jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403695 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SAIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Saidi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", présentée le 28 décembre 2023 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour temporaire, immédiatement à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit sur le fondement des articles L. 423-15, L. 423-21 ou L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation professionnelle et familiale.
Par une ordonnance du 23 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 novembre 2024.
Un mémoire en défense, présenté pour la préfète de l'Essonne, a été enregistré le 20 novembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, non communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Corthier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, née le 20 mai 2005, de nationalité russe, est entrée en France le 22 juillet 2013 avec sa mère, sous couvert d'un visa de type D, mention " vie privée et familiale ". Un document de circulation pour étranger mineur valable jusqu'au 19 mai 2024 lui a été délivré le 12 juin 2019. Le 28 décembre 2023, elle a déposé une demande de carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", restée sans réponse. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire (), l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Pour l'application du premier alinéa, la filiation s'entend de la filiation légalement établie, (). ".
3. Il ressort des pièces du dossier que depuis son entrée régulière, alors âgée de huit ans, sur le territoire national, Mme B réside régulièrement en France avec sa mère, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en juillet 2026 et son beau-père de nationalité française avec lequel sa mère est mariée depuis 2013. Elle justifie d'une scolarité dans l'enseignement secondaire en France depuis l'âge de onze ans, de 2016 à 2023, de l'obtention du diplôme national du brevet en 2020 et du baccalauréat général en 2023, de son admission en première année de BTS tourisme à l'institut supérieur Clorivière Paris 12 en 2023 puis en première année de BTS tourisme à l'école internationale Tunon de Nice en 2024 se déroulant en alternance ainsi que de la réservation d'un logement étudiant à Nice pour poursuivre ses études, et de ses démarches pour trouver un contrat en alternance dans le cadre de sa nouvelle formation. Elle établit dès lors avoir résidé habituellement en France avec sa mère depuis qu'elle a atteint au plus l'âge de treize ans. Enfin, elle a présenté une demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire dans l'année de ses dix-huit-ans. Par suite, la décision attaquée portant refus de séjour par la préfète de l'Essonne méconnait l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté la demande de titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " présentée par la requérante doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu, que la préfète de l'Essonne délivre à Mme B le titre de séjour temporaire sollicité, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte. Si la requérante sollicite en outre qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de la munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'ordonnance du juge des référés du tribunal n°2406283 du 13 août 2024, la préfète de l'Essonne lui a délivré le 27 août 2024 un récépissé de demande de titre de séjour autorisant Mme B à travailler.
Sur les frais de l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté la demande de titre de séjour temporaire présentée le 28 décembre 2023 par Mme B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à Mme B un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 000 euros (mille) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
signé
Z. Corthier
La présidente,
signé
J. Lellouch La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026