jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403567 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | CALVO PARDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2024, M. C, représenté par Me Calvo Prado, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, contenues dans l'arrêté du 16 avril 2024, par lesquelles le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que l'arrêté attaqué :
- a été pris au terme d'une procédure irrégulière, faute pour le préfet d'avoir préalablement recueilli l'avis de la commission du titre de séjour ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Le Vaillant, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant pakistanais né le 1er janvier 1981, déclare être entré en France le 3 juin 2011 afin d'y solliciter l'asile. Sa demande de protection internationale, enregistrée le 10 novembre 2011, a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 29 juin 2012. Le recours contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile le 30 janvier 2013. Au début de l'année 2023, M. B a sollicité son admission au séjour à titre exceptionnel. Par un arrêté du 16 avril 2024, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () "
3. Il est constant que le préfet des Yvelines n'a pas, avant de rejeter la demande d'admission au séjour de M. B formée sur le fondement des dispositions citées au point précédent, recueilli l'avis de la commission du titre de séjour. L'autorité préfectorale considère que l'intéressé n'établit pas sa résidence habituelle en France depuis dix ans à la date de l'arrêté litigieux et, plus particulièrement, s'agissant des années 2013 et 2014. Cependant, M. B produit au titre de ces années, outre des relevés de livret A qui, comme l'indique le préfet, ne font apparaître aucun mouvement, des reçus de transfert d'argent vers l'Italie, émis par plusieurs agences situées à Paris et en Seine-Saint-Denis, datés des mois de janvier, février, mars, mai, juin, juillet et octobre 2013 et des mois d'avril, juin, juillet, octobre et décembre 2014. Il produit par ailleurs, outre des éléments relatifs à l'ensemble de ses autres années de présence en France, dont le préfet ne remet pas sérieusement en cause le caractère probant, des éléments de nature à établir sa présence sur le territoire français à la fin de l'année 2012 et au début de l'année 2015. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant justifié, à la date de l'arrêté litigieux, d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans. Il appartenait par conséquent au préfet des Yvelines, avant de rejeter sa demande d'admission au séjour à titre exceptionnel formée sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de recueillir l'avis de la commission du titre de séjour compétente. Le défaut de saisine de cette commission a privé le requérant d'une garantie et a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision attaquée. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision, contenue dans l'arrêté du 16 avril 2024, par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, de la décision, dans le même arrêté, portant obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. D'une part, l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, eu égard aux motifs qui la fondent, implique seulement que le préfet territorialement compétent réexamine la situation de M. B, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois à compter de la notification du présent jugement. D'autre part, l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français implique seulement que le préfet territorialement compétent munisse M. B d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été à nouveau statué sur son cas. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions, contenues dans l'arrêté du 16 avril 2024, par lesquelles le préfet des Yvelines a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été à nouveau statué sur son cas.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Frédéric Lutz, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
A. Le Vaillant
Le président,
Signé
O. MaunyLa greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026