vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | NAMIGOHAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 avril et 28 mai 2024, M. B D, représenté par Me Namigohar, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de produire son entier dossier ;
2°) d'annuler les décisions du 14 mars 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie familiale et privée " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de procéder, sans délai, à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la régularité de l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en l'absence de communication de cet avis, et d'identification du médecin rapporteur et des médecins composant le collège ;
- l'avis du collège de médecins n'est pas produit par le préfet ;
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française, que ses oncles, tantes et cousins sont présents sur le territoire français et qu'il justifie d'une insertion professionnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité à raison de l'illégalité du refus de séjour qui en constitue le fondement ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le principe général du droit de l'Union européenne de bonne administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'illégalité à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui en constitue le fondement ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires enregistrés les 27 et 28 juin 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313 23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 5 août 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Rollet-Perraud a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien né en 1985, déclare être entré en France le 1er janvier 2020. Il a sollicité auprès de la préfète de l'Essonne son admission au séjour dans le cadre des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. D demande l'annulation des décisions du 14 mars 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.
Sur les moyens communs aux différentes décisions en litige :
2. En premier lieu, par un arrêté n°2024-PREF-DCPPAT-BCA-083 du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour de la préfecture de l'Essonne, M. C A, sous-préfet d'Etampes, a reçu délégation de la préfète de l'Essonne pour signer notamment les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. D, notamment au regard de son état de santé, ainsi que les éléments sur lesquels la préfète s'est fondée pour refuser son admission au séjour, lui faire obligation de quitter le territoire français et fixer le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. La préfète de l'Essonne n'était pas tenue de faire état, dans l'arrêté en litige, de l'ensemble des éléments allégués par le requérant. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de ces décisions et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions ne peut qu'être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. D doit également être écarté.
Sur les moyens dirigés contre la décision de refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux demandes de titre de séjour présentées par les ressortissants algériens : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical visé à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () / Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission par le demandeur des éléments médicaux conformément à la première phrase du premier alinéa. () / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé prévoit que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
5. D'une part, l'avis du collège des médecins du 20 juin 2023 produit à l'instance par la préfète de l'Essonne précise l'identité du médecin rapporteur et des médecins composant le collège et comporte leurs signatures. Le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins doit donc être écarté.
6. D'autre part, pour refuser le titre de séjour de M. D, la préfète de l'Essonne a notamment fondé son appréciation sur l'avis émis le 20 juin 2023 par le collège des médecins de l'OFII précisant que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Les documents produits par M. D, essentiellement constitués d'ordonnances, mais également d'un certificat médical du 18 janvier 2022 d'un psychiatre hospitalier faisant état d'un suivi depuis le 30 août 2021 pour troubles psychiques et du certificat médical confidentiel du 7 mars 2023 destiné au collège des médecins de l'OFII qui relève l'existence d'un syndrome dépressif ne contredisent pas l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII selon lequel l'intéressé peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Si M. D soutient que les soins nécessaires à sa prise en charge ne lui seraient pas financièrement accessibles dans son pays d'origine, il ne l'établit pas. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ()"
8. M. D fait valoir qu'il réside habituellement en France depuis le 1er janvier 2020, date de son entrée sur le territoire. Il fait également état de ce qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française depuis 2022, qu'il s'occupe de l'enfant de cette dernière et de sa volonté de se marier. Par ailleurs, il se prévaut d'une activité professionnelle continue depuis février 2022. Si l'intéressé fait preuve d'une volonté d'insertion sociale et professionnelle, la vie commune avec sa compagne, à la supposée établie par la seule attestation rédigée par sa concubine, et l'activité professionnelle de M. D sont récentes. Par ailleurs, s'il justifie également de la présence régulière en France de l'un de ses cousins, il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 35 ans. Par suite, ces circonstances ne sont pas de nature à établir que la préfète aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait présenté sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé. Par suite, il ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions.
10. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 6 et 8, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation de M. D doit être écarté.
11. Enfin, si la préfète de l'Essonne fait mention dans l'arrêté attaqué de ce que M. D est célibataire, sans charge de famille et sans emploi alors qu'il est justifié qu'il occupait un emploi dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée en qualité de caissier depuis le 28 février 2022, il résulte de l'instruction que la préfète de l'Essonne aurait pris la même décision si elle avait pris en considération l'existence de ce contrat de travail conclu récemment. Il en est de même de la prise en compte de la situation familiale de M. D, à la supposer justifiée par l'attestation établie par sa concubine qui fait état d'une vie commune récente. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait est écarté.
Sur les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire :
12. En premier lieu, aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision rejetant la demande de titre de séjour n'étant fondé, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision faisant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
14. En l'espèce, M. D a déposé une demande de titre de séjour et a pu, à cette occasion, présenter tous les éléments utiles relatifs à sa situation personnelle. En outre, il ne ressort d'aucune autre pièce du dossier que le requérant disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit pris l'arrêté attaqué et qui, si elles avaient été communiquées à temps, auraient été susceptibles d'y faire obstacle. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé du droit d'être entendu. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8 du présent jugement, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il ne saurait faire valoir que cette décision procèderait d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
16. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif aux conditions de délivrance d'un titre de séjour est inopérant à l'encontre de la décision en litige qui est une décision d'éloignement.
Sur les moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision faisant à M. D obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, dirigé contre la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.
18. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peut, dès lors, qu'être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de produire l'entier dossier du requérant, que les conclusions présentées par M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2024 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même de celles relatives aux frais d'instance et en tout état de cause de celles tendant à l'effacement du signalement dans le système d'information Schengen.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rollet-Perraud, présidente.
Mme Milon, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
C. Rollet-Peraud
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
A. MilonLa greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026