jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403775 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | KARASU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 mai et 2 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Karasu, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 février 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la date du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les décisions de refus de délivrance d'un titre de séjour et d'éloignement sont entachées d'un défaut de motivation et d'examen particulier, ainsi que d'une erreur de fait ;
- la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le préfet n'a pas saisi préalablement pour avis la commission du titre de séjour ;
- la préfète a considéré à tort qu'il avait sollicité le renouvellement de son titre de séjour mention " salarié " alors qu'il a présenté une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
- la décision méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont illégales en raison de l'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour qui les fonde et dont il entend se prévaloir par la voie de l'exception.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. A sont infondés.
Vu :
- l'ordonnance n° 2403776 du juge des référés du tribunal administratif de Versailles du 6 mai 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- et les observations de Me Karasu, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc né le 12 mars 1993, entré en France le 4 juin 2013, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 29 février 2024, la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. L'intéressé demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercée contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté () ".
3. Par une ordonnance n° 2403776 du 6 mai 2024, le juge des référés du tribunal de céans a rejeté les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté de la préfète de l'Essonne du 29 février 2024 en tant qu'il porte refus de renouvellement de son titre de séjour au motif qu'aucun des moyens présentés n'était propre à faire naître, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de ce refus. M. A et son conseil ont été informés, en application des dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, dans le courrier de notification du 6 mai 2024 de l'ordonnance de référé, que le requérant devait confirmer expressément, dans le délai d'un mois, le maintien de sa requête au fond, et qu'à défaut de confirmation, il serait réputé s'être désisté d'office. Aucune confirmation n'étant parvenue à la juridiction dans le délai imparti, M. A est réputé s'être désisté des conclusions tendant à l'annulation du refus de renouvellement de son titre de séjour qui lui a été opposé le 29 février 2024. Il y a lieu de donner acte de ce désistement d'office. Le juge des référés ne s'étant pas prononcé sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi, le tribunal reste saisi au fond des conclusions tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi :
4. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. M. A, qui a séjourné régulièrement en France sous couvert de titres de séjour portant la mention " salarié " de 2016 à 2022, justifie d'une présence en France depuis l'année 2013, ainsi que d'une communauté de vie avec sa compagne et leurs deux enfants de nationalité française, nés les 18 mars 2022 et 24 avril 2024, au moins depuis la naissance de leur premier enfant. Il justifie en outre d'une activité professionnelle depuis plusieurs années et en dernier lieu dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée signé le 20 juin 2023, pour un emploi de maçon à temps complet. Dans ces conditions, compte tenu de l'ancienneté et des conditions du séjour en France de l'intéressé, de son insertion professionnelle et des attaches familiales qu'il a en France, et alors même que ses parents et son frère résident dans son pays d'origine et qu'il a fait l'objet d'un signalement le 23 juillet 2022 pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, il est fondé à soutenir que la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour méconnait les stipulations de l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi seraient illégales en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour, qui en constitue le fondement, doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. La décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence..
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
8. L'exécution du présent jugement implique seulement que la préfète réexamine la situation de M. A. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne d'y procéder dans le délai de trois mois et de lui délivrer, en application des dispositions précitées, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant la durée de ce réexamen.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'office de M. A de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour en date du 29 février 2024.
Article 2 : Les décisions de la préfète de l'Essonne du 29 février 2024 portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la situation de M. A dans le délai de trois mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant la durée de ce réexamen.
Article 4 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
J. Lellouch
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026