à M. D un certificat de résidence d'une année dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. D une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
signé
V. Caron
La présidente,
signé
N. BoukhelouaLa greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026