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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403053

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403053

lundi 22 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403053
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantPUECH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 avril 2024, M. C B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de réexaminer sa situation et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que son droit d'être entendu a été méconnu ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il pouvait faire l'objet d'une admission exceptionnelle au séjour et que la préfecture aurait dû au moins saisir la commission du titre de séjour pour avis ;

- la décision portant fixation du pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- la préfète de l'Essonne a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considérant qu'il représentait une menace pour l'ordre public, qui n'est plus actuelle, et qu'il ne justifiait pas de garanties de représentation suffisantes ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de du refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- l'annulation de l'interdiction de retour doit entraîner l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me Puech, avocate désignée d'office représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en invoquant en outre un défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé qui est éloigné alors qu'il justifie avoir été scolarisé en France de l'école maternelle jusqu'au lycée et qui dispose d'une promesse d'embauche ;

- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant malien né le 6 septembre 2000 à Bamako (Mali), expose être entré en France en 2002 par la procédure de regroupement familial. Par décision du 21 octobre 2022 notifiée le 26 octobre suivant, il s'est vu rejeter la demande de titre de séjour qu'il avait présentée et enjoindre de restituer le récépissé de demande de titre de séjour en cours de validité dont il disposait. Le 12 avril 2024, il a été interpellé par les services de police et placé en centre de rétention administrative. Par un arrêté du 12 avril 2024, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur le moyen commun à toutes les décisions :

2. Par un arrêté n° 2024-PREF-DCPPAT-BCA-143 du 2 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour de la préfecture de l'Essonne, Mme D E, attachée d'administration, cheffe du bureau de l'éloignement du territoire, a reçu délégation de la préfète de ce département pour signer l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

Sur le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

3. L'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment ses articles L. 611-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 612-10, et la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation du requérant, notamment la circonstance qu'il s'est vu refuser le renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour et les signalements dont il a fait l'objet troublant l'ordre public. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation des décisions attaquées serait insuffisante. Ce moyen doit, dès lors, être écarté. Il résulte en outre de cette motivation, et alors que la promesse d'embauche produite est postérieure à l'arrêté attaqué, que la préfète de l'Essonne a pris en compte la situation personnelle de M. B avant d'édicter l'arrêté attaqué.

Sur le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :

4. Aux termes des stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui fait valoir qu'il est entré sur le territoire en 2002 à l'âge d'un an et demi, a été ensuite scolarisé en France de la classe de maternelle au lycée. M. B invoque en outre la présence en France de sa famille, en particulier de ses parents chez lesquels il réside, et cinq frères et sœurs. Toutefois, la réalité des liens entretenus avec sa famille n'est pas établie alors que l'attestation d'hébergement établie au nom du père du requérant n'est pas signée et que le justificatif de domicile produit à cette occasion est en date de février 2022. Par ailleurs, s'il se prévaut d'une relation avec une ressortissante française, il n'établit ni même n'allègue l'existence d'une vie commune et il ne conteste ainsi pas utilement les mentions de l'arrêté selon lesquelles il est célibataire et sans enfant à charge. Au surplus, il ne conteste pas la réalité des comportements troublant l'ordre public relevés dans l'arrêté préfectoral au cours des années 2018 à 2021 mais se borne à indiquer que ces signalements ne concernent pas la période récente. Enfin, il ne justifie d'aucune insertion professionnelle ou sociale sérieuse. Dans ces conditions, M. B, qui n'est pas isolé dans son pays d'origine où réside une sœur, n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant les décisions attaquées, la préfète de l'Essonne aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

7. Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

8. En l'espèce, M. B a été entendu par les services de police le 12 avril 2024 et a notamment été interrogé à cette occasion sur sa situation administrative passée et présente au regard du droit au séjour. Il s'ensuit qu'il n'a pas été privé de la possibilité de présenter les éléments pertinents relatifs à sa situation. Il ne se prévaut d'ailleurs pas d'éléments précis dont il n'aurait pu faire état lors de cette audition et qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.

9. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Tel n'est pas le cas de la mise en œuvre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel ne prescrit pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laisse à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Le législateur n'a ainsi pas entendu imposer à l'administration d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article. M. B soutient que la préfète de l'Essonne a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, et alors au demeurant que la décision du 21 octobre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne avait précédemment rejeté la demande présentée par l'intéressé sur ce fondement est devenu définitive, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait sollicité de nouveau son admission au séjour sur le même fondement de l'article et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté comme inopérant. Dans ces mêmes circonstances, et contrairement à ce que le requérant soutient, la préfète de l'Essonne n'était pas tenue de saisir la commission du titre de séjour au regard d'une demande de titre de séjour sur le fondement dudit article.

Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulée par le présent jugement, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire doit être écarté.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

12. Pour fonder le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet, après avoir relevé que M. B représentait une menace pour l'ordre public, a considéré que l'intéressé ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes en ce qu'il se maintenait sur le territoire en situation irrégulière et n'avait pas présenté de passeport valide. Si M. B soutient qu'il présente des garanties de représentation suffisantes, en ce qu'il a remis son passeport au greffe du centre de rétention et qu'il est hébergé chez ses parents, il ressort de ce qui a été exposé au point 5 que l'attestation d'hébergement qu'il produit ne présente pas à cet égard de caractère probant. S'il soutient ne pas représenter une menace actuelle pour l'ordre public et n'avoir jamais été condamné, il ressort au contraire des pièces du dossier qu'outre les nombreux signalements mentionnés dans l'arrêté attaqué et qui suffisent à le fonder, l'intéressé a fait l'objet de trois condamnations le 8 septembre 2000, le 18 mars 2021 et le 28 janvier 2022. Enfin, il se maintient irrégulièrement sur le territoire depuis le refus de délivrance de titre de séjour qui lui a été opposé en octobre 2022. Dans l'ensemble de ces circonstances, et malgré la détention d'un passeport, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

Sur la décision portant fixation du pays de destination :

13. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulée par le présent jugement, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de la décision portant fixation du pays de destination doit être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

14. En premier lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire et refusant d'accorder un délai de départ volontaire n'étant pas illégales, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

16. M. B invoque sa situation familiale et soutient qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation. Toutefois, outre les signalements mentionnés dans l'arrêté attaqué, il a fait l'objet de trois condamnations. Dans ces conditions, et dans l'ensemble des circonstances exposées au point 5, et malgré l'ancienneté de résidence sur le territoire français, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Essonne, qui a considéré que l'intéressé ne pouvait se prévaloir d'aucune circonstance humanitaire, aurait commis une erreur d'appréciation en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français. Il en résulte que sa demande par voie de conséquence d'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ne peut également qu'être rejetée.

17. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Essonne.

Lu en audience publique le 22 avril 2024.

Le magistrat désigné,

signé

Ph. ALe greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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