lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405015 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | DIENG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2024, M. B A, représenté par Me Dieng Youma, avocate désignée d'office, demande au tribunal de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle et d'annuler l'arrêté du 10 juin 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.
Il ne présente aucun moyen au soutien de ses conclusions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir que les moyens susceptibles d'être soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Gibelin pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 juillet 2024, qui s'est tenue en présence de M. Ileboudo, greffier :
- le rapport de M. Gibelin, magistrat désigné ;
- les observations de Me Dieng Youma, avocate désignée d'office, représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête et soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français a méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle ne mentionne pas les quatre critères qu'elles prévoient ;
- les observations de M. A lui-même qui précise qu'il exerce une activité professionnelle en utilisant les titres de séjour d'autres personnes, qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, qu'il souhaite s'intégrer dans la société française et qu'il ne dispose d'aucune attache familiale dans son pays d'origine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 9h40 à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 26 avril 2003, déclare être entré en France en 2018. Par un arrêté du 10 juin 2024, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. M. A, qui a présenté sa requête sans avoir recours à un avocat, a bénéficié lors de l'audience de l'assistance de l'avocat de permanence désigné par le bâtonnier. Le requérant n'a pas indiqué vouloir renoncer au bénéfice de cette commission d'office. Par suite, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
3. M. A soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, qu'il est en France depuis 2018 et qu'il souhaite s'intégrer dans la société française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public, dès lors qu'il a fait l'objet depuis 2020 de quatre signalements pour différentes infractions pénales, a été condamné le 18 juin 2021 à huit mois d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Paris pour vol aggravé par deux circonstances et fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire, et a été condamné par la cour d'appel de Paris le 29 mars 2024 à cinq mois d'emprisonnement pour vol aggravé par trois circonstances, en récidive et violence sur un fonctionnaire de la police nationale suivie d'une incapacité n'excédant pas huit jours. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public qu'il représente, au regard de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs et à supposer le moyen soulevé, eu égard à ce qui est précédemment exposé, et M. A, qui a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement du 5 juillet 2021 à laquelle il s'est soustrait, manifestant une absence de volonté d'intégration et ne justifiant d'aucune attache ni d'aucune insertion sociale ou professionnelle, alors qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu au moins jusqu'à quinze ans, la préfète de l'Essonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé. Les moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans :
3. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet, qui n'est pas tenu de se prononcer expressément sur les critères prévus par les dispositions précitées qu'il ne retient pas, prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
5. Pour les raisons précédemment exposées et dès lors que M. A ne justifie pas de circonstances humanitaires ni de l'intensité de ses liens avec la France, il n'est pas fondé à soutenir que la préfète, qui s'est prononcée sur l'ensemble des critères qu'elle a retenus, aurait méconnu les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions en assortissant l'obligation de quitter le territoire sans délai d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ni, à supposer le moyen soulevé, qu'il aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle. Les moyens doivent être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation de l'arrêté du 10 juin 2024 de la préfète de l'Essonne doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. GibelinLe greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026