lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403241 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 avril 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 25 avril 2024, M. A B demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 16 avril 2024 par laquelle le maire de Savigny-sur-Orge a rejeté la demande de publication de sa tribune d'expression libre dans le magazine municipal de mai 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Savigny-sur-Orge la somme de 850 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d'urgence est remplie du fait de l'imminence de la publication prévue le 6 mai 2024 et donc de la mise sous presse du magazine municipal ; en outre, sa tribune informe la population de Savigny-sur-Orge du budget primitif, adopté le 28 mars 2024 et auquel le magazine municipal de mai 2024 sera consacré ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
• celle-ci est entachée d'une erreur de fait, dans la mesure où les formats " HTML " et " TXT " dans lesquels sa tribune a été envoyée sont un " format texte ", ainsi que cela ressort du rapport d'expertise qu'il produit ;
• elle méconnait les dispositions des articles L.2121-27-1 du code général des collectivités territoriales et 32 du règlement intérieur du conseil municipal ;
• elle est entachée d'un détournement de pouvoir, le maire utilisant cette question de format pour censurer l'expression d'un opposant politique ;
• elle est constitutive d'une discrimination ;
• la règle selon laquelle il faudrait que les agents n'aient qu'à copier-coller le texte est nouvelle, et ne fait pas obstacle à la reproduction de documents au format PDF ;
• la demande de substitution de motifs est entachée d'erreur de fait puisque l'expert, dans son rapport du 17 avril 2024, mais également les logiciels Adobe In Design et Google Docs, recensent seulement 319 signes ;
• elle est entachée d'erreur d'appréciation car, quand bien même l'expert explique dans son rapport du 25 avril 2024 que certains logiciels d'édition de texte peuvent décompter les puces comme étant des caractères, il n'en reste pas moins que les puces ne sont pas comptabilisés parmi les signes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, la commune de Savigny-sur-Orge, représentée par Me Aderno, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- une substitution de motifs pourrait être effectuée, la tribune méconnaissant le nombre de signes autorisés par l'article 32 du règlement intérieur du conseil municipal.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 avril 2024 sous le n°2403239 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 avril 2024 à 11h, tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Boukheloua, juge des référés,
- Me Mezine, substituant Me Aderno, pour la commune de Savigny-sur-Orge, qui persiste dans ses conclusions et moyens.
M. B n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience intervenue à 11h10.
Considérant ce qui suit :
1. Par courriel du 15 avril 2024 à 10h30, M. B, élu d'opposition au sein du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge, a transmis sa tribune à publier dans le magazine municipal de mai 2024. Par un courrier du 16 avril 2024, le maire de la commune lui a indiqué que le format dans lequel il lui a adressé sa tribune n'était pas conforme à l'article 32 du règlement intérieur du conseil municipal du 15 décembre 2022. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'articles L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal ". Aux termes de l'article 32 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge, pris en application de ces dispositions : " Les élus du Conseil municipal bénéficient d'un droit d'expression dans chaque bulletin d'information générale sur les réalisations et la gestion du conseil municipal. Seules sont concernées les publications qui rendent compte des réalisations du Conseil municipal et ne se limitent pas à des renseignements pratiques ou techniques sur la commune. / Cette expression prend la forme d'une tribune libre ouverte aux élus de la majorité et de l'opposition. / () La transmission des textes s'effectue par voie de message électronique en pièce-jointe, ou support dématérialisé, au format texte au plus tard 20 jours avant la publication du bulletin () ".
4. L'article 32 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge dispose ainsi que les tribunes à publier au bulletin municipal doivent être transmises " au format texte " soit sous forme de pièce jointe à un message électronique, soit sur un support dématérialisé, le " format texte " au sens de cet article signifiant qu'aucune manipulation, autre que celle de " copier-coller " ce texte, ne soit requise à la réception des tribunes, et ce afin de mettre à même l'autorité administrative d'en assurer au mieux l'intégrité au stade de la publication.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes même des pages 5 et 6 du rapport d'expertise du 17 avril 2024 produit par M. B, que la pièce jointe à son courriel du 15 avril 2024 à 10h30, intitulée " 2024-374.txt ", qui constituait la dernière version de sa tribune à publier dans le magazine municipal du mois de mai 2024, était un fichier de " texte brut Unicode " faisant notamment apparaitre toutes les balises du langage HTML permettant de mettre en forme cette tribune. Cette pièce jointe ne pouvait, dès lors, être publiée sans que soit accomplie préalablement une manipulation informatique en vue de mettre en forme la tribune litigieuse. La circonstance qu'une telle manipulation puisse consister uniquement en l'ouverture de cette pièce jointe à l'aide d'un navigateur de type " Chrome ", ou d'un logiciel particulier, n'est pas de nature à modifier cette appréciation. Par suite, c'est à bon droit que par la décision attaquée, le maire de la commune de Savigny-sur-Orge a considéré que le courriel du 15 avril 2024 n'était pas conforme à l'article 32 du règlement intérieur du conseil municipal de Savigny-sur-Orge. Il suit de là que, sans qu'il soit besoin d'examiner la demande de substitution de motifs de la commune, aucun des moyens de la requête de M. B, visés par la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B, une somme de 1 800 euros à verser à la commune de Savigny-sur-Orge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Savigny-sur-Orge une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Savigny-sur-Orge.
Fait à Versailles, le 29 avril 2024.
La juge des référés,
signé
N. Boukheloua
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026