vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2402901 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DEBORD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2024, M. B A, représenté par Me Debord, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 mars 2024 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une période de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- la décision méconnait le principe du contradictoire tel que prévu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision méconnait le principe du contradictoire tel que prévu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mai 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Geismar, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais né en 1980, a déclaré être entré en France en 2012. Il a bénéficié d'un titre de séjour valable du 5 novembre 2020 au 4 novembre 2021, et a sollicité, le 8 novembre suivant, son renouvellement. Par un arrêté du 6 mars 2024, dont il demande l'annulation, le préfet des Yvelines a refusé de le lui délivrer et l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours, en l'interdisant de retour pendant trois ans.
2. En premier lieu, M. A, qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit pris la décision en litige et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'arrêté attaqué. En outre, cet arrêté fait suite à la demande de renouvellement de son titre de séjour, qu'il a déposée et qu'il a accompagnée des pièces utiles. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu et du principe du contradictoire soulevé à l'encontre de la décision en tant qu'elle porte refus de titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français doit être écarté
3. En deuxième lieu, la décision de refus de titre de séjour attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation du requérant et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle comporte également des éléments circonstanciés sur la situation du requérant notamment sur son parcours et sa situation personnelle et familiale. Elle est donc suffisamment motivée. Il en résulte qu'en application des dispositions du 3° de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la mesure d'éloignement doit également être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, et de ce qui a été dit au point précédent, que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation du requérant.
5. En quatrième lieu, l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". "
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 22 octobre 2021, par le tribunal correctionnel de Paris, à une peine de deux ans d'emprisonnement avec sursis assortie d'un suivi socio judiciaire de cinq ans au motif qu'il était coupable d'agression sexuelle incestueuse sur un mineur de 15 ans, du 1er janvier 2016 au 15 août 2019. Ainsi, eu égard à la nature et à la gravité des faits en cause, le requérant qui se borne à soutenir qu'il ne vit pas en état de polygamie et qu'il est inséré sur le territoire français, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué, qui refuse le renouvellement de son titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français, serait entaché d'une erreur d'appréciation au motif qu'il ne constituerait pas une menace pour l'ordre public.
7. En cinquième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui" "
8. D'une part, M. A se prévaut de l'ancienneté de son séjour sur le territoire, de plus de dix ans, et de l'exercice d'une activité professionnelle stable. Toutefois, les bulletins de paie qu'il produit font ressortir une rémunération mensuelle très inférieure au SMIC, et il n'établit pas, en dehors de sa relation avec son frère qui l'héberge, avoir tissé des liens intenses et stables sur le territoire. En outre, ses deux enfants nés en 2001 et 2008 résident dans son pays d'origine. D'autre part, ainsi que cela a été dit au point 6, M. A constitue une menace à l'ordre public. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elles seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que celles aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
- M. Maitre, premier conseiller,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Geismar
La présidente,
signé
N. Ribeiro MengoliLa greffière,
signé
I.de Dutto
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026