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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405335

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405335

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405335
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 26 juin 2024 et le 9 juillet 2024, l'association Solistes, représentée par Me Geissmann, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision née le 29 mai 2024 par laquelle la commune d'Achères a implicitement rejeté sa demande de mise à disposition d'équipements sportifs ;

2°) d'enjoindre à la commune d'Achères de mettre à sa disposition des équipements sportifs adaptés à ses activités ;

3°) de condamner la commune d'Achères à lui verser une somme de 2 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que, faute de locaux pour exercer son activité, elle risque de disparaître ; elle a impérativement besoin d'un lieu identifié et de créneaux réguliers pour permettre à ses 76 adhérents d'exercer leurs activités ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; elle est entachée d'erreur de droit, la commune ne pouvant lui refuser l'attribution de créneaux ; le principe d'égalité entre les associations a été méconnu.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juillet 2024, la commune d'Achères, représentée par son maire en exercice, ayant pour avocat Me Pichon, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de l'association Solistes au paiement de la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- s'agissant de la condition d'urgence, la preuve n'est pas apportée que la décision en litige entraînerait la disparition de l'association requérante ;

- s'agissant du doute sérieux, il résulte des dispositions de l'article L 2144-3 du code général des collectivités territoriales que la mise à disposition de locaux communaux au profit d'une association ne constitue pas un droit acquis ; par ailleurs les créneaux ne sont pas à ce jour encore attribués de sorte que le principe d'égalité n'a pas été méconnu.

Vu :

- La requête au fond par laquelle l'association Solistes demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 10 juillet 2024 à 10h, en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience, M. Ouardes a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Geissmann, représentant l'association Solistes, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle précise ;

- les observations de Me Cornet, représentant la commune d'Achères, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10h23.

Considérant ce qui suit :

1. L'association Solistes demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision née le 29 mai 2024 par laquelle la commune d'Achères a implicitement rejeté sa demande de mise à disposition d'équipements sportifs et d'enjoindre à la commune d'Achères de mettre à sa disposition des équipements sportifs adaptés à ses activités.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute quant à la légalité de la décision en litige. Il suit de là que la requête de l'association Solistes doit être rejetée en toutes ses conclusions.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la commune d'Achères formée en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de l'association Solistes est rejetée.

Article 2 : La demande de la commune d'Achères formée en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Solistes et à la commune d'Achères.

Fait à Versailles, le 15 juillet 2024,

Le juge des référés, La greffière,

signé signé

P. Ouardes N. Gilbert

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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