lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2401948 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE SAGALOVITSCH EGLIE RICHTERS & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2024, et un mémoire enregistré le 20 mars 2024, la SCI Correia, représentée par Me Nalet, de la SELARL Lyveas Avocats, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le maire de la commune de Viroflay a constaté la caducité du permis de démolir n° PD 78686 15G4013 et du permis de construire n° PC 78686 16G1012, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Viroflay une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
- la mesure litigieuse a pour effet d'empêcher la reprise des travaux à peine de l'exposer à des poursuites pénales et à un arrêté interruptif de travaux, et empêche également l'obtention d'un permis modificatif ; or la reprise des travaux est nécessaire pour consolider l'ouvrage et ne pas le fragiliser définitivement ; les préjudices induits, sur une période prévisible de deux ans, auraient pour conséquence de la priver d'une rente locative qui ne sera pas inférieure à 17 575 euros par mois soit 421 800 euros sauf à parfaire ; en outre, la décision menace d'affecter l'ouvrage existant, ce qui augmentera nécessairement le coût ; aucun intérêt public ne contrebalance cette situation d'urgence ; les éléments avancés par la commune, qui ne conteste au demeurant pas l'attestation de la maîtrise d'œuvre, doivent être écartés ;
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- les motifs de la décision attaquée procèdent d'erreurs de droit et d'erreurs d'appréciation ;
- le permis de démolir n'est pas entaché de caducité ; en effet, la démolition d'une partie du plancher a été de nature à faire débuter les travaux au sens de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, et les travaux réalisés par la suite, qui ne sont pas dilatoires, ont été de nature à interrompre la péremption de l'autorisation délivrée ;
- le permis de construire n'est pas caduc, les travaux de démolition ayant débuté avant le 19 septembre 2019, contrairement à ce que la commune a estimé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, la commune de Viroflay, représentée par Me Lubac de la SCP Lonqueue-Sagalovitsch-Eglie-Richters (Sensei avocats) conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la SCI Correia à lui verser une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite ;
- il n'est fait état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 décembre 2023 sous le numéro 2310060 par laquelle la SCI Correia demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, M. Delage a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Nalet qui évoque à titre de contexte la réunion du 29 mars 2023 et les vues de la commune sur le terrain pour un projet immobilier, explique que la société SEG Sousa réalise les travaux en faisant d'abord passer ses clients tiers, ce qui explique pourquoi les travaux se sont échelonnés sur plusieurs années, expose que l'urgence est caractérisée désormais, que les travaux effectués sont suffisants, et qu'un recours indemnitaire et une médiation pourraient être envisagés ;
- les observations de Me Blanquinque représentant la commune de Viroflay qui persiste dans ses précédentes conclusions par les mêmes moyens, en exposant qu'il est fait un procès d'intention à la commune, que, sur l'urgence, il aurait été plus rapide pour la société de solliciter de nouvelles autorisations auprès de la commune qui ne peut s'y opposer sans motif de droit, que la SCI se prévaut de sa propre inaction alors qu'elle n'a entrepris que des interventions limitées sur neuf ans, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Correia demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le maire de la commune de Viroflay a constaté la caducité du permis de démolir n° PD 78686 15G4013 et du permis de construire n° PC 78686 16G1012, portant respectivement sur la démolition totale d'un bâtiment sis au 145, avenue du Général Leclerc et la construction d'un immeuble d'habitation et d'un bureau.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Aux termes de l'article R*. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. () ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens tels que récapitulés dans les visas de la présente ordonnance n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées,
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
6. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de la SCI Correia dirigées contre la commune défenderesse qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Correia le versement d'une somme de 1 000 euros à la commune de Viroflay en application desdites dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SCI Correia est rejetée.
Article 2 : La SCI Correia versera à la commune de Viroflay une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Correia et à la commune de Viroflay.
Fait à Versailles, le 25 mars 2023 .
Le juge des référés,
Signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026