mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2404975 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juin 2024 et 30 août 2024, Mme A E D, représentée par la société d'avocats Itra Consulting, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 13 mai 2024 par lesquelles le préfet des Yvelines lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " étudiant " ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé de séjour autorisant le séjour et le travail ou, à défaut, une attestation de prolongation de douze mois renouvelable ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation au regard des stipulations de l'article 9 de l'accord franco-sénégalais dès lors que, compte tenu du caractère réel et sérieux des études qu'elle poursuit et de ses moyens d'existence suffisants, elle remplissait les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour étudiant ;
- les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 2 du Protocole n° 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour sur laquelle elle repose.
Par ordonnance du 2 septembre 2024, la clôture d'instruction, initialement fixée à cette date par une ordonnance du 24 juin 2024, a été reportée au 16 septembre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Ghiandoni a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante sénégalaise, née le 6 juillet 2000, est entrée en France le 18 septembre 2021, sous couvert d'un visa long séjour valant premier titre de séjour étudiant valable du 4 août 2021 au 3 août 2022. Ce titre de séjour a été régulièrement renouvelé jusqu'au 13 mai 2024, date à laquelle le préfet des Yvelines a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme D, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite. Par les écritures visées ci-dessus, Mme D sollicite l'annulation des décisions du 13 mai 2024 du préfet des Yvelines lui refusant le renouvellement de son titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français.
2. En premier lieu, M. François Gougou, secrétaire général de la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie et signataire de l'arrêté attaqué du 13 mai 2024, disposait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté du 4 mars 2024 du préfet des Yvelines, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, pour signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C B, sous-préfet de Mantes-la-Jolie, les décisions relatives à l'éloignement des ressortissants étrangers. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B n'ait pas été absent ou empêché à la date du 13 mai 2024. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions attaquées, qui mentionnent plusieurs éléments de fait propres à la situation personnelle de l'intéressée, mais qui n'ont pas à en énoncer tous les éléments, exposent avec une précision suffisante les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet des Yvelines s'est fondé . Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 9 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié : " Les ressortissants de chacun des États cocontractants désireux de poursuivre des études supérieures () sur le territoire de l'autre État, doivent, pour obtenir le visa de long séjour prévu par l'article 4, présenter une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi (). Ils doivent en outre justifier de moyens d'existence suffisants, tels qu'ils figurent en annexe. Les intéressés reçoivent le cas échéant, un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite des études ou du stage, ainsi que de la possession de moyens d'existence suffisants ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement ses études. Le renouvellement de ce titre de séjour est ainsi subordonné à la réalité des études et à la progression du bénéficiaire dans celles-ci.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme D était inscrite en première année de licence LEA Parcours Anglais-Portugais de l'université Paris 8 Vincennes Saint-Denis au titre des années universitaires 2021/2022 et 2022/2023 mais a été ajournée à l'issue des examens pour chacune de ces années. Si Mme D produit un certificat de scolarité de l'EBM Business School Paris 92 faisant état d'une inscription pour l'année 2023/2024 en formation d'apprentissage de " Bachelor 2 Manager d'Univers Marchand ", elle ne produit toutefois aucun élément permettant d'apprécier sa progression dans ce nouveau cursus. C'est par suite sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation de la situation de Mme D au regard des stipulations de l'article 9 de l'accord franco-sénégalais précitées que le préfet a pu refuser de lui renouveler son droit au séjour.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2 du Protocole 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " Nul ne peut se voir refuser le droit à l'instruction ".
7. Eu égard à l'absence de caractère réel et sérieux des études poursuivies par Mme D en France, qui ressort des éléments rappelés au point 5, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées auraient été prises en méconnaissance des stipulations de l'article 2 du Protocole 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En cinquième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme D n'est entrée en France que le 18 septembre 2021 pour y poursuivre ses études. Elle ne se prévaut d'aucune attache personnelle ou familiale sur le territoire français. Si elle fait valoir qu'elle exerce une activité professionnelle en France, il ressort des pièces du dossier que Mme D était employée en qualité d'agent de service par la société STN Groupe par un contrat à durée déterminée conclu le 2 septembre 2023. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas qu'elle a créé une vie privée en France telle que, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour, la décision du préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.
10. En sixième et dernier lieu, il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus du titre de séjour pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D ne peut qu'être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E D et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Doré, président,
Mme Féjerdy, première conseillère,
Mme Ghiandoni, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
S. GHIANDONI
Le président,
Signé
F. DORÉ
Le greffier,
Signé
C. GUELDRY
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026