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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403766

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403766

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403766
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantZOUBKOVA-ALLIEIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mai 2024, M. C, représenté par Me Zoubkova-Allieis, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé de quitter le territoire français sans délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de procéder au réexamen de sa situation en vue de lui délivrer une carte de résident européen dans le délai de trente jours à compter de la date du jugement à intervenir. ;

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est signé par un auteur incompétent ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegardes des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par ordonnance du 30 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2024.

La préfète de l'Essonne a produit des observations enregistrées le 9 septembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'ont pas été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Perez a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant roumain né le 12 mai 1967, a été interpellé le 2 mai 2024 pour des faits de violences volontaires aggravées par conjoint en état d'ivresse. Par un arrêté du 3 mai 2024, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'un an à son encontre.

2. En premier lieu, par arrêté du 4 mars 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Essonne, la préfète de ce département a donné délégation à Mme D, cheffe du bureau de l'acquisition de la nationalité française et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de l'État dans le département dans la limite des attributions relevant de son bureau. Par suite, le moyen tiré de ce que ces dernières ont été prises par une autorité incompétente manque en fait.

3. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. C réside à Montgeron, dans un appartement qu'il occupe avec Mme A C, et qu'il a conclu un contrat à durée indéterminée en tant qu'ouvrier qualifié avec la société " G et M E " en février 2024. Toutefois, si M. C soutient qu'il a en France le centre de sa vie privée et familiale dès lors qu'il y réside avec sa compagne et son fils, il ne produit aucune pièce justifiant la nationalité et l'état civil de sa conjointe et de son fils et se borne à produire une facture EDF du 29 mars 2024, relative à son logement à Montgeron, sur laquelle figure son nom et celui de Mme A C, pièce insuffisante pour justifier d'une vie commune et d'une domiciliation stable. De plus, si M. C soutient qu'il est parfaitement inséré au niveau professionnel et qu'il exerce dans le secteur en tension de la plomberie au sein duquel il est reconnu, il se borne à produire un contrat de travail récent datant du mois de février 2024 et une seule fiche de paie datant de ce même mois. Enfin, si M. C conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés dès lors qu'il soutient que son interpellation par les services de police, suite à l'appel téléphonique de son épouse, pour violences volontaires aggravées par conjoint en état d'ivresse relève en réalité d'une dispute entre conjoints, il ressort des termes de la décision attaquée et n'est pas contesté qu'il a fait l'objet de signalements le 16 décembre 2021 pour conduite d'un véhicule sans permis et circulation sans assurance, le 4 juin 2021 pour conduite d'un véhicule sans permis sous l'emprise d'un état alcoolique avec une concentration d'alcool par litre d'au moins 0,80 grammes (sang) et le 30 octobre 2022 pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance. Dans ces conditions, la préfète de l'Essonne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en prononçant à l'encontre du requérant l'arrêté attaqué. Pour les mêmes motifs, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que celles présentées à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Féral, présidente,

M. Perez, premier conseiller,

M. Bélot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

signé

J-L Perez

Le président,

signé

R. FéralLa greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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