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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403326

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403326

mercredi 29 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403326
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantKOENEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 avril 2024, M. B A demande au tribunal :

1°) de le faire bénéficier de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé de quitter le territoire français, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire de 30 jours, et a fixé le pays de destination.

Il soutient que l'arrêté attaqué :

- est entaché d'une irrégularité de notification faute de traduction de ses motifs et des voies et délais de recours dans la langue qu'il comprend ;

- est entaché d'une insuffisance de motivation et de défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- a été pris sans lui permettre de s'expliquer ;

- l'expose à cinq ans d'emprisonnement en tant qu'insoumis du service militaire en cas de retour en Turquie ;

- ne tient pas compte des documents qu'il entend produire à l'appui de sa demande de réexamen de demande d'asile ;

- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la Turquie pays ravagé par 20 années de dictature et un tremblement de terre ;

- porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que toute sa famille se trouve en France et bénéficie du statut de réfugiés.

Le préfet des Yvelines qui n'a pas produit de mémoire en défense a communiqué au tribunal des pièces du dossier qui ont été enregistrées au tribunal le 6 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution notamment en son article 2 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mai 2024, en présence de M. Rion, greffier d'audience :

- le rapport de M. D qui en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative a soulevé d'office l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision refusant d'accorder un délai de départ dès lors que le préfet des Yvelines a accordé ce délai ;

- les observations de Me Balikci, avocat représentant M. A, absent, qui soutient que le dossier n'est pas en état ce qui justifiait sa demande de renvoi, que son client n'a pas présenté de demande de titre de séjour et qu'il s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile le 15 mai 2024 par le préfet des Yvelines valable jusqu'au 14 novembre 2024, qu'il travaille depuis treize mois et est hébergé et que, dans ces conditions, la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen sérieux et d'erreur manifestation d'appréciation ;

- en présence de Mme C, interprète en langue turque ;

- le préfet des Yvelines ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant turc né le 15 janvier 2002 à Varto/Mus (Turquie), arrivé en France en 2021, s'est vu notifier l'arrêté du 28 mars 2024 du préfet des Yvelines pris sur le fondement de l'article L.611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Par décision du 28 août 2023, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté son recours contre la décision du 27 décembre 2022 de l'Office de protection des réfugiés et des apatrides rejetant la demande de réexamen de sa demande d'asile. Postérieurement à l'enregistrement de la requête le préfet des Yvelines a délivré à M. A une attestation de demande d'asile en procédure accélérée valable du 15 mai au 14 novembre 2024.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige :

3. Dans sa requête, M. A demande l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de retour volontaire de trente jours prévus par l'article L.612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du préfet des Yvelines du 28 mars 2024 qui fait obligation à M. A de quitter le territoire français et fixe le pays de destination lui accorde un délai de départ de trente jours. Dès lors il n'y a pas lieu de se prononcer sur ses conclusions à fin d'annulation dénuées d'objet.

Sur les moyens communs aux décisions contestées :

4. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, et tout particulièrement les articles L. 611-1 4°, L.424-9 et L.424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A sur lesquelles le préfet s'est fondé pour prendre l'arrêté et notamment les dates de la décision de la Cour nationale du droit d'asile de rejet de son recours contre la décision de rejet de l'OFPRA indiquées au point 1. Il précise qu'il ressort de l'examen de sa situation que M. A a déclaré être célibataire et sans enfant et n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine. Il précise également qu'aucune circonstance ne justifiait l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Dès lors, cet arrêté, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté doit être écarté. Il ne résulte pas des termes de l'arrêté contesté, et alors même qu'il ne rappelle pas tous les éléments de la situation de M. A, que le préfet des Yvelines n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de sa situation.

5. En second lieu, aux termes de l'article 2 de la Constitution : " La langue de la République est le français. " Aucune disposition n'impose au préfet de prévoir qu'un arrêté pris sur le fondement des dispositions citées aux points 7 et 11 du présent jugement soit notifié dans la langue de son destinataire. Le moyen doit être écarté comme manquant en droit.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Si les dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée.

7. Il résulte des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui sont issues de la loi du 16 juin 2011 relative à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité qui a procédé à la transposition, dans l'ordre juridique interne, de la directive du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, que le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

8. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie. En l'espèce, il ne ressort d'aucune pièce du dossier et n'est pas même soutenu que M. A aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de présenter ses observations avant que ne soit pris l'arrêté contesté. Celui-ci soutient dans sa requête qu'il prépare les éléments nécessaires au réexamen de sa demande d'asile. Toutefois il n'établit pas avoir informé le préfet de sa demande de réexamen. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

Sur la légalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile () ". Aux termes de l'article L. 541-1 du même code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 541-2 de ce code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent. ". Enfin, aux termes de l'article L. 541-3 de ce code : " Sans préjudice des dispositions des articles L. 753-1 à L. 753-4 et L. 754-1 à L. 754-8, lorsque l'étranger sollicitant l'enregistrement d'une demande d'asile a fait l'objet, préalablement à la présentation de sa demande, d'une décision d'éloignement prise en application du livre VI, cette dernière ne peut être mise à exécution tant que l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. ".

10. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'arrêté attaqué du 28 mars 2024, M. A a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile et s'est vu à cette occasion délivrer une attestation de demande d'asile valable du 15 mai 2024 au 14 novembre 2024. Si, ainsi que le prévoient les dispositions précitées, M. A bénéficie désormais d'un droit à se maintenir sur le territoire français jusqu'à ce qu'il soit répondu à cette demande, et si durant cette période le préfet des Yvelines ne peut exécuter l'arrêté du 28 mars 2024, la seule circonstance de la délivrance de l'attestation précitée, postérieure à l'arrêté contesté, n'a pas eu pour objet ni effet d'abroger celui-ci, ni de l'entacher d'illégalité. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. En second lieu, aux termes d'une part de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes d'autre part, de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".

12. Ainsi qu'il a été dit au point 8 du présent jugement, M. A soutient que l'arrêté du préfet des Yvelines méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 10 du présent jugement. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du relevé des informations de la base de données " TelemOfpra ", produit par le préfet des Yvelines, que la demande d'asile présentée par M. A a été rejetée par une décision du 27 décembre 2023 du directeur général de l'OFPRA, notifiée le 6 février 2023, et que la décision du 28 août 2023 par laquelle la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours de l'intéressé dirigé à l'encontre de cette décision lui a été notifiée le 9 septembre 2023, ces dates de notification mentionnées dans l'application informatique ci-dessus faisant foi jusqu'à preuve du contraire. Ainsi, le préfet des Yvelines justifie de la notification régulière à l'intéressé de la décision de l'OFPRA, ainsi que de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, dont la date de lecture est antérieure à celle de la décision attaquée du 28 mars 2024. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Yvelines a méconnu les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées que le préfet est en situation de prendre une décision faisant obligation de quitter le territoire français au demandeur d'asile dont la demande a fait l'objet d'une décision de rejet par l'Office français pour la protection des réfugiés et des apatrides et du rejet de son recours contre la décision de l'OFPRA par la Cour nationale du droit d'asile. En l'espèce, ainsi qu'il a été exposé au point 12, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté par sa décision du 28 août 2023 le recours contre la décision de rejet de la demande de M. A par l'OFPRA. Le préfet, qui comme le soutient à bon droit M. A, n'était pas saisi d'une demande de titre de séjour par M. A, n'a pas pu refuser de lui délivrer un tel titre. Dans ces conditions, l'article premier de son arrêté ne peut avoir qu'une valeur recognitive des décisions prises par les organismes compétents. Il revêt un caractère superfétatoire qui n'entache pas d'illégalité le dispositif de l'arrête contesté. Le moyen doit être écarté.

14. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire qui n'a pas pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, lequel est déterminé par une décision distincte.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

16. M. A fait valoir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnait son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que tous les membres de sa famille bénéficient de la qualité de réfugiés en France, qu'il travaille et est dispose d'un hébergement. Toutefois il ne produit aucune justification de l'existence d'un seul membre de cette famille et de la situation administrative de ceux-ci en France, alors qu'il ne conteste pas la motivation de l'arrêté préfectoral qui retient qu'il est célibataire et sans enfant. Pour le surplus, il ne justifie ni d'un travail, ni d'un hébergement. Le moyen ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

Sur la décision fixant le pays de destination :

17. Aux termes d'une part de l'article 3 de la convention précitée : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes d'autre part de l'article L 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " ( ) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

18. M. A soutient craindre de retourner vivre en Turquie, pays dont il a la nationalité, où il serait exposé à une peine d'emprisonnement de cinq années pour insoumission. Toutefois, sa demande d'asile, au cours de l'instruction de laquelle il a pu formuler ses craintes, a été rejetée tant par l'OFPRA que la CNDA. S'il soutient préparer un dossier de demande de réexamen de sa demande d'asile, le requérant n'invoque aucun élément nouveau à l'appui de son moyen, et reprend les mêmes faits que ceux exposés devant les instances en charge de la protection internationale. Pour le surplus, son appréciation sur le régime politique en vigueur en Turquie et sur le tremblement de terre n'est assortie d'aucune précision de nature à permettre au tribunal d'en apprécier les conséquences sur sa situation personnelle en cas de retour dans son pays. Par suite, le moyen tiré, contre la décision fixant le pays de destination, de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peut qu'être écarté.

19. Enfin il résulte de tout ce qui précède que le préfet des Yvelines n'a entaché son arrêté du 28 mars 2024 d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Il s'en suit que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au titre de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus de conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Yvelines

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J-M D

Le greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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