lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2404258 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SILVA MACHADO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2024 au tribunal administratif de Versailles, Mme B C D, représentée par Me Silva Machado, demande au tribunal :
1°) d'ordonner la communication de son entier dossier administratif ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an en l'informant qu'elle fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dès la notification du jugement à intervenir, et de procéder à un réexamen de sa situation administrative dans un délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la décision attaquée est signée d'une autorité dépourvue de compétence ;
-la décision portant obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée et cette insuffisance révèle un défaut d'examen complet et circonstancié de sa situation personnelle alors qu'elle réside paisiblement sur le sol français depuis 2019, y a tissé des liens amicaux et professionnels et a toujours travaillé pour subvenir à ses besoins ;
- en l'absence de production de son procès-verbal d'audition, il n'est pas établi qu'elle aurait été informée de l'éventualité d'une mesure d'éloignement et mise à même de présenter ses observations alors qu'elle disposait d'éléments de nature à influer sur son sens, en méconnaissance de son droit à un procès équitable ;
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale consacré par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle en ce qu'elle ne dispose pas d'attaches au Brésil, pays qu'elle a quitté depuis cinq ans, a tissé de nombreux liens amicaux en France et s'y est pleinement intégrée professionnellement ;
- la décision lui interdisant le retour sur le territoire français est illégale par voie d'exception ;
-elle est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; au regard de sa présence paisible sur le sol français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par Mme C D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2024 :
- le rapport de Mme E,
- les observations de Me Silva Machado, représentant Mme C D, non présente, en présence de M. A, interprète, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en insistant sur l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas tenu compte de ce que la requérante avait toujours occupé un emploi depuis son entrée sur le territoire.
-le préfet n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, ressortissante brésilienne née le 13 août 1975, est entrée sur le sol français au mois de décembre 2019, puis s'est maintenue irrégulièrement sur le sol français sans engager de démarches en vue de la régularisation de sa situation. Elle a été interpellée le 22 mai 2024 alors qu'elle circulait à bord d'un véhicule sans être en possession d'un titre de conduite. Par une décision du 22 mai 2024, dont elle demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligée à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction.
Sur les conclusions de la requête :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme C D, entrée sur le sol français en 2019, justifie depuis le mois de février 2020 d'une activité continue en qualité d'agent de service auprès des mêmes sociétés de nettoyage dont elle a déclaré les salaires perçus à l'administration fiscale. Dans ces conditions, Mme C D est fondée à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme C D est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 22 mai 2024 du préfet des Hauts-de-Seine.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Le présent jugement implique nécessairement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet des Hauts-de-Seine ou le préfet territorialement compétent réexamine la situation de Mme C D dans un délai de deux mois et lui délivre dans cette attente une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il y ait lieu à prononcer l'astreinte demandée.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros qui sera versée à Mme C D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 mai 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a fait obligation à Mme C D de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la situation de Mme C D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C D la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C D est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C D, à Me Silva Machado et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. E Le greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2404258 N°
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026