LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2404396

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2404396

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2404396
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantMENGELLE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles annule l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Essonne a refusé un titre de séjour à Mme A C, ressortissante marocaine de 71 ans, et l'a obligée à quitter le territoire. Le juge retient une erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, compte tenu de sa présence continue en France depuis plus de 20 ans, de son état de santé très dégradé nécessitant un hébergement en EHPAD, et de son insertion associative. La décision est annulée en toutes ses dispositions, et il est enjoint à la préfète de délivrer un titre de séjour mention "vie privée et familiale" dans un délai de deux mois.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mai 2024, Mme B A C, représentée par Me Mengelle, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Essonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " au besoin sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été régulièrement convoquée devant la commission du titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle vit en France depuis 20 ans, dont plusieurs années en situation régulière ; elle présente un état de santé très dégradé et réside désormais en EPHAD ; elle s'est insérée par le bénévolat dans une association ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observations en défense avant la clôture de l'instruction.

La clôture d'instruction est intervenue dans les conditions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

Un mémoire a été produit par la préfète de l'Essonne le 10 octobre 2024, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas été communiqué.

Mme A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Maitre, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A C, ressortissante marocaine née en 1953 a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 novembre 2023, la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite. Mme A C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. "

3. Il n'est pas contesté, que Mme A C, âgée de 71 ans, vit de manière continue sur le territoire français depuis plus de 20 ans, dont plus de cinq ans sous couvert d'un titre de séjour en tant qu'étranger malade. Malgré l'absence de renouvellement de ce titre par un arrêté du 14 janvier 2019, il ressort des pièces produites qu'elle présente toujours un état de santé très dégradé, caractérisé par du diabète, une hypothyroïdie, de l'hypertension artérielle, de l'arthrose avec lombalgie, des gonalgies, ainsi qu'un suivi régulier d'un risque de rechute cancéreux au niveau cérébral, en raison d'une mauvaise protéine tumorale. La requérante, qui vivait auparavant en foyer social a été hospitalisée en établissement public pour personne âgée dépendante (EPHAD) à compter du 22 juin 2023 et s'y trouvait toujours à la date de la décision attaquée. Dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard à l'âge, à l'état de santé et à la durée de présence en France de la requérante, qui établit par ailleurs avoir tissé des liens sur le territoire dans le cadre d'une activité associative, en considérant qu'elle ne présentait pas de circonstances humanitaires justifiant qu'elle soit admise au séjour, la préfète de l'Essonne a entaché sa décision d'un erreur manifeste d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 22 novembre 2023 doit être annulé en toutes ses dispositions.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Il y a lieu, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de délivrer à Mme A C un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais du litige :

6. Mme A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Mengelle, avocat de Mme A C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Mengelle de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté de la préfète de l'Essonne du 22 novembre 2023 est annulé en toutes ses dispositions.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à Mme A C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à Me Mengelle, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Mengelle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C, à la préfète de l'Essonne et à Me Mengelle.

Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,

M. Maitre, premier conseiller,

Mme Geismar, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

Le rapporteur,

signé

B. Maitre

La présidente,

signé

N. Ribeiro-Mengoli

La greffière,

signé

I. de Dutto

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions