LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403411

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403411

mercredi 29 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403411
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantMANLA AHMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 avril 2024 au tribunal administratif de Strasbourg et transmise par ordonnance du président de ce tribunal du 19 avril 2024 au tribunal administratif de Versailles qui l'a enregistrée le 23 avril 2024, et par un mémoire complémentaire enregistré par le tribunal administratif de Versailles le 25 avril 2024, M. C B, représenté par Me Manla Ahmad, demande au tribunal :

1°) de lui accorder à titre provisoire, l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 avril 2024 par lequel le préfet de la Moselle l'a obligé de quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour, et de faire procéder sans délai à la suppression du signalement dans le système d'information Schengen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 avec renonciation de son avocat à percevoir le montant de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordée de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L.761-1 précité.

Il soutient que :

la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

la décision refusant de lui accorder une délai de départ volontaire

- est illégale car prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale ;

la décision fixant le pays de destination :

- est illégale par voie d'exception ;

- n'est pas motivée conformément aux dispositions des articles L.211-2 et L.211- 5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale par voie d'exception ;

- est insuffisamment motivée ;

- sa durée excessive n'est pas motivée en fait ;

- n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;

- dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, elle est d'une durée excessive et entachée d'une erreur de droit au regard des articles L.612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré au tribunal le 26 avril 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 23 mai 2024, en présence de M. Rion, greffier d'audience :

- le rapport de M. A ;

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée par appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant camerounais né le 28 janvier 1998 à Douala (Cameroun), arrivé en France en novembre 2022, après avoir été porteur d'un titre de séjour délivré par la Belgique valable jusqu'au 31 octobre 2022, s'est vu notifier l'arrêté du 10 avril 2024 du préfet de la Moselle pris sur le fondement de l'article L.611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes d'une part du 1° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ;( ) ". Aux termes d'autre part de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

4. M. B fait valoir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnait son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il est entré en France en novembre 2022 pour rejoindre une tante chez qui il déclare être domicilié à Dourdan (Essonne) et une cousine domiciliée à Montigny-les-Metz (Moselle). Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France après l'expiration de son titre de séjour délivré par la Belgique et qu'il a, en outre, déclaré aux policiers des services de la police aux frontières qui l'ont entendu le 10 avril 2024, être domicilié chez sa tante à Dourdan, être hébergé chez sa cousine à Montigny-les-Metz et travailler depuis le mois d'août 2023 dans une épicerie de Metz sans se voir délivrer de bulletin de paie. Par ses seules allégations, il n'établit pas avoir noué des relations d'un intensité particulière avec cette tante et cette cousine. Dans ces conditions, le préfet de Moselle était fondé à lui faire obligation de quitter le territoire français en application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

5. Dès lors que la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français n'est pas illégale, celui-ci n'est pas fondé à soulever le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de destination :

6. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-3 du même code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 721-4 de ce code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

7. L'arrêté du préfet de la Moselle attribue la nationalité ivoirienne à M. B en précisant qu'il est né à " Douala (Côte d'Ivoire) ". M. C B produit un passeport établi à son nom mentionnant son lieu de naissance à Douala et délivré par la république du Cameroun précisant que sa nationalité est camerounaise. Il s'en suit que M. B est fondé à soulever l'illégalité de la motivation de la décision fixant comme pays de destination le pays dont il a la nationalité dès lors que celui-ci n'a pas la nationalité ivoirienne que lui attribue l'arrêté préfectoral.

8. Il résulte de ce qui précède que la décision du préfet de la Moselle fixant le pays de destination est annulée.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " Aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ( ) ".

10. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

11. En l'espèce, si M. B ne justifie d'aucune circonstance humanitaire qui ferait obstacle à l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée par le préfet de la Moselle, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de sa durée de séjour sur le sol français et des liens qu'il a pu établir avec une tante et une cousine établies en France et, ainsi que le retient le préfet, alors qu'il ne constitue aucune menace pour l'ordre public et n'a jamais fait obstacle à l'exécution d'une décision d'éloignement, la décision du préfet de la Moselle fixant à deux années l'interdiction qui lui est faite de retourner sur le sol français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Il s'en suit que M. B est fondé à en demander l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'injonction et sur les frais du litige :

12. L'annulation des décisions fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pendant la durée de deux années n'implique pas nécessairement que le préfet de la Moselle, ou tout autre préfet compétent, prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, ni qu'il prenne une décision après une nouvelle instruction. Les conclusions à cette fin de M. B sont rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire droit à ses conclusions tendant à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté du préfet de la Moselle du 10 avril 2024 en tant qu'il fixe le pays de destination de M. B et lui fait interdiction de retour sur le territoire français pendant la durée de deux ans est annulé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J-M A

Le greffier,

signé

T. Rion La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions