mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403445 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, M. B A, représenté par la SAS Itra Consulting, société d'avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 23 avril 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande d'admission au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est devenue sans objet.
Par ordonnance du 19 août 2024, la clôture d'instruction a été fixée le 30 septembre 2024 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Doré, président-rapporteur,
- et les observations de Me Younès pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien né le 24 mars 1990, entré en France en 2016 selon ses déclarations, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 23 décembre 2021 et demande l'annulation de la décision implicite de refus qu'il estime avoir été opposée à sa demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait sollicité auprès de l'administration la communication des motifs de la décision implicite attaquée. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait entachée d'un défaut de motivation.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à l'admission exceptionnelle au séjour : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
4. M. A, pour soutenir qu'il remplissait les conditions de l'article L. 435-1 précité fait valoir la durée de son séjour en France, qui serait de 6 ans à la date de la décision attaquée, son insertion professionnelle ainsi qu'une vie privée et familiale " intense et ancienne " en France, ce dont témoigne son mariage. Toutefois, les pièces produites permettent seulement de considérer que M. A se serait marié au Mali en 2014 et il n'est pas même soutenu que son épouse résiderait en France. S'agissant de ses activités professionnelles, M. A produit, tout d'abord, ce qu'il dit être un contrat de travail avec une société à responsabilité limitée " Sweet Barhka " qui indique l'avoir engagé " à compter du 11 septembre 2015 ", alors qu'il indique avec constance dans sa requête être entré en France en 2016. La pièce produite, qui comporte quatre pages, se compose manifestement pour moitié d'extraits des statuts de la société susnommée. La dernière page, portant la date du 12 janvier 2015, ne comporte pas la signature de M. A. Par suite, cette pièce, ainsi que les bulletins de paie qui auraient été établis par cette société en exécution de ce contrat allégué, sont dépourvus de valeur probante et ne permettent pas d'établir l'exercice d'une activité professionnelle durant les années 2015 ou 2016. Si M. A produit également un contrat de travail avec la société par actions simplifiée " BBM ", daté du 3 janvier 2022, cet engagement est, à la date de la décision attaquée très récent. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que M. A n'a pas justifié l'existence de circonstances exceptionnelles à raison desquelles le préfet de l'Essonne aurait dû lui délivrer le titre de séjour sollicité.
5. En troisième et dernier lieu, si M. A estime avoir construit en France une vie privée et familiale " intense et ancienne " il ne précise pas les éléments constitutifs de cette vie en se bornant à produire uniquement un document relatif à son mariage au Mali. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Doré, président,
Mme Fejérdy, première conseillère,
Mme Ghiandoni, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 novembre 2024.
Le Président-rapporteur,
Signé
F. Doré
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
B. FejérdyLe greffier,
Signé
C. Gueldry
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies d'exécution contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026