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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403068

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403068

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403068
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantLEVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 avril 2024, Mme C, représentée par Me Levy, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 29 mars 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions de refus de renouvellement de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire sont entachées d'une incompétence de leur auteur ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle justifie du caractère sérieux de ses études.

Par une ordonnance du 15 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 mai 2024 à 12 heures.

Un mémoire en défense présenté par la préfète de l'Essonne a été enregistré le 24 juin 2024 après clôture de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Rollet-Perraud a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante bolivienne née en 2001, est entrée en France le 25 février 2020 sous couvert d'un visa D étudiant valable du 20 février 2020 au 20 février 2021, puis s'est vue délivrer un titre de séjour " étudiant " le 21 février 2021 régulièrement renouvelé jusqu'au 14 décembre 2023. Elle a sollicité le 26 septembre 2023 le renouvellement de son titre de séjour puis a obtenu des attestations de prolongation d'instruction de sa demande. Mme C demande l'annulation des décisions du 29 mars 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, et l'a obligée à quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-PREF-DCPPAT-BCA-084 du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour de la préfecture de l'Essonne, M. B A, sous-préfet de Palaiseau, a reçu délégation de la préfète de ce département pour signer notamment les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme C, dont les éléments relatifs à ses études et à sa situation familiale sur lesquels la préfète s'est fondée pour refuser le renouvellement du titre de séjour et l'obliger à quitter le territoire français. Si la préfète ne fait pas état des résultats obtenus par l'intéressée à l'issue du premier semestre universitaire de l'année 2023-2024 et publiés au demeurant le 22 mars 2024, à supposer qu'elle en ait été informée, cette circonstance ne révèle pas un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle. Le moyen doit donc être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an ". Il appartient à l'autorité préfectorale, lorsqu'elle est saisie d'une demande de renouvellement de carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, à partir de l'ensemble du dossier présenté, si les études poursuivies par l'intéressé revêtent un caractère réel et sérieux. Cet article subordonne le caractère réel et sérieux des études à la progression régulière de l'étudiant, sanctionnée par la délivrance de diplômes de niveau plus élevé au fur et à mesure de la progression dans les études.

5. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que pour refuser de délivrer à Mme C un titre de séjour en qualité d'étudiant, la préfète s'est fondée sur le manque de progression dans les études de l'intéressée. En 2020-2021 Mme C a effectué une année d'étude à l'issue de laquelle elle a obtenu le diplôme d'études en langue française " DELF B2 ". Elle a été inscrite en première année de licence " Economie Gestion " à l'Université Paris Est Créteil pour les années universitaires 2021-2022, 2022-2023 et 2023-2024. Toutefois, à la date de l'arrêté en litige, elle n'avait validé que le 1er semestre de la première année de licence et n'avait donc pas obtenu de diplôme depuis 2021. Les explications de la requérante, qui se prévaut de difficultés importantes pour s'intégrer en France liées à l'isolement qu'elle a subi en raison de la crise du COVID 19, ne suffisent pas à justifier ces échecs. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la préfète aurait commis une erreur d'appréciation en refusant de renouveler son titre de séjour.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, celles aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la préfète de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Milon, première conseillère,

- M. Connin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

C. Rollet-Peraud

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

A. MilonLa greffière

Signé

A. Lloria

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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