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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403985

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403985

mercredi 22 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403985
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantBENMAYOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, M. A E C, alors retenu au centre de rétention administratif de Palaiseau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 mai 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer sa situation et de lui délivrer une attestation provisoire de séjour, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 421-1, L. 421-4 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant fixation du pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé le 21 mai 2024 des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Delage pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mai 2024 qui s'est tenue en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière :

- le rapport de M. Delage ;

- les observations de Me Benmayor, représentant M. C, présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre que le préfet ne peut légalement lui opposer son absence de visa puisque cela n'est pas obligatoire pour les ressortissants de l'Île Maurice, qu'il n'a fait l'objet que d'un signalement de trouble à l'ordre public et qu'il entretient des contacts avec sa fille et lui apporte son aide mais ne peut prouver participer à son éducation et son entretien car la mère de celle-ci s'y oppose ;

- les observations de Me Afdi, représentant le préfet des Yvelines.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant mauricien né le 24 novembre 1973, est entré sur le territoire français en 2019, selon ses déclarations. Le 13 mai 2024, il a fait l'objet d'un contrôle d'identité par les services de police. Par un arrêté du 13 mai 2024, le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

En ce qui concerne les moyens communs à toutes les décisions :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 78-202310-11-00009 du 12 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 78-2023-312 de la préfecture des Yvelines le même jour, le préfet des Yvelines a donné délégation à M. D B, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, dont relèvent les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En second lieu, l'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation du requérant, notamment son identité, les conditions de son entrée et de son maintien sur le territoire français. En outre, l'arrêté précise qu'il existe un risque qu'il se soustrait à l'exécution de la mesure d'éloignement et que son comportement représente une menace pour l'ordre public. Enfin, il fait état de sa situation privée et familiale et du fait qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation des décisions contenues dans l'arrêté attaqué serait insuffisante. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :

4. Aux termes des stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".

5. Si M. C soutient que le centre de ses intérêts privés et familiaux se situe sur le territoire français, il ressort au contraire de ses propres déclarations que s'il est arrivé en France avec son épouse et leur fille, ils ont divorcé après une ou plusieurs disputes brutales au cours de l'année 2020 et sa fille réside actuellement chez sa mère. S'il se prévaut lors de l'audience publique, à propos de cette dernière, qu'il entretient avec elle des liens, l'aide et participe à son éducation et son entretien, ces allégations ne sont pas suffisamment étayées et ce, quand bien même son ex-conjointe ferait preuve de réticence pour en fournir des preuves. Par ailleurs, s'il se prévaut d'une insertion professionnelle, constituée par une période de travail déclaré en qualité d'électricien et une seconde, non déclarée, en qualité de jardinier, aucune des pièces du dossier ne permet de la tenir pour acquise. La seule production d'une promesse d'embauche pour un emploi " d'homme de ménage ", postérieure à l'arrêté attaqué, ne peut suffire à caractériser une telle insertion. Enfin, il reconnaît avoir commis des faits de violence contre son ex-conjointe dans le cadre d'une dispute conjugale, pour lesquels il a été condamné notamment à une interdiction judiciaire de territoire pendant deux ans. Dans ces conditions, et alors même qu'il prouve avoir un frère en situation régulière sur le territoire mais ne justifie ni même n'allègue que sa présence soit indispensable à ses côtés, le préfet des Yvelines, en prenant les décisions attaquées, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

7. Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été entendu par les services de la gendarmerie nationale lors d'une audition le 13 mai 2024, soit avant que n'intervienne l'arrêté litigieux, durant laquelle il a été questionné sur sa situation personnelle et administrative sur le territoire français et sur la possibilité de retourner dans son pays d'origine. Il a eu la possibilité lors de cette audition de présenter toute observation utile. Par ailleurs, il ne se prévaut, à l'appui de sa requête, d'aucun élément pertinent qui aurait pu influer sur le contenu de la décision prise. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.

9. En deuxième lieu, si M. C soutient que le préfet des Yvelines a estimé à tort qu'il s'oppose à une quelconque intégration professionnelle alors qu'il a travaillé de manière déclarée en tant qu'électricien puis de manière non déclarée en qualité de jardinier et que son patron est prêt à lui fournir une promesse d'embauche, ces allégations ne sont pas suffisamment étayées. En effet, s'il produit une attestation, dont il allègue qu'elle a été rédigée par son employeur, mentionnant de manière générale et non circonstanciée le lien professionnel qui les unirait, celle-ci n'est pas de nature à tenir pour acquise son insertion sociale. Il s'ensuit que M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Yvelines a entaché sa décision d'une erreur de fait. Par suite, le moyen doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

11. D'une part, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Tel n'est pas le cas de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laissent à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Le législateur n'a ainsi pas entendu imposer à l'administration d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article ni, le cas échéant, de consulter d'office la commission du titre de séjour quand l'intéressé est susceptible de justifier d'une présence habituelle en France depuis plus de dix ans. Il en résulte qu'un étranger ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 à l'encontre d'une obligation de quitter le territoire français alors qu'il n'avait pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de cet article et que l'autorité compétente n'a pas procédé à un examen d'un éventuel droit au séjour à ce titre. Il s'ensuit que M. C ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. D'autre part, si M. C soutient que les dispositions de l'article L. 421-1 du code précité ont été méconnues, il ne ressort pas des pièces du dossier que son employeur ait déposé pour son compte une demande d'autorisation de travail ni même qu'il aurait conclu avec lui un contrat à durée indéterminée. Il s'ensuit qu'en tout état de cause M. C n'est pas fondé à soutenir que les dispositions précitées ont été méconnues par le préfet des Yvelines. Par suite, le moyen doit être écarté.

13. En quatrième lieu, si M. C soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, il résulte de ce qui a été exposé au point 5 que le préfet, en prenant la décision attaquée, n'a pas commis une telle erreur. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulée par le présent jugement, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de la décision litigieuse doit être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ".

16. Si M. C soutient que les dispositions précitées ont été méconnues, il ne conteste pas le motif retenu par le préfet des Yvelines pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à savoir que l'intéressé est entré irrégulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour. En effet, s'il se prévaut tant dans ses écritures que lors de l'audience publique qu'il présente des garanties de représentation, le préfet ne s'est pas fondé sur l'absence de telles garanties pour prendre la décision attaquée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :

17. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulée par le présent jugement, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de la décision litigieuse doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans :

18. En premier lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire n'étant pas annulées par le présent jugement, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de la décision litigieuse doit être écarté.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

20. Il ressort des pièces du dossier que M. C, entré en France en 2019 selon ses déclarations, est à la date de la décision attaquée célibataire et sans charge de famille, alors que son insertion professionnelle est insuffisamment établie. Il ne dispose donc pas, en l'état du dossier, d'une vie privée et familiale caractérisée sur le territoire français. Par ailleurs, il n'allègue pas qu'il aurait exécuté la précédente mesure d'éloignement prise à son encontre par le préfet de Seine-et-Marne le 15 janvier 2020 et il reconnaît avoir commis des faits de violence contre son ex-conjointe dans le cadre d'une dispute conjugale, pour lesquels il a été condamné notamment à une interdiction judiciaire de territoire pendant deux ans. Il s'ensuit qu'en fixant à cinq ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet des Yvelines n'a pas commis d'erreur d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 13 mai 2024 du préfet des Yvelines doit être annulé. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E C et au préfet des Yvelines.

Lu en audience publique le 22 mai 2024.

Le magistrat désigné,

signé

Ph. Delage La greffière,

signé

L. Ben Hadj Messaoud

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2403985

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