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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2404315

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2404315

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2404315
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantDURANT-GIZZI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 23 mai 2024, le président du tribunal administratif de Pau a transmis au tribunal administratif de Versailles le dossier de la requête de M. A B.

Par cette requête, enregistrée le 13 mai 2024 au tribunal administratif de Pau, M. B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2024 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office ;

2°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 avril 2024 :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Bourrée, avocate désignée d'office représentant M. B, non présent, qui déclare s'en rapporter aux éléments de la requête,

-le préfet des Hautes-Pyrénées n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de République démocratique du Congo né le 13janvier 1996, est entré sur le territoire français le 31 mars 2023 sans être en possession des documents exigés par l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a sollicité son admission en France au titre de l'asile le 21 juillet 2023. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande par une décision du 11 octobre 2023, confirmée le 26 janvier 2024 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par une décision du 28 mars 2024, dont il demande l'annulation, le préfet des Hautes Pyrénées l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours par une décision du 7 juillet 2022 à laquelle il s'est soustrait. Par une décision du 22 février 2024, dont il demande l'annulation, le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ().

3. M. B, qui a présenté sa requête sans avoir recours à un avocat, a bénéficié lors de l'audience de l'assistance de l'avocat de permanence désigné par le bâtonnier. Le requérant n'a pas indiqué vouloir renoncer au bénéfice de cette commission d'office. Par suite, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance.

Sur les conclusions de la requête :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".

5. La demande d'asile de M. B a été définitivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile. En outre, il ne justifie pas être titulaire d'un titre de séjour. Par suite, il entre dans le champ d'application des dispositions précitées du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile autorisant le préfet à l'obliger à quitter le territoire.

6. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 28 mars 2024 par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hautes-Pyrénées.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. C Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2404315 N°

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