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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2404436

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2404436

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2404436
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat Marmier

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. C... A... B... visant à annuler la décision implicite de rejet de la commission de médiation de l'Essonne concernant le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le tribunal a jugé que le requérant, bien qu'hébergé chez un tiers, ne justifiait pas se trouver dans l'une des situations prévues par les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation, qui définissent strictement les conditions pour une reconnaissance de priorité et d'urgence. Par conséquent, la commission de médiation n'a pas commis d'erreur de droit en ne reconnaissant pas ce caractère à sa demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mai 2024, M. C... A... B... demande au tribunal d’annuler la décision par laquelle la commission de médiation du département de l’Essonne a implicitement rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.

Il soutient que :
il a présenté une demande de logement social en juillet 2022 qu’il l’a renouvelée le 10 avril 2024 ;
sa demande de logement doit être reconnue comme présentant un caractère prioritaire et urgent car il est domicilié au centre communal d’action sociale de Savigny-sur-Orge et hébergé chez un tiers.

La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne qui n’a pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Marmier, premier conseiller, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Marmier a été entendu au cours de l’audience publique.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. M. C... A... B... a saisi, le 20 décembre 2023, la commission de médiation de l’Essonne d’un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, en application des dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. M. A... B... doit être regardé comme demandant l’annulation de la décision par laquelle la commission de médiation du département de l’Essonne a implicitement rejeté sa demande.

2. Aux termes du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation : « La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. »

3. Aux termes de l’article R. 441-14-1 du même code : « La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : -ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; -être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; -être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; -avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; -être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; »

4. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation et qu’il satisfait à l’un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.

5. En se bornant à soutenir qu’il a déposé une demande de logement social en juillet 2022 et qu’il est domicilié au centre communal d’action sociale de Savigny-sur-Orge et hébergé chez un tiers sans produire aucune pièce à l’appui de ses allégations, M. A... B... ne peut être regardé comme satisfaisant à l’un des critères définis à l’article R. 441-14-1 du code de la construction et de l’habitation. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la commission aurait entaché sa décision d’une erreur d’appréciation doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A... B... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision par laquelle la commission de médiation de l’Essonne a implicitement refusé de reconnaitre le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... B... et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2026.


Le magistrat désigné,

Signé

Marmier
La greffière,

Signé

Lloria


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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