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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2404634

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2404634

vendredi 21 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2404634
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAARPI DS AVOCATS - PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 juin 2024, et un mémoire en réplique, enregistré le 19 juin 2024, la société Free Mobile, représentée par Me Martin du cabinet Pamlaw-Avocats, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 10 janvier 2024 contre la décision du 6 novembre 2023 par laquelle le maire de la commune d'Orgeval s'est opposé à la réalisation des travaux objets de la déclaration déposée auprès de ses services le 29 août 2023, pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain sis Chemin des Ruelles - le Champ Ferré sur le territoire de cette commune, ensemble de la décision du 9 novembre 2023 ;

2°) d'enjoindre à titre principal au maire de la commune d'Orgeval de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, d'instruire à nouveau sa déclaration préalable en prenant une décision dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Orgeval une somme de 5'000'euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne l'urgence':

- l'urgence est caractérisée, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par ses réseaux de téléphonie mobile'et aux intérêts propres de la société compte tenu des engagements qu'elle a pris vis-à-vis de l'Etat en matière de couverture et de qualité de service pour les réseaux 4 G, THD et 5 G et alors que les objectifs qui lui sont imposés ne sont pas encore atteints et que la décision fait obstacle à ce qu'elle puisse démarrer ses travaux ;

En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- le signataire de la décision attaquée entreprise ne pouvait se fonder sur les dispositions des articles 4.1.1, et non 4.4.1 comme indiquée par erreur dans la décision, de la partie 1 du règlement du PLUi, 3.1.1 et 4.2.4 du règlement de la zone AV sans entacher sa décision, d'une part, d'erreur de droit dès lors que le signataire de la décision n'y fait aucunement état des caractéristiques ou des éléments qui, selon lui, seraient mis à mal par le projet et, d'autre part, d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, la commune d'Orgeval, représentée par la SELAS DS Avocats agissant par Me Guillot, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société Free Mobile à lui verser une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite ;

- il n'est fait état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ; en outre la décision pourrait être justifiée par le motif, substitué, tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 29 avril 2024 sous le numéro 2403609 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience, M. Delage a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Brunstein-Compard et Me Mirabel représentant la société Free Mobile qui concluent aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Genton, représentant la commune d'Orgeval, qui maintient ses conclusions ;

- les observations de M. A, adjoint au maire d'Orgeval en charge de l'urbanisme qui expose que la commune ne s'oppose pas par principe au projet, a proposé d'autres terrains d'implantation.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La société Free Mobile demande au juge des référés de suspendre la décision du 6 novembre 2023 par laquelle le maire de la commune d'Orgeval s'est opposé à la réalisation des travaux objets de la déclaration déposée auprès de ses services le 29 août 2023, pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain sis Chemin des Ruelles - le Champ Ferré sur le territoire de cette commune, ensemble de la décision portant rejet implicite du recours gracieux formé contre cette décision.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête, tels qu'analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, ni sur la substitution de motif demandée par la commune d'Orgeval, que les conclusions aux fins de suspension présentées par la société Free Mobile doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

4. La présente ordonnance, qui rejette les conclusions aux fins de suspension, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la société Free Mobile doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune d'Orgeval, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser à la société Free Mobile la somme que celle-ci demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette société la somme demandée par la commune d'Orgeval au même titre.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune d'Orgeval tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune d'Orgeval.

Fait à Versailles, le 21 juin 2024.

Le juge des référés,

signé

Ph. Delage

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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