vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405168 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIERSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2024, la commune de Viry-Châtillon, représentée Me Pierson, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion des parcelles cadastrées AE 0007 et 0009 sis avenue du Bellay sur le territoire de la commune de
Viry-Châtillon de tous les occupants sans droit ni titre ainsi que celle de tous les objets mobiliers qui pourraient se trouver sur place dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et en cas d'inexécution de l'ordonnance dans le délai imparti, d'autoriser le concours de la force publique et l'évacuation d'office des objets mobiliers aux frais et risques des intéressés.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence posée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que cette occupation nuit à une utilisation sécurisée et tranquille de la parcelle et porte atteinte à la salubrité publique ;
- la condition d'absence de contestation sérieuse est remplie, les occupants s'étant introduit sur le terrain sans autorisation et s'y maintiennent sans droit ni titre ;
- la mesure demandée est utile dès lors que les conditions d'occupation portent atteinte à la sécurité, à la salubrité et à la tranquillité de la parcelle, située à proximité de lieux accueillant du public et nécessitent une action immédiate et proportionnée au danger consistant en l'évaluation immédiate des occupants.
La requête a été communiquée, par la voie administrative, aux occupants sans droit ni titre, lesquels n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 4 juillet 2024 en présence de Mme Laforge, greffière d'audience :
- le rapport de M. Delage qui a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur la requête, qui a pour objet d'obtenir la libération de parcelles relevant du domaine privé ;
- les observations de Me Le Guillard, représentant la commune de Viry-Châtillon, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en insistant sur l'urgence au regard des risques pour la salubrité et la sécurité notamment compte tenu d'un générateur alimenté par de l'essence ;
- les occupants n'étant ni présents ni représentés.
La clôture de l'instruction a été reportée au 4 juillet 2024 à 17 heures.
Un mémoire, présenté pour la commune, a été enregistré le 4 juillet 2024 et communiqué le 5 juillet 2024.
Par ordonnance du 9 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été reportée au 10 juillet 2024 à 16 heures.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Viry-Châtillon expose avoir été informée le 30 mai 2024 de l'installation d'occupants sans droit ni titre sur les parcelles cadastrées AE 0007 et 0009 situées avenue du Bellay à Viry-Châtillon, qui appartiennent au ministère des armées et dont elle a l'usage depuis les années 1960. Par un arrêté du 30 mai 2024, le maire de Viry-Châtillon a mis en demeure les occupants sans droit ni titre d'évacuer ces parcelles dans un délai de quatre jours à compter de la notification et de l'affichage de l'arrêté. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de ces occupants illégalement installés sur le domaine public et de tous les objets mobiliers qui pourraient se trouver sur place.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un occupant sans titre du domaine public, le juge des référés fait droit à celles-ci dès lors que la demande présentée est utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux occupés présente un caractère d'urgence.
3. Il résulte de l'instruction et notamment des deux rapports de constatation établis par les agents de police municipale les 30 mai et 2 juin 2024 et du rapport de dépôt de main courante du 18 juin 2024 que plusieurs personnes se sont installées illégalement sur le terrain boisé situé avenue du Bellay sur le territoire de la commune de Viry-Châtillon et y ont construit une vingtaine de cabanes en bois. Il n'est pas contesté que ces occupants ne justifiaient d'aucun titre les habilitant à occuper ce terrain relevant du domaine public. Ainsi, la demande de la commune requérante ne se heurte à aucune contestation sérieuse. L'évacuation de ces occupants présente un caractère urgent et utile dès lors que leur occupation porte gravement atteinte à la sécurité et à la salubrité des lieux qui se situent dans une zone boisée, en raison notamment de l'utilisation d'un groupe électrogène faisant courir des risques d'incendie, de l'accumulation de nombreux déchets et de l'absence d'installations sanitaires en matière d'assainissement, de gestion des déchets et d'accès à l'eau potable. La mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. Enfin, la commune fait valoir sans être contredite que les parcelles en cause ont initialement fait l'objet d'aménagements spécifiques notamment avec la construction d'une piscine municipale, que cette dernière a été démolie dans les années 2000 sans que les terrains soient désaffectés du domaine public. Par suite, la commune de Viry-Châtillon, qui n'a pas le pouvoir d'y procéder elle-même, est recevable et fondée à demander au juge des référés l'expulsion des occupants sans titre du terrain en cause, assortie du concours de la force publique en cas d'inexécution de la mesure.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner l'expulsion, dans un délai de dix jours, de tous les occupants irréguliers du terrain situé avenue du Bellay sur le territoire de la commune de Viry-Châtillon, ainsi que l'évacuation de tous les biens appartenant aux occupants y stationnant, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. Faute pour ceux-ci de libérer et d'évacuer les lieux dans le délai de dix jours, la commune de Viry-Châtillon pourra requérir le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion et évacuer d'office des objets mobiliers aux frais et risques des intéressés.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à tous les occupants sans droit ni titre d'évacuer dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance le terrain qu'ils occupent sur les parcelles cadastrées AE 0007 et 0009 situées avenue du Bellay sur le territoire de la commune de Viry-Châtillon et de retirer tous biens qui s'y trouvent. Faute pour ceux-ci de libérer et d'évacuer les lieux dans le délai de dix jours, la commune de Viry-Châtillon pourra requérir le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion et évacuer d'office des objets mobiliers aux frais et risques des intéressés.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Viry-Châtillon et aux occupants sans droit ni titre des parcelles cadastrées AE 0007 et 0009 de la commune de
Viry-Châtillon.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 12 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2405168
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026