LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2404139

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2404139

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2404139
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 17 mai 2024 au tribunal administratif de Versailles, M. E G D représenté par Me Mileo, demande au tribunal :

1°) d'ordonner au préfet de Police de communiquer l'ensemble des pièces du dossier le concernant ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2024 par lequel le préfet de Police l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à un réexamen de sa situation administrative dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il appartient au préfet de justifier de la compétence du signataire de l'acte ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et cette insuffisance révèle un défaut d'examen complet et circonstancié de sa situation personnelle en ce que, notamment, sa durée de séjour en France et les trois ans de vie commune avec Mme A, ressortissante camerounaise titulaire d'une carte de résident, ne sont pas mentionnées ; en outre, une erreur de fait a été commise quant à la possession d'un document de voyage en cours de validité ; les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France imposent désormais une motivation renforcée ;

-il entretient une vie amoureuse avec Mme A depuis 2010 et justifie de trois ans de vie commune, ayant conclu un pacte civil de solidarité le 9 juin 2023 ; il cherche à fonder une famille depuis de nombreuses années en dépit des problèmes d'infertilité qu'il rencontre ; il est en conséquence venu en France pour rejoindre sa compagne et continuer le processus de procréation médicalement assistée entamé au sein de l'hôpital Lariboisière depuis 2020 ; sa partenaire, qui est la mère de deux filles de nationalité française, exerce une activité professionnelle en France depuis de longues années et bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps plein depuis le 22 mai 2023 ; ainsi, un défaut d'examen complet de sa situation ressort de la décision attaquée ;

- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale consacré par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce que la vie familiale ne pourrait se reconstituer au Cameroun sans anéantir le projet familial commun ;

-la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie d'exception, insuffisamment motivée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2024, le préfet de Police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme F pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2024 :

- le rapport de Mme F,

- les observations de Me Moller, substituant Me Mileo, représentant M. D, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,

-les observations de M. D,

-le préfet n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant camerounais né le 1er juillet 1985 à Douala, est entré sur le territoire français au cours de l'année 2020, selon ses déclarations, de manière irrégulière et s'y est maintenu sans être en possession d'un titre de séjour ni avoir engagé de démarches en vue de la régularisation de sa situation. Par une décision du 5 mai 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de Police l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office.

Sur la production de l'entier dossier :

2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise () ". En l'espèce, le préfet de Police a produit des pièces relatives à la situation administrative de M. D, l'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier du requérant détenu par l'administration.

Sur les conclusions de la requête :

3. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-01598 du 28 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de Police a donné délégation à Mme B C, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'elle a signé l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, énonce notamment que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le sol français et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixer le pays de destination. Ainsi, sa rédaction met l'intéressé à même de présenter utilement ses observations. Contrairement à ce que soutient M. D, le préfet n'était pas tenu de mentionner de manière exhaustive tous les éléments relatifs à la situation personnelle dont l'intéressé, qui n'a jamais engagé de démarches en vue de la régularisation de sa situation, entend se prévaloir au soutien de sa requête. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation de la décision attaquée serait insuffisante, la circonstance qu'il est en mesure de produire un passeport en cours de validité dont il n'était pas porteur lors de son interpellation demeurant à cet égard sans influence sur le caractère suffisant de cette motivation. En outre, il ne ressort pas des termes de cet arrêté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. D qui a déclaré lors de son audition réalisée le 4 mai 2024 être venu en France pour le travail et voir sa famille, et faire des ménages sans être déclaré.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; ()

6. En l'espèce, M. D n'a pas établi être entré régulièrement en France et ne justifie pas être titulaire d'un titre de séjour. Ainsi il entre dans le cas visé au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile autorisant le préfet à l'obliger à quitter le territoire français.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. En l'espèce, si le requérant se prévaut de la durée de sa présence en France où il est entré en 2020 à l'âge de 35 ans et de la vie commune qu'il entretient avec une ressortissante camerounaise titulaire d'une carte de résident avec laquelle il a entamé une démarche de procréation médicalement assistée, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il n'est engagé par un pacte civil de solidarité que depuis le 9 juin 2023 et que les documents faisant état d'une adresse commune avec Mme A ne se rapportent pas à une période antérieure à l'année 2023, les avis d'imposition établis au nom de l'intéressé et relatifs aux années 2021 et 2022 faisant état d'une adresse autre. Par ailleurs, il n'établit pas, par l'attestation à caractère général rédigée le 26 juin 2024 par un praticien de l'hôpital Lariboisière selon laquelle lui-même et sa partenaire suivent depuis 2020 un traitement de procréation médicalement assistée dans cet établissement, la nature des traitements effectivement reçus, les suites qui y ont été données et les chances de succès compte tenu de l'âge de Madame, née en 1977. Le requérant ne démontre pas davantage que les traitements nécessaires à son infertilité ne seraient pas disponibles dans son pays d'origine qui est également celui de sa partenaire. Par ailleurs, il ne verse au dossier aucun document de nature à justifier d'une insertion sociale et professionnelle significative depuis son entrée sur le territoire en 2020. Dans ces conditions, la décision du préfet de Police n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. Il suit de là que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du préfet de Police lui faisant obligation de quitter le territoire et, par voie de conséquence, de sa décision fixant le pays de destination dont il se prévaut de l'illégalité par voie d'exception.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E G D et au préfet de Police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. F Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au préfet de Police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2404139 N°

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions