jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2401023 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BORDESSOULE DE BELLEFEUILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 février 2024, M. G D F doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 février 2024 par lequel le préfet du Val d'Oise a décidé sa remise aux autorités portugaises et a pris à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Il soutient que :
- le signataire de l'acte attaqué est incompétent ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- les décisions portant remise aux autorités portugaises et interdiction de circulation sur le territoire méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français est entachée d'une erreur manifestation d'appréciation, le préfet ayant estimé à tort qu'il représente une menace grave pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2024 et communiqué avant l'audience, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Milon, première conseillère, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 février 2024 qui s'est tenue en présence de M. C :
- le rapport de Mme Milon,
- les observations de Me Bordessoule de Bellefeuille, représentant M. D F, également présent, assisté de Mme E, interprète, qui conclut aux mêmes fins que la requête en maintenant ses moyens, et en faisant valoir notamment qu'avant son incarcération, il accueillait à son domicile ses deux filles une fin de semaine sur deux et que, depuis sa sortie de détention le 6 février dernier, il souhaite de nouveau pouvoir accueillir ses filles,
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. G D F, ressortissant capverdien né en 1995 à Lisbonne (Portugal), est entré sur le territoire français en 2019, selon ses déclarations, sous couvert d'un titre de séjour portugais. Par un arrêté du 6 février 2024, dont M. D F demande l'annulation, le préfet du Val d'Oise a décidé, sur le fondement de l'article L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa remise aux autorités portugaises et lui a interdit, sur le fondement de l'article L. 622-1 du même code, de circuler sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Sur les moyens communs aux deux décisions contenues dans l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, par un arrêté n°23-071 du 22 décembre 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise le même jour, le préfet du Val-d'Oise a donné délégation à M. A B, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement, à l'effet de signer les décisions attaquées. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux mentionne notamment les articles L. 621-2 et L. 622-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise les raisons pour lesquelles l'intéressé peut faire l'objet d'une remise aux autorités portugaises et les éléments ayant trait à sa situation personnelle et familiale, mentionnant en particulier qu'il est célibataire, ne justifie pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de ces deux filles, qu'il a été incarcéré le 10 août 2023 au centre pénitentiaire d'Osny-Pontoise suite à une condamnation à 11 mois d'emprisonnement pour violences conjugales et qu'il a fait l'objet de condamnations pénales antérieures. Cet arrêté comporte ainsi l'ensemble des circonstances de droit et de fait sur lesquelles se fondent les deux décisions qu'il contient. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
Sur le moyen dirigé contre la décision portant remise aux autorités portugaises :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. M. D F, qui déclare être entré en France en 2019, à l'âge de 24 ans, se prévaut de la présence en France de ses deux filles mineures ainsi que de ses frères et sœurs. Il ressort des pièces du dossier que M. D F, incarcéré pour des faits d'une particulière gravité, a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales antérieures, notamment, le 23 mars 2021, pour des faits d'usage illicite de stupéfiants et violence sur un ancien conjoint et, le 15 avril 2019, pour des faits de dégradation d'un bien et de violence aggravée. M. D F représente ainsi une menace grave pour l'ordre public, ainsi que l'a relevé le préfet. Par ailleurs, il n'apporte aucune pièce tendant à établir qu'il contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses deux filles avec lesquelles, d'après ses déclarations à l'audience, il n'a conservé aucun lien durant son incarcération depuis le mois d'août 2023. Dans ces conditions, et alors qu'il n'établit pas être dépourvu d'attache familiale au Portugal où il est né et a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans, M. D F n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur les moyens dirigés contre la décision portant interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 622-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 622-2, l'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision de remise prise en application de l'article L. 621-1 à l'encontre d'un étranger titulaire d'un titre de séjour dans l'Etat aux autorités duquel il doit être remis, d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ". Aux termes de l'article L. 622-3 du même code : " L'édiction et la durée de l'interdiction de circulation prévue à l'article L. 622-1 sont décidées par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
7. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 ci-dessus, au vu notamment des condamnations prononcées à son encontre, pour des faits graves, que le préfet a estimé, au terme d'une exacte appréciation, que M. D F représente une menace pour l'ordre public. La circonstance qu'il a bénéficié de remises de peine pour bonne conduite n'est pas de nature à lever cette menace. Par ailleurs, au vu des autres circonstances évoquées au point 5 ci-dessus, la décision portant interdiction de circuler sur le territoire français pendant une durée de deux ans ne peut être regardée comme prise en méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 622-1 et L. 622-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En deuxième lieu, pour les mêmes raisons, la décision attaquée ne peut davantage être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit également être écarté. Il en va de même du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D F doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G D F et au préfet du Val-d'Oise.
Lu en audience publique le 15 février 2024.
La magistrate désignée,
signé
A. Milon
Le greffier,
signé
T. C
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026