vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 avril 2024, M. A B, représenté par Me Levy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 mars 2024 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il devait être renvoyé et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un certificat de résidence de 10 ans ou, à titre subsidiaire, un certificat de résidence valable un an, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de séjour est intervenu au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été destinataire d'une convocation devant la commission du titre de séjour ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, dès lors que l'ensemble des membres de sa famille réside en France, où il vit lui-même depuis plus de douze années, et que les infractions pour lesquelles il a été condamné concernent des faits peu graves, l'une d'entre elles ayant été commise alors qu'il était mineur ;
- alors que le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne fait état que de trois condamnations, le préfet ne peut se prévaloir des huit autres procédures pénales pour lesquelles il n'a pas été condamné et l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique en ce qu'il indique qu'il représenterait une menace pour l'ordre public et d'une inexacte application de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision a été prise au terme d'un examen non individualisé de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations du b) et du e) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale dès lors qu'elle repose sur une décision de refus de séjour elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il a vocation à obtenir un titre de séjour de plein droit sur le fondement du 5) de l'article 6 et du b) et du e) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant un délai de départ volontaire de 30 jours est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour en France pour une durée de trois ans est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milon,
- et les observations de Me Zaregradsky, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né en 2005, déclare être entré en France le 30 mars 2012, par la procédure de regroupement familial et y résider depuis lors de façon continue, auprès de sa famille. M. B a présenté, le 6 janvier 2023, une demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 6 mars 2024, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il devait être renvoyé et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : () 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : () b) À l'enfant algérien d'un ressortissant français si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents () ; / e) Au ressortissant algérien qui justifie résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de dix ans () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger est convoqué par écrit au moins quinze jours avant la date de la réunion de la commission qui doit avoir lieu dans les trois mois qui suivent sa saisine ; il peut être assisté d'un conseil ou de toute personne de son choix et être entendu avec l'assistance d'un interprète. () ". Ces dispositions s'appliquent aux ressortissants algériens dont la situation est examinée sur le fondement du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien régissant, comme celles, de portée équivalente, de l'article L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la délivrance de plein droit d'une carte de résident à l'enfant étranger d'un ressortissant français, âgé de moins de 21 ans et résidant en France de façon régulière. Si le préfet n'est tenu de saisir la commission que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par ces textes auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent, la circonstance que la présence de l'étranger constituerait une menace à l'ordre public ne le dispense pas de son obligation de saisine de la commission.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le pli contenant la convocation de M. B devant la séance de la commission du titre de séjour fixée au 6 février 2024 a été présenté au domicile connu de l'intéressé le 28 novembre 2023 et a été retourné aux services de la préfecture revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé ". Par suite, M. B doit être regardé comme ayant été régulièrement convoqué devant la commission du titre de séjour. L'irrégularité procédurale invoquée à cet égard doit donc être écartée.
5. En deuxième lieu, les stipulations de l'accord-franco-algérien régissant de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France, M. B ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant la possibilité de refuser la délivrance d'une carte de séjour ou de résident à tout étranger dont la présence constitue une menace pour l'ordre public. Toutefois, les stipulations de cet accord ne privant pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance d'un certificat de résidence lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, M. B peut utilement soutenir que l'arrêté, sur ce point, serait entaché d'une erreur d'appréciation.
6. Il ressort des motifs, non contestés, de l'arrêté attaqué, que M. B, qui est âgé de 19 ans, a fait l'objet de onze interpellations, pour des faits, s'agissant de ceux commis entre 2021 et 2022, de violence sur mineur de quinze ans sans incapacité, de port d'arme blanche sans motif légitime, d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et de transport non autorisé de stupéfiants. Il en ressort également, en ce qui concerne les faits les plus récents, que M. B a été interpellé, les 21 mars et 15 septembre 2023, pour conduite d'un véhicule sans permis, le 9 avril 2023 pour remise ou sortie irrégulière de correspondance, somme d'argent ou objet d'un détenu, et le 20 septembre 2023 pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire, violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours, extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien et menace de délit contre les personnes avec ordre de remplir une condition. En se bornant à faire valoir que le bulletin n°1 de son casier judiciaire fait " seulement " état de trois condamnations, prononcées les 10 novembre 2021, 29 septembre 2023 et 20 octobre 2023, pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme, commis le 14 janvier 2021, de conduite d'un véhicule sans permis, commis le 20 mars 2023 et de tentative de remise ou sortie irrégulière de correspondance, somme d'argent ou objet d'un détenu, commis le 9 avril 2023, M. B, qui a été condamné, pour ces derniers faits, à une peine de cinq mois d'emprisonnement avec sursis, et qui ne conteste pas la matérialité des autres faits relevés dans l'arrêté, n'établit pas que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en estimant, au vu de leur récurrence et de leur gravité, qu'il représente une menace grave pour l'ordre public. Ce moyen doit donc être écarté, de même, par conséquent et au regard de la menace qu'il représente pour l'ordre public, que les moyens tirés du non-respect des stipulations précitées du b) et du e) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision aurait été prise au terme d'un examen incomplet ou non sérieux de la situation personnelle de l'intéressé.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Et aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que le père de M. B est de nationalité française, que sa mère est titulaire d'un certificat de résidence algérien d'une durée de 10 ans et que ses quatre frères et sœurs, respectivement nés en 2009, 2011, 2013 et 2016, ont la nationalité française. Il en ressort également qu'il a résidé en France, de façon continue et qu'il y a été scolarisé, entre 2012 et 2018, puis, au collège, de septembre 2019 à novembre 2020, et qu'il a été inscrit en classe de seconde professionnelle au titre de l'année scolaire 2021/2022. Il en ressort enfin que M. B a occupé quelques emplois depuis 2021. Toutefois, au regard de la menace grave qu'il représente pour l'ordre public, ainsi qu'il a été dit au point 6, le préfet ne peut être regardé comme ayant porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, doivent être écartés.
10. En cinquième lieu, au vu de ce qui a été dit au point précédent, la décision ne peut être regardée comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus opposé à sa demande de titre de séjour.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 et 9 que M. B ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations précitées du 5) de l'article 6 et du b) et du e) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur de droit au motif qu'il a vocation à obtenir un titre de séjour de plein droit sur le fondement de ces dispositions.
13. En troisième lieu, le requérant n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'aurait pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle.
14. En dernier lieu, M. B n'est pas fondé à soutenir, pour les raisons exposées aux points 9 et 10, que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
15. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
16. M. B n'établit, ni même n'allègue avoir sollicité un délai de départ volontaire supérieur à trente jours en se prévalant de circonstances propres à sa situation. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le choix de fixer un délai de cette durée serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
18. Si, au regard de la menace que représente pour l'ordre public M. B, le préfet était fondé à prendre à son encontre une décision lui interdisant le retour sur le territoire français, la durée de cette interdiction, fixée à trois ans, est, compte tenu de son jeune âge, de son arrivée en France à l'âge de 7 ans dans le cadre d'une procédure de regroupement familial et de la présence en France de ses parents et de ses quatre frères et sœurs, entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 6 mars 2024 par laquelle le préfet des Yvelines lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. L'annulation prononcée par le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. B doivent ainsi être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 6 mars 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a interdit à M. B le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Mathou, première conseillère,
- Mme Milon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
A. Milon
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026