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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403705

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403705

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403705
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantDURANT-GIZZI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mai 2024 à 9 heures au tribunal administratif de Versailles, M. C D B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'ordonner à cette autorité de procéder à un nouvel examen de sa situation et de le mettre en possession d'une autorisation de séjour l'autorisant à travailler.

Il soutient que :

- il souhaite régulariser sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. D B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2024 :

- le rapport de Mme E,

- les observations de Me Durant-Gizzi, avocate désignée d'office, représentant M. D B, non présent, en présence de Mme A, interprète, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et fait valoir en outre que la préfète a porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il s'est marié religieusement à une ressortissante française en 2022, qu'il a épousée civilement en décembre 2023,

-la préfète n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant algérien né le 4 juin 1982 à Constantine, a déclaré lors de son audition en garde à vue réalisée le 25 avril 2024 habiter en Belgique et résider de manière épisodique en France où il est entré sans être en possession des documents exigés par l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ultérieurement entamer de démarches en vue de la régularisation de sa situation. Il a été interpellé le 25 avril 2024 par les services de gendarmerie de Limours pour violences habituelles n'ayant pas entraîné d'incapacité supérieure à huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Par une décision du 25 avril 2024, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale à la sûreté publique, au bienêtre économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que si M. D B, entré en France à une date non exactement établie, fait état du mariage civil contracté au mois de décembre 2023 avec une ressortissante française épousée religieusement à Marseille en 2022, il ne justifie pas de la réalité de la vie commune avec son épouse tandis qu'il a été interpellé le 25 avril 2024 par les services de gendarmerie de Limours pour violences habituelles n'ayant pas entraîné d'incapacité supérieure à huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Par ailleurs, il ne se prévaut d'aucune insertion sociale stable sur le territoire français, ayant déclaré lors de son audition faire des allers-retours entre la France et la Belgique. Dans ces conditions, alors que le requérant n'établit ni même ne présente aucune intégration particulière au sein de la société française, il n'apparaît pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnaîtrait l'article 6 alinéa 1 et 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D B et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. E Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2403705 N°

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