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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2403987

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2403987

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2403987
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantWALLOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024, M. C B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 mai 2024 par lequel le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Il doit être regardé comme soulevant que l'arrêté en litige est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé le 31 mai 2024, des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Marc pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juin 2024 qui s'est tenue en présence de M. Ileboudo, greffier :

- le rapport de Mme Marc ;

- les observations de Me Wallois, avocate désignée d'office, représentant M. B, absent, en présence de Mme A, interprète, qui conclut aux mêmes fins que sa requête ;

- le préfet des Yvelines n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant algérien, né le 21 décembre 1991, est entré sur le territoire français en 2021, selon ses déclarations lors de son audition avec les services de police le 6 mai 2024. Par un arrêté du 6 mai 2024, le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français depuis son entrée en France en 2021, et qu'il ne peut justifier d'aucune démarche de nature à établir qu'il aurait cherché à régulariser sa situation. En outre, il ressort des pièces du dossier que son comportement a fait l'objet d'un placement en garde à vue par les services de police le 6 mai 2024 pour filouterie de taxi à Versailles. Par ailleurs, il est célibataire et sans charge de famille sur le territoire, alors qu'il affirme avoir de telles attaches dans son pays d'origine, à savoir la présence de ses parents et ses frères et sœurs. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait tissé, en France, des liens amicaux ou professionnels d'une particulière intensité ni qu'il serait intégré à la société française. Si M. B soutient avoir une activité professionnelle stable et avoir quatorze bulletins de salaire, il n'en apporte pas la preuve au dossier. En outre, M. B a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, sans délai, le 15 juillet 2022 par les services de la préfecture des Yvelines, dont il s'est soustrait à l'exécution. Enfin, il a déclaré lors de son audition avec les services de police le 6 mai 2024 ne pas vouloir retourner dans son pays d'origine. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, l'arrêté litigieux ne peut être regardé comme étant entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.

3. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 6 mai 2024 du préfet des Yvelines est illégal. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des Yvelines.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

E. Marc Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2403987

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