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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2402674

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2402674

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2402674
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDEFFAIRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mars 2024, M. A B, représenté par Me Deffairi, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée auprès de la préfecture de l'Essonne le 27 février 2023 ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 22 mars 2024 sous le numéro 2402437 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant camerounais né le 8 novembre 1993, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée auprès de la préfecture de l'Essonne le 27 février 2023.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. Pour l'application des dispositions citées au point 2, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans ce cadre, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier d'une situation d'urgence, M. B fait valoir que la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour doit être suspendue et sa demande réexaminée par le préfet de l'Essonne pour qu'il puisse se rendre au Cameroun, le 2 mai 2024, auprès de sa mère qui se trouve dans un état de santé critique et revenir sur le territoire français, le 16 mai 2024, pour reprendre son activité professionnelle d'ingénieur, ces deux dates étant celles de ses billets d'avion. Ainsi que l'avait déjà relevé le juge des référés du tribunal administratif de Versailles dans son ordonnance n°2402438 du 27 mars 2024, il résulte en effet de l'instruction que l'état de santé de la mère du requérant est alarmant depuis le 24 février 2024. Toutefois, la décision implicite de rejet attaquée ne fait, en elle-même, pas obstacle à ce qu'il se rende au Cameroun pour visiter sa mère. Si le requérant fait également valoir que sa situation doit en outre être réexaminée pour qu'il puisse retourner sur le territoire français après son voyage au Cameroun, un tel argument ne peut qu'être écarté dès lors qu'en l'absence d'urgence à suspendre la décision attaquée, la demande d'injonction ne peut également qu'être rejetée. Au demeurant, s'il a effectué des démarches de régularisation, le requérant n'a obtenu dans un premier temps qu'un récépissé de demande de titre de séjour en qualité d'étudiant qui ne lui donnait pas vocation, en tout état de cause, à demeurer sur le territoire français et l'activité professionnelle qu'il exerce sans titre de séjour ne peut suffire à caractériser une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner le sérieux des moyens, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 4 avril 2024 .

Le juge des référés,

signé

Ph. Delage

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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