vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ARVIS |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2006991 du 16 décembre 2022, le Tribunal a notamment enjoint à l'Etat (rectrice de l'académie de Versailles) de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme B A dans un délai de deux mois à compter de sa notification.
Par un courrier enregistré le 28 juin 2023, Mme A, représentée par Me Arvis, a saisi le Tribunal, en application des dispositions de l'article L. 911-4 et des articles R. 921-1-1 et suivants du code de justice administrative, d'une demande tendant à obtenir l'exécution de cette décision.
Par une ordonnance en date du 29 avril 2024, la présidente du Tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 2006991 du 16 décembre 2022.
Par un mémoire, enregistré le 26 juin 2024, Mme A, représentée par Me Arvis, demande au Tribunal :
1°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie entre le 22 juin 2016 et le 28 février 2020 dans un délai d'un mois, à compter de la notification du jugement, et sous astreinte de 150 euros par jour de retard,
2°) de lui enjoindre de rembourser les frais des soins nécessités par sa maladie reconnue imputable au service depuis le 22 juin 2016, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement,
3°) de lui enjoindre de verser les parts de plein-traitement non perçues depuis le 22 juin 2016 dans un délai d'un mois, à compter de la notification du jugement, avec intérêts moratoires, et sous astreinte de 150 euros par jour de retard,
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le jugement du 16 décembre 2022 impliquait que la rectrice de l'académie de Versailles reconnaisse l'imputabilité au service de son état de santé à compter du 22 juin 2016 et qu'il n'est donc pas pleinement exécuté dans la mesure où l'administration s'est bornée à reconnaitre une telle imputabilité à compter uniquement du 28 février 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ribeiro-Mengoli,
- les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arvis, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Par jugement n° 2006991 du 16 décembre 2022, le Tribunal a, d'une part, annulé la décision implicite de rejet née du silence gardé par la rectrice de l'académie de Versailles sur la demande de Mme A tendant à la reconnaissance d'imputabilité au service de sa pathologie à compter du 22 juin 2016 et, d'autre part, à l'article 2 du jugement, enjoint à la rectrice de l'académie de Versailles de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A dans un délai de deux mois à compter de sa notification.
Sur la demande d'exécution :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif () qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle ". Et aux termes de l'article L. 911-1 de ce code: " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
3. En l'absence de définition, par le jugement ou l'arrêt dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'impliquent nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites, ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.
4. A la suite de la saisine par la requérante du Tribunal en raison des difficultés qu'elle rencontrait dans l'exécution du jugement n° 2006991 du 16 décembre 2022, le Tribunal a été informé par Mme A que l'administration n'avait reconnu l'imputabilité de sa pathologie au service qu'à compter du 28 février 2020 et que la prise en charge des soins y afférents n'avait été acceptée qu'à compter de cette date, ce qui n'est pas contesté en défense, l'Etat n'ayant produit aucune observation dans le cadre de la présente instance.
5. Ainsi que le fait valoir Mme A, le jugement dont il est demandé l'exécution implique nécessairement que l'administration prenne un arrêté reconnaissant l'imputabilité au service de sa pathologie à l'origine des arrêts de travail dont elle a été l'objet, à compter du 22 juin 2016, date à laquelle sa maladie a été diagnostiquée.
6. Il implique également que l'administration, ainsi que le demande la requérante, verse à l'intéressée la différence entre la rémunération à demi-traitement qu'elle a perçue sur la période du 22 juin 2016 au 28 février 2020, et celle qu'elle aurait dû percevoir à plein traitement sur cette même période. L'administration devra en outre rembourser à Mme A les frais médicaux liés aux soins générés par la maladie reconnue imputable au service sur cette même période et, s'ils n'ont pas déjà été payés à Mme A, ceux engagés depuis le 28 février 2020. Enfin, en application des dispositions des articles 1231-7 du code civil et L. 313-3 du code monétaire et financier, ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 16 février 2023, date à laquelle le délai de deux mois imparti par le jugement n° 2006991 du 16 décembre 2022 pour son exécution était écoulé, majoré de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de cette même date.
Sur l'astreinte :
7. Dans ces circonstances particulières, l'administration devra justifier de l'exécution complète du présent jugement dans le délai de deux mois à compter de sa notification. A défaut, une astreinte de 100 euros par jour de retard sera mise à sa charge, jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu entière exécution.
Sur les frais de l'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à l'Etat (rectrice de l'académie de Versailles) de prendre un arrêté reconnaissant l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A à l'origine des arrêts de travail dont elle a été l'objet, à compter du 22 juin 2016, de lui verser la différence entre la rémunération à demi-traitement qu'elle a perçue sur la période du 22 juin 2016 au 28 février 2020 et celle qu'elle aurait dû percevoir à plein traitement sur cette même période et de lui rembourser les frais médicaux liés aux soins générés par sa maladie reconnue imputable au service sur cette même période et, s'ils n'ont pas déjà été payés à Mme A, ceux engagés depuis le 28 février 2020.
Article 2 : Ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 16 février 2023, majoré de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de cette date.
Article 3 : Une astreinte de 100 euros par jour de retard sera prononcée à l'encontre de l'Etat, s'il ne justifie pas avoir entièrement exécuté le présent jugement dans un délai de deux mois à compter de sa notification.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 800 euros à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la ministre de l'éducation nationale et à la rectrice de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
signé
N. Ribeiro-Mengoli
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau
signé
B. Maitre La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026