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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403178

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403178

lundi 30 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403178
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP SEBAN ET ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles rejette la requête de l'association LFM Radio. Le juge estime irrecevable le recours en annulation contre la décision de non-renouvellement de la convention d'occupation du domaine public, car il s'agit d'une simple mesure d'exécution contractuelle, et contre le projet de convention du 14 décembre 2023, qui n'a jamais été signé et n'a donc pas d'existence juridique. La juridiction applique les principes du contentieux des contrats administratifs et les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 avril 2024, l’association LFM Radio, représentée par Me Blanchetier, demande au tribunal :

1°) d’annuler la convention du 14 décembre 2023 signée par le maire de Mantes-la-Jolie et la décision du 19 févier 2024 par laquelle la commune de Mantes-la-Jolie a rejeté sa demande tendant au renouvellement dans les mêmes termes de la convention arrivée à échéance le 31 décembre 2023 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Mantes-la-Jolie une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- le maire n’était pas habilité à signer la convention contestée ; cette convention est donc entachée d’incompétence de son auteur et d’un vice de procédure ;
- les décisions contestées sont entachées d’erreur de droit dès lors que la commune avait la possibilité de lui consentir une autorisation privative d’occupation du domaine public à titre gratuit ;
- elles sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation en l’absence de motif d’intérêt général au non-renouvellement de la convention ;
- elles sont entachées d’un détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2024, la commune de Mantes-la-Jolie, représentée par Me Vandepoorter, conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge de l’association LFM Radio une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle oppose une fin de non-recevoir tirée de l’irrecevabilité des conclusions tendant à l’annulation de la décision du 19 février 2024, qui constitue une mesure d’exécution du contrat, et de la convention du 13 décembre 2023, qui n’a pas été signée par l’association, et fait valoir que les moyens invoqués à l’appui de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Lutz, rapporteure ;
- et les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Lebel, représentant la commune de Mantes-la-Jolie.

Considérant ce qui suit :

L’association LFM Radio occupait depuis 2014, à titre gratuit, dans le cadre de conventions d’occupation du domaine public successives, des locaux situés au 1, rue Frédéric Chopin et appartenant à la commune de Mantes-la-Jolie. La dernière convention a été conclue le 10 juillet 2023 avec un terme prévu au 31 décembre suivant. Par lettre du 14 décembre 2023, la commune de Mantes-la-Jolie a adressé à l’association LFM Radio un projet de convention d’occupation trimestrielle couvrant la période du 1er janvier au 31 mars 2024 fixant une redevance mensuelle de 1 500 euros. Par décision du 19 février 2024, la commune a rejeté la demande de l’association tendant au renouvellement de la convention sans redevance. L’association LFM Radio demande au tribunal d’annuler cette dernière décision ainsi que le projet de convention adressé le 14 décembre 2023.

D’une part, le juge du contrat ne peut, en principe, lorsqu'il est saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution d'un contrat, que rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à une indemnité. Toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles. Cette exception relative aux décisions de résiliation ne s'étend pas aux décisions de non-renouvellement, qui sont des mesures d'exécution du contrat et qui n'ont ni pour objet, ni pour effet de mettre unilatéralement un terme à une convention en cours.

La décision du 19 février 2024 par laquelle le maire de la commune de Mantes-la-Jolie a refusé de renouveler la convention d’occupation du domaine public à titre gratuit à l’issue du terme de la précédente convention ne présente pas le caractère d’une décision de résiliation mais d’un non-renouvellement. Eu égard à la portée d’une telle décision, qui n’a ni pour objet, ni pour effet de mettre unilatéralement un terme à une convention en cours, le juge du contrat peut seulement rechercher si elle est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à une indemnité. Dès lors, l’association requérante ne pouvait pas saisir le juge d’un recours en annulation de cette décision et les conclusions formulées en ce sens sont irrecevables. La fin de non-recevoir opposée en défense doit donc être accueillie.

D’autre part, il est constant que l’association requérante a refusé de signer la proposition de convention adressée par la commune le 14 décembre 2023 et qu’aucune convention n’a donc été conclue à cette date. Par suite, l’association n’est pas recevable à solliciter l’annulation de cette convention dépourvue d’existence juridique. La fin de non-recevoir opposée en défense doit donc également être accueillie.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de l’association LFM Radio doit être rejetée, y compris en ses conclusions présentées au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre à la charge de l’association LFM Radio la somme demandée par la commune de Mantes-la-Jolie au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l’association LFM Radio est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Mantes-la-Jolie au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l’association LFM Radio et à la commune de Mantes-la-Jolie.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Sauvageot, présidente,
Mme Lutz, première conseillère,
Mme Ghiandoni, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2026.

La rapporteure,
Signé
F. Lutz

La présidente,
Signé
J. Sauvageot

La greffière,

Signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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