vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403909 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MULAND DE LIK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 mai 2024 et le 22 mai 2024, M. D C, représenté par Me Muland de Lik, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la préfète n'a pas examiné sa situation sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du même code compte tenu de son intégration professionnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de sa situation personnelle dès lors qu'il est père d'un enfant né en France dont il contribue à l'entretien et à l'éducation et qu'il a fixé le centre de ses intérêts en France ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision d'éloignement méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observations en défense avant la clôture de l'instruction.
Par ordonnance du 27 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juillet 2024.
Un mémoire a été présenté par la préfète de l'Essonne le 4 octobre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
Des pièces ont été présentées pour M. B C le 4 octobre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction et n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Maitre, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant congolais, né en 1986 a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 avril 2024, la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite. M. B C demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment son article L. 435-1, fondement de la demande de titre de séjour présenté par M. B C. Il indique les motifs pour lesquels la préfète de l'Essonne a considéré que l'intéressé ne présentait pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour et précise par ailleurs la situation personnelle et familiale de l'intéressé. L'arrêté attaqué contient ainsi les circonstances de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour prendre la décision de refus de séjour en litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il est constant que M. B C n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il ne peut utilement soutenir que la préfète de l'Essonne aurait commis une erreur de droit en n'examinant pas sa situation sur le fondement de cet article.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. "
5. D'une part, si M. B C soutient être présent sur le territoire français depuis 2017, il n'apporte aucun élément de nature à établir sa présence continue sur le territoire français, alors que la préfète de l'Essonne a notamment relevé que l'intéressé ne produisait pas de documents suffisamment probants de nature à établir sa présence ininterrompue en 2020 et 2021. D'autre part, alors que la préfète de l'Essonne a relevé qu'il n'a produit à l'appui de sa demande que sept bulletins de salaire corroborés par un relevé de carrière, relevé de compte ou avis d'impôt, au titre de l'année 2019, deux au titre de l'année 2020, aucun au titre de l'année 2021 et un seul au titre de l'année 2022, le requérant ne remet pas sérieusement en cause ces constatations démontrant une faible insertion professionnelle de l'intéressé, en se bornant à produire un contrat de travail daté du 1er septembre 2020, une attestation datée du 9 septembre 2022 mais non signée d'une société déclarant l'avoir employé entre le 1er juin 2018 et le 31 janvier 2021 sous couvert d'une fausse identité, une attestation signée de la même société datée du 25 septembre 2023 déclarant qu'il est employé à temps plein comme agent de propreté depuis le 12 décembre 2022 et un contrat conclut avec une autre société le 1er mars 2023 pour une prestation d'entretien à hauteur de 8h40 par semaine. Enfin, si M. B C se prévaut de la présence d'un de ses enfants né en France en 2020, il ne conteste pas sérieusement ne pas contribuer à son entretien et à son éducation en se bornant à produire trois mandats attestant du versement à la mère de l'enfant d'une somme totale de 240 euros entre décembre 2019 et janvier 2022, et la preuve de l'ouverture d'un livret A au nom de son fils le 2 mars 2024. En tout état de cause, il ne produit aucune pièce de nature à établir qu'il entretiendrait des liens particuliers avec cet enfant résidant dans le département du Maine-et-Loire alors que lui-même réside dans le département de l'Essonne. Eu égard à la situation personnelle et professionnelle de l'intéressé, c'est sans commettre d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la préfète de l'Essonne a pu considérer que M. B C ne présentait pas de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour.
6. En quatrième lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B C entretiendrait des liens particuliers avec son fils né en France. D'autre part, il ne conteste pas avoir conservé de nombreuses attaches dans son pays d'origine, notamment trois enfants mineurs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision d'éloignement méconnaitrait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit également être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
B. Maitre
La présidente,
signé
N. Ribeiro-Mengoli
La greffière,
signé
I. de Dutto
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026