jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SMADJA LÉA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 24 avril 2024, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Versailles le dossier de la requête de M. A B enregistrée le 17 avril 2024.
Par une requête et mémoire, enregistrés le 24 avril 2024, et le 28 mai 2024, M. B, représenté par Me Smadja, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai pour rejoindre le pays dont il possède la nationalité ou tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'accord Schengen où il est légalement admissible, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a signalé aux fins de non admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de son retour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que son placement en garde à vue était irrégulier ;
- elle est entachée d'erreurs de droit en méconnaissance des dispositions des articles combinés L. 231-1, L. 233-1, L. 234-1 et L. 251-1 1° et 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-6
du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistrés le 30 mai 2024, le préfet des Hauts de Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rivet,
- et les observations de Me Monchalin, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant italien né le 16 décembre 1987 à Rafaela (Argentine), déclare être entré en France en 2018 sous couvert d'un visa " travail- tourisme ". Par un arrêté du 16 avril 2024 dont M. B demande l'annulation, le préfet des Hauts de Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a signalé aux fins de non admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de son retour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 200-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Est citoyen de l'Union européenne toute personne ayant la nationalité d'un État membre. / Les citoyens de l'Union européenne exercent le droit de circuler et de séjourner librement en France qui leur est reconnu par les articles 20 et 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, dans les conditions et limites définies par ce traité et les dispositions prises pour son application. ". L'article L. 233-1 du même code dispose que : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 251-1 de ce code : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / (). / () / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ".
4. Pour décider d'obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet des Hauts de Seine s'est fondé sur la double circonstance que l'intéressé, d'une part, se maintiendrait en situation irrégulière sur le territoire français en raison de l'expiration de son visa et, d'autre part, constituerait une menace à l'ordre public. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B, de nationalité italienne depuis 2018, pouvait légalement séjourner en France sans visa. En outre, il justifie avoir travaillé comme serveur entre le mois d'août 2018 et le mois de septembre 2019 puis comme ingénieur méthode pour la société Metal Spes d'octobre 2019 à mars 2023. A la date de l'arrêté attaqué, l'intéressé était employé comme ingénieur méthode depuis le 6 mars 2023 par la société Prodways Printers située à Montigny Le Bretonneux pour un salaire mensuel moyen de 3 000 euros net. Il ressort également des pièces du dossier que, nonobstant la procédure de divorce engagée entre le requérant et son épouse de nationalité française, aucune plainte pour violence ni psychologique ni physique n'a été déposée contre lui. En tout état de cause, le préfet n'établit pas, ni même n'allègue, que M. B constituerait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société, seule susceptible en application du 2° de l'article L. 251-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de droit d'asile de fonder une décision portant obligation de quitter le territoire à l'encontre d'un ressortissant européen. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à soutenir que la décision du préfet des Hauts de Seine l'obligeant à quitter le territoire français sans délai est entachée de plusieurs erreurs de droit et d'appréciation de sa situation et à demander, pour ce motif, l'annulation de cette décision. Par voie de conséquence de cette annulation, il y a également lieu d'annuler la décision du même jour portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ainsi que son signalement dans le système d'information Schengen.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 avril 2024 pris par le préfet des Hauts de Seine à l'encontre de M. B est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet des Hauts de Seine.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
S. Rivet
Le président,
signé
R. Féral
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au préfet des Hauts de Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026